20 avril 2009
V1. Où sont les vieux ?
Je m'étais pourtant promis de ne pas commencer de nouvelles histoires de challenges avec tous ceux que j'ai en cours ou que j'ai dû abandonner suite à des ennuis de PC à cause de ce fichu sécurom, mais celui-ci, en provenance de Simulation-forum sims que j'ai découvert sur Sims agora, était par trop tentant. Alors tant pis, je me re-jette à l'eau.
Faites connaissance avec ma nouvelle héroïne : Gara Tapo, la killeuse de vieux !
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- Alors c'est entendu ? Vous louez l'appartement 1B au rez de chaussée ?
- Sauf si vous avez moins cher, je suis un peu à sec en ce moment...
- Vous plaisantez ? Vous trouverez pas moins cher ailleurs : cuisine équipée, salle de bain nickel... 1 264 $ c'est donné ! Faut vous décider ma p'tite dame, c'est pas les locataires qui manquent. J'en ai un justement qui doit venir le visiter cet après-mid...
- OK ! OK ! Vous énervez pas, je le prends ! Donnez-moi vos papelards que je signe le bail, qu'on en finisse !
- N'oubliez pas : Le loyer c'est tous les lundis, sinon vous aurez des ennuis. Payable d'avance, comme ça, pas de mauvaises surprises !
- La confiance règne, ça fait plaisir !

Voilà ! J'ai retapé toutes les pièces. Leurs tapisseries à vous filer le bourdon, non merci...
autrement, il est pas trop mal cet appart'.

Façon, je compte pas moisir ici. Je me donne pas une semaine avant de plumer un pigeon. UN VIEUX pigeon ! Un plein aux as avec une belle assurance-vie et plus il sera vieux, meilleur ce sera. S'agit pas qu'il s'accroche aux branches. J'ai des héritages à toucher, si je veux être riche avant d'être vieille et moche à mon tour.

Dans la vie, faut savoir ce qu'on veut. Et moi ce que je veux, c'est de l'argent ! Alors, je m'organise... Voyons voir les petites annonces. C'est pas les vieux croûtons à la recherche de tendrons qui manquent...
Ce qui faut pas lire !
"Jeune retraité bien conservé, aimant le sport à la télé, cherche jeune femme, mince mais forte poitrine, ayant de la conversation, 28 ans maxi, pour sorties et plus si affinités. Photo obligatoire".
Retraité, ça pourrait aller... bien conservé, c'est encore à voir. Faudrait pas qu'il pète la forme, non plus ! Et le pognon ? On n'en parle pas du pognon ? Quand on est vieux et qu'on demande la lune, faut-il encore avoir les moyens de se la payer !

Bon alors, qu'est ce que je fais ? Je réponds ? Je mets quoi ? Jeune et jolie rousse, 28 ans... -le bol dis-donc, encore un peu j'étais trop vieille, pour lui... bref !- je lui colle mes mensurations, histoire de le faire baver un peu ? Ah, et faut que j'aille me faire tirer le portrait en plus... Tu parles d'un binz !
Après tout... je vais peut-être en trouver un par moi-même, de petit vieux libidineux bien décati.
Allez, je garde ça sous le coude au cas où...

Et je sors mon plan B : Appeler un réparateur en croisant les doigts pour que ce soit pas une réparatrice. Et d'abord... bricoler la baignoire sans toucher une bille en mécanique, ça serait bien le diable si ça déglinguait pas le bazar... Façon... un peu plus tôt, un peu plus tard... les douches et les baignoires ça tient pas huit jours avant de se prendre pour des fontaines.
Hanan, mais je les connais les réparateurs : Si y a rien qui cloche à la maison, ça se pointe au bout du terrain en disant que tout fonctionne parfaitement, et ça se tire sans vous laisser le temps de dire ouf - mais sans oublier de compter leur déplacement et l'heure entamée, ça va de soi !

Et voilà le travail ! C'est pas du boulot d'orfèvre, ça, madame ?
Reste plus qu'à appeler l'homme de l'art au secours de la faible femme
même pas fichue de changer un joint elle-même !
Je le crois pas ! Impossible de joindre un réparateur. Paraît qu'en location c'est le proprio qui se charge de tout. Il aurait 70 balais, le proprio encore... mais-nan. C'est bien ma veine, tiens !
Oui-ben, pas la peine de rigoler, moi ça me fait pas rire ! J'ai jamais vécu en location avant... avant de me faire plaquer par mon mec dès que je lui ai parlé mariage. Aspiration amour, ça veut tout dire ! Mais j'y croyais, moi ! Je croyais que je pouvais le changer... Ouais bon ça va, j'étais jeune, quoi ! Jeune et naïve. Mais croyez-moi, j'ai bien changé. Aussi vrai que je m'appelle Gara Tapo, il est pas né le prochain mec qui me fera marcher. C'est moi qui mène la danse, maintenant et les hommes, je les traînerai jusqu'à l'autel, en fauteuil roulant s'il le faut. Tant qu'à faire de pas pouvoir épouser l'homme de ma vie, autant en prendre un qui rapporte !
Bon, alors ? Y a pas de vieux, dans ce quartier ? Sont où, les vieux ? Montrez-vous, quoi ! J'ai pas de temps à perdre, moi. Dans deux jours, vous me trouverez trop vieille !

Là ! Y en un, là ! Un voisin, en plus !
Suffit que je m'éloigne une minute pour aller à la chasse au pigeon,
et ça rapplique derrière mon dos.
- M'sieur ! Hé, m'sieur ! Attendez ! Partez pas !
Je cause pas simmien ou quoi ? Il se barre sans me regarder, l'imbécile !
Hanan, quand ça veut pas, ça veut pas !
Aujourd'hui, c'est jour de poisse, il paraît. Et en plus, voilà la flotte !
Je crois que je ferais mieux d'aller me coucher, 
Quoique... J'ai peut-être parlé trop vite.
Regardez-moi ce qui se ramène, le nez au vent.
Si c'est pas un petit vieux de chez petit vieux, ça !
Allez Gara ! Ne laisse pas passer ta chance !
-Si on peut appeler ça, une chance.

- Le ciel soit loué. Ainsi c'est vous, que m'envoie l'entremetteuse ?
- Heu... l'entremetteuse, vous dites ? Heu... non. Doit y avoir erreur. Moi je faisais simplement ma petite promenade digestive. C'est jamais bon de faire la sieste tout de suite après manger...
- C'est pas possible ! Me dites pas que vous passiez juste par hasard. J'avais tellement peur d'être déçue ! J'ai payé le prix fort, vous savez, et vous étiez juste le genre d'homme que j'espérais...
(J'en fais pas un peu trop, là ? Faut me dire !)

Hanan, regardez-le se rengorger. Encore un peu il ronronnerait.
- Vous m'en voyez flatté, mademoiselle. Mais... je suis peut-être un peu vieux pour vous.
- VIEUX ?! VOUS ?! Oh-mais, pas du-tout-du-tout-du-tout ! Vous avez le charme des tempes grisonnantes (et le reste avec). J'ai toujours été attirée par les cheveux gris -pour pas dire blancs. Et le principal, c'est qu'il en reste, pas vrai ? On voit tellement de chauves, même chez les jeunes...
- Ca c'est vrai ! J'ai toujours eu une belle toison.
- Voyez-vous, ça !

Finalement, on est resté à papoter un bon bout de temps. Moi à chercher quelle ânerie je pourrais bien inventer pour qu'il se sente irrésistible, et lui, à en redemander. Quand le sujet fut épuisé, on s'est mis à parler de la pluie et du beau temps -comme ça, on était bien d'accord pour trouver que le soleil c'est mieux, mais qu'il faut pas en abuser- tout ça nous a menés gentiment jusqu'à la tombée de la nuit et je l'ai invité à rester manger à la maison.

Je lui ai fait le seul truc que je maîtrise à peu près bien -à part les sandwiches à la viande
et la gelée de framboise : Le gratin de macaronis à la casserole. Et au moment de passer à table...
Ben ? Où il est passé, le vieux ?
Encore aux toilettes, je parie !

Ben nan. Vous savez où je l'ai repêché ?
Dans le jaccuzzi, sur la terrasse. Et je vous dis pas dans quelle tenue... Faudra pas trop s'étonner si les voisins ne m'adressent pas la parole.
Fin, bref, je lui ai quand même demandé de se rhabiller pour passer à table. C'est pas que j'aie beaucoup de principes, mais quand même... c'est pas hygiénique et je tiens à mes chaises.

- Heu... c'est des macaronis ?
- Vous êtes vraiment perspicace, Makoto -Oui, il s'appelle Makoto. Makoto Duquesne pour tout vous dire. Je sais pas où il est allé chercher ce prénom, mais Dusquesne, ça le fait. Gara Tapo-Duquesne, ça sonne pas trop mal.
Enfin... on n'en était pas encore là.
- Pourquoi ? vous n'aimez pas ?
- Si-si. C'est pas ça, mais... c'est pas un peu lourd, pour le soir ?
J'ai des aigreurs d'estomac si je mange trop lourd. Et puis, je fais attention à ma ligne.
- Vous inquiétez pas pour ça, allez ! Y a pas plus diététique que mes macaronis.
C'est à peine si ça nourrit !
Du coup qu'il était rassuré, il s'est jeté sur sa gamelle comme la misère sur le peuple en temps de crise économique. et j'ai pu me rendre compte qu'il n'avait aucun savoir-vivre à table. Faudrait quand même lui dire que roter à la fin du repas pour montrer qu'on est rassasié, ça se fait plus depuis le temps de la Rome antique. Encore un peu, il m'aurait recraché son dentier, ce sagouin.
- Scuzez, c'est mes aigreurs...
- Mais vous êtes tout excusé, Makoto. Vous faites ça, si... discrètement.
C'est à peine si j'avais remarqué.
(J'ai hésité entre discrètement et élégamment, mais c'était trop cousu de fil blanc).

Je l'ai pas laissé repartir avant de lui avoir arraché la promesse de le revoir... demain. Ca a eu l'air de lui faire plaisir. Il m'a avoué qu'il y avait longtemps qu'il n'avait pas passé une si bonne journée. Il adore se faire de nouveaux amis et, sans me vanter, avec moi il a été servi. Nos relations sont environ à 70 sur l'échelle du copinage.
Mais c'était pas le toutou. Vu que, -quand même-, pour moi la journée n'avait rien eu de bien folichon et que je dois m'assurer de pouvoir m'offrir mon élixir de jeunesse avant qu'il ne soit trop tard. Je me suis mise à la peinture et j'ai pu vendre mon œuvre 2$. C'est pas la fortune, mais c'était pas le but non plus. Ça m'a fait plaisir et si ça peut m'éviter de péter un plomb, c'est toujours ça de pris !
21 avril 2009
V2. Mais quelle bourrique !

Le lendemain au saut du lit, (je vous le fait pas dire), j'appelle papy pour lui fixer un rendez-vous. Ca tombait bien, j'avais furieusement envie d'un rendez-vous avec n'importe qui. Alors,lui ou un autre... Et puis ça me permettrait de faire un peu connaissance avec le quartier. Sauf qu'il s'égarait un peu, le papy.
-HO, papy ! Si je dérange, faut me le dire. Tu seras plus tranquille pour reluquer les autres filles ! Je croyais que t'étais aspi popularité. Tu serais pas plutôt aspi amour ? Le genre à sauter sur un balai et une assiette dès que t'entends le mot mariage ?

- Ha-mais-nan. Vous-vous méprenez ! Ne le prenez pas mal, Gara, j'aime faire de nouvelles rencontres, mais je suis sage comme une image. Mon passe-temps préféré, c'est pas la drague, c'est la couture et le tricot au coin du feu, alors voyez...

- Aaah, j'aime mieux ça ! Les aspi amour, je supporte pas. Mais dites-moi... si je vous fait le coup du charme, vous en dites quoi ?
- Je dis... je dis... ne jouez pas avec mes sentiments, Gara. Si je m'attache, c'est à la vie, à la mort.
- T'as bien dit "à la mort ?" alors là, je crois qu'on est faits pour s'entendre !

J'ai pas l'air couanne à danser un slow sur le trottoir en petite nuisette avec ce vieux. Pourvu que personne nous remarque ! Et encore, je vous passe la bataille d'oreillers. Faut que je trouve quelque chose pour arrêter le cirque.
- Dis-donc, papy, je pense à une chose... t'aurais pas une petite envie ? J'irais bien faire un tour aux toilettes, moi ! Qu'est ce que t'en dis ? Tu me suis ?

Je me disais bien... avec un vieux, vaut mieux s'inquiéter de sa vessie faiblarde, juste histoire de pas se faire plaquer avant la fin du rendez-vous en l'entendant raconter à qui veut l'entendre qu'il est pas très en forme, mais que je m'en fous. Tandis que là, il arrêtait pas de chanter mes louanges.
- Elle est épatante cette petite femme là. Elle pense à tout ! Elle prend bien soin de moi.
Il chantait si fort que du coup, je fais les choux gras des potins de tout le quartier. Nan, la honte !

Et allez donc ! Jouer au foot-bag dans le terrain vague, maintenant ! S'il en a que des comme ça, à m'inventer, serait grand temps de passer aux choses sérieuses -si vous voyez ce que je veux dire.
Zyva ma fille, passe à l'attaque !

- Ooooh, Gara ! Gara Tapo, qu'est ce que vous me faites ? Je... je défaille !
Hé ! Va pas me claquer au milieu des poubelles ! -pas avant la cérémonie, je tiens à toucher l'assurance-vie, moi.
- Pour un simple baise-main, Makoto ? Vaut mieux pas tenter le baiser langoureux, alors ?
Remarque : s'il se contente de ça, ça m'arrange.

Tu parles qu'il allait s'arrêter là ! Une fois allumés, ces vieux shnoks, ça vaut pas plus cher qu'un autre. Tout amoureux du tricot et de la couture qu'il soit, il a pas craché sur le baiser langoureux... Juste un peu bavé. BEURK !
BON ! Encore un petit effort et on sera les meilleurs amis du monde, je lui propose d'emménager et en avant pour la bague au doigt -et la corde au cou pour te pendre... Heu... qu'est ce qu'il raconte, le papy ?

- Ca c'était un rendez-vous. J'ai passé un moment merveilleux, le rendez-vous de rêve !
- M-mais ! Mais t'as rien compris au film, papy ! J'ai pas mis fin au rendez-vous, je t'ai juste proposé de te raccompagner chez toi.
- Nan-nan, je voudrais pas abuser de votre bonté. Vous avez mon numéro de téléphone, appelez-moi quand vous serez disponible.
Note pour moi-même : Ca m'apprendra à tester des trucs que je maîtrise pas. Je lui aurais demandé de venir prendre un dernier verre chez moi, l'affaire était dans le sac. Mais je voulais voir comment il était installé, moi. Me rendre compte si il valait toute la peine que je me donne. Ma mère me le disait toujours : "La curiosité est un vilain défaut, ma fille, tu l'apprendras à tes dépends". J'apprends !

Oui ben, ni une, ni deux. Sitôt rentrée, je l'ai invité à venir me voir, ça a suffit pour qu'il devienne mon meilleur-meilleur ami dans le désert de mes amitiés et je lui ai proposé d'emménager sur le champ, tout de suite, sans perdre une minute.
17 000 $ qu'il avait sur son livret de la Marmotte à dormir. Et dire qu'il s'était fermé comme une huître quand je lui avais glissé innocemment dans la conversation "Combien d'argent as-tu ?" Comment je vais te les faire valser, les économies de toute sa vie, attends de voir ça !

Bien-bien ! Maintenant que j'étais à peu près sûre qu'il allait plus s'envoler, je pouvais me permettre de m'occuper un peu de mon voisin du dessus. Celui qu'avait même pas daigné me lancer un regard, hier.
Christian Bienaimé, qu'il s'appelle. Avec un nom pareil, il devrait pourtant être charmant. Gara-Tapo Bienaimé, ça sonne pas mal non plus. Enfin... je m'égare, là. On est pas encore mariés. On se connaît pas encore assez. On se connaît même pas du tout.

- Heu... oui ? C'est à quel sujet ?
- Ben, je suis venue faire connaissance. Ca se fait pas entre voisins, chez vous ?
- Heu... si-si, mais... dans cette tenue ?
- Et alors ? Qu'est ce qu'elle a, ma tenue qui vous défrise ? Vous n'aimez pas le mauve ? Vous comptez tout de même pas que je l'enlève ?

- C'est pas que... j'aurais rien contre, remarquez. Mais votre ami serait peut-être pas d'accord ?
- Mon... ami ? Vous êtes déjà au courant ?
- C'est pas votre ami, qui se baigne à poil dans le jacuzzi ?
- C'est pas vrai ! Il y est encore fourré ? Il pense qu'à ça, faut croire ! M'enfin, faut pas confondre lui et moi, ça fait deux. Pour me voir à poil, comme vous dites, faut faire un détour par l'arche de mariage.
- L'arche de ma... ? Ah-oui-d'accord, laisse béton !

- Comment ça, "laisse béton" ? J'ai pas l'air assez respectable ? Faut pas vous fier aux apparences, je sais me tenir quand il faut. J'ai pas pris le temps de me changer parce que j'étais pressée de faire votre connaissance, Christian Bienaimé. Avec un nom pareil, je me suis dit que vous deviez être sympathique. Scusez-moi si je me suis trompée.
- C'est pas que... je suis désolé, vraiment. Dites-moi ce que je peux faire pour me faire pardonner. Demandez-moi ce que vous voulez.

- Vrai ? Je pourrais me servir dans votre frigo ? J'ai pas trop eu le temps de faire mes courses et j'ai une grosse envie de hot-dogs. Z'auriez pas ça, par hasard ?
- Mais-si, mais-si. Servez-vous donc. Y a-t-il autre chose qui vous ferait plaisir ?
- Ben... puisque vous le proposez... je pourrais visiter votre appart' ? Juste pour comparer avec le mien.
Il m'a l'air cousu d'or celui-là. Je voudrais bien me rendre compte par moi-même.

Nan-mais, visez-moi un peu cet appart': Salle à manger séparée, salon avec télévision encastrée, y a même un piano, dis-donc. Et puis les chambres, je suppose que c'est à l'étage puisque je vois un escalier. J'ose pas lui demander de monter, il pourrait se faire des idées.
Mais mon flair ne m'a pas trompée. Il est riche comme Crésus, cet homme-là. Qu'est ce que je suis allée m'encombrer d'un Makoto quand Crésus logeait au-dessus de chez moi ?

- Bien ! Merci beaucoup Christian. C'était très aimable à vous de me faire visiter votre maison, comme dirait le directeur de l'école privée. Et je vous revaudrai ça pour les hot-dogs. Passez me voir à l'occasion.

- Makoto ! Ca a peut-être assez duré, la trempette ? Si tu restes trop longtemps dans le jacuzzi, t'es cuit ! Ca se transforme vite en court-bouillon, ce machin. T'es pas au courant ?
- Je dirais même mieux : Vous feriez bien de sortir tout de suite. Y a des gens que votre impudeur met mal à l'aise monsieur Duquesne. J'ai déjà reçu des plaintes pour exhibitionnisme.
- T'entends ce que te dit le proprio, Makoto ? Sors de là-dedans !

- Commande et j'obéirai, Ô ma déesse ! Gara, ma chère Gara, je suis à tes pieds, comme tu vois, et... j'ai l'insigne honneur de te demander ta main. Sois ma fiancée, ma chérie, mon coeur ne bat plus que pour toi.
-Nan, pas question de fiançailles ! Je demande encore à réfléchir.
Là, c'en est trop. Faut que j'intervienne.
M-mais ? M-mais ? NON MAIS CA PAS LA TÊTE ?!! Et tout le mal que tu t'es donné, c'était juste pour le fun ? Qu'est ce qui te prend de refuser ces fiançailles, BOURRIQUE ?!
22 avril 2009
V3. Le marché de dupes
GARA ! JE TE CAUSE !
Qu'est ce qui t'a pris de refuser la bague de fiançailles de Makoto ? Je te préviens, je te laisserai pas dormir avant d'avoir une explication. Et elle a intérêt à tenir la route, l'explication !
- Y a rien à expliquer, je veux pas, je veux pas ! Un point c'est tout.
Mais enfin... fais pas ta tête de bourrique. Doit bien y avoir une raison. On change pas d'avis comme ça à la dernière minute pour rien.
- Y a que je suis pas sûre d'être assez amoureuse de lui pour passer le reste de sa vie en sa compagnie, si tu veux tout savoir.
Ah ? Et depuis quand ça te gêne, de "pas être assez amoureuse de lui" ? Je croyais que tu visais l'héritage ? Pas le grand amour !
- Oui, ben... il serait plus conséquent, l'héritage, ça serait pas plus mal.
Je vois ce que c'est ! Toi, tu t'es mis en tête de séduire Christian Bienaimé. Chaque chose en son temps, ma fille. Tu vas me faire le plaisir d'épouser Makoto AVANT. Quand tu seras veuve, il sera toujours temps d'aviser.
- Ca, c'est encore à voir !
Oui-ben, c'est tout vu, ma petite ! C'est encore moi le maître du jeu. Et si je te dis d'épouser Makoto, t'épouseras Makoto, point barre !

Je vous dis pas comment c'était pas gai à la maison le lendemain, avec Makoto qui tirait une tronche de six pieds de long en pleurnichant que j'étais pas gentille comme il croyait. Que je l'avais bien déçu et que je vous en passe parce que la liste serait trop longue. Il arrêtait pas, c'est bien simple.
- HO, Makoto ! En sourdine les jérémiades ! On s'entend plus au téléphone ! Alors, vous disiez 20$ pour votre déplacement et 25$ de l'heure ? C'est d'accord, vous commencez quand ?
Hé-oui, un majordome ! Quand j'ai vu sa petite annonce sur le journal ce matin, j'ai pas hésité une seconde. La classe qu'il avait ! Et physiquement, il avait vraiment tout pour plaire. Il aurait pu faire du cinéma quand il était jeune avec une tête pareille. C'était autre chose que Makoto, je vous prie de croire.

- Makoto, arrête de chialer ! Ca sert à rien. Ca m'apitoye pas, ça m'énerve ! Tu ferais mieux de t'occuper du petit déjeuner comme je t'ai demandé.
Hanan, mais à l'entendre y aurait pas plus malheureux que lui sur terre. L'a pas toujours dit ça parce qu'il a dû avoir plus de hauts que de bas dans sa vie, avec tous les tickets d'aspiration qu'il avait engrangés. En tous cas, ils m'ont bien servi. Je me suis offert mon rêve : Une pleine bonbonne d'élixir de jouvence que je laisse chambrer pour quand j'aurai pris un petit coup de vieux.

- Tu peux me dire de quoi tu te plains ? On est amis-amis, ça devrait te suffire. C'était pas ce que tu voulais, te faire des amis ?
- Je dois dire qu'après notre rendez-vous paradisiaque, je pensais... j'espérais que tu me considérais comme un peu plus qu'un ami.
- Ah-oui ? Et qu'est ce qui te faisait penser ça ? Je t'ai rien promis. Je me trompe ? Rappelle-moi quand je t'ai promis quelque chose.
- M'enfin, tu m'as bien embrassé sur la bouche ! On embrasse pas ses amis sur la bouche !
- Depuis quand ? C'est pas toi qui fais la loi. T'as jamais été en Russie ? 
- Oui-mais on n'est pas en Russie ! Ici quand on emb...
- Oh, tu m'énerves ! J'ai autre chose à faire que de t'écouter figure-toi. Débarrasse, fais la vaisselle et cherche-toi un travail, ça t'occupera et ça te changera les idées. Parce que ça tourne à l'idée fixe, ton affaire !

Qu'est ce que je disais ?
Je suis vraiment pas d'humeur à supporter ça toute la journée. 
Tiens, le majordome est arrivé !
Mais qu... ?
- Madame, monsieur, si vous voulez bien évacuer "ma" cuisine que je puisse accéder au vide-ordures.
.
Mais qui c'est ce type ? C'est pas celui de la petite annonce !
L'autre était mille fois, cent mille fois plus beau. Là on dirait... on dirait Makoto en chauve.
- Monsieur, il doit y avoir maldonne. C'est pas vous qui deviez venir. J'attendais un de vos confrères...
- Bla-bla-bla ! Un majordome, c'est un majordome !
- Oui-mais...
- Y a pas de oui-mais ! J'entends pas les réclamations.
- Mais comme je suis de bonne composition, je vais m'efforcer de vous expliquer : Nous formons une grande confrérie des gens de maison, tous issus des grandes écoles de majordomes et nous sommes interchangeables dans la mesure où nous possédons les mêmes compétences et que nous...
- Pas-sio-nnant !
- Si madame veut bien me signifier ce qu'elle reproche à mes explications.

- Oh, mais je leur reproche rien du tout. Elles sont très claires, vos explications ! Seulement, moi je vous trouve pas interchangeables. Pas interchangeables du tout ! J'ai demandé un majordome beau comme un dieu et je me retrouve avec... VOUS ÊTES VIRE !
Makoto - Houla ! Ca barde !
- T'es encore là, toi ? Tu devais pas aller au travail ?

- J'y vais, j'y vais, ma douce.
- Bien ! Cette contrariété m'a toute retournée. J'ai peut-être pas été très aimable...
- Tu as du caractère, ma douce, c'est ce qui fait ton charme.
- Mmmoui... tu serais pas en train d'essayer de me re-séduire par hasard ? Parce que je préfère t'avertir, si tu penses encore à cette histoire de fiançailles, c'est toujours non.
- Je ne désespère pas de te faire changer d'idée. Laisse-moi mes illusions, veux-tu ? C'est tout ce qui me reste.
- Tant que tu reste conscient que c'est des illusions... Allez, va au travail et ramène-moi une belle promotion.
- Je m'y emploierai, ma douce.

Faut bien admettre, que Makoto, c'est peut-être pas un si mauvais parti. Il fait tout ce qu'il peut pour me plaire. Le soir même, il était bombardé maçon. Je vais peut-être finir par réviser mes positions. D'autant que...

D'autant que j'ai pas trop de quoi faire ma difficile. Je me suis faite rembarrer par Christian, cet après-midi. Pour une fois que j'arrivais à le coincer sur les espaces communs, quand je lui ai demandé comment il me trouvait il m'a dit que j'étais pas du tout son genre. Pas physiquement, -manquerait plus que ça-, mais quand je lui ai avoué que j'étais sans travail...
- Et vous comptez vivre comment ? De vos charmes ? J'ai toujours travaillé dur sinon j'aurais pas la situation que j'ai. Il est hors de question de me faire plumer par une aventurière. Je les renifle à 100 mètres, les aventurières, et vous m'avez tout l'air d'en être une belle !

Alors, le soir même...
- Dis-donc, Koto. Ca te gêne pas, toi, si j'ai pas de travail ?
- Mais-nan. C'est normal ! C'est l'homme qui doit subvenir aux besoins de sa femme. La femme, elle est faite pour rester à la maison, s'occuper du ménage, de la cuisine, enfin... c'est son travail à elle, quoi !

- Tu serais pas un peu dérangé, dans ta tête ? Je te parle pas d'avoir une femme de ménage, je te parle d'une femme SANS travail. Une qui ferait rien de ses dix doigts de la journée. Rien que de s'occuper d'elle, de ses désirs, de ses petits besoins, avec un homme qui lui donnerait tout l'argent qu'il gagnerait durement en se crevant au travail.
- Tu veux dire... une femme entretenue ?
- Mouais, si on veut. J'aime pas trop le terme, mais ça décrit à peu près bien la situation. Alors, réponds franchement : T'en penserais quoi ?
- Ca dépend... la femme, ça serait qui ?

Qu'il est bête ! Mais qu'il est bête !
- Mais ça serait moi, bien sûr, Ducon !
- Oh alors, si c'était toi. Je dirais oui, tout de suite, tu penses bien !
- Et tu me passerais tous mes caprices ? Et tu m'achèterais tout ce je voudrais ? Et tu me couvrirais de bijoux ?
- Je ferais TOUT, tu m'entends, tout ce que je peux pour te faire plaisir. Si seulement tu voulais bien...

- Non-non, Koto, je t'arrête tout de suite. C'est à prendre ou à laisser. Soit t'acceptes en bloc de me choyer, de me nourrir et de faire tout ce que je veux, soit tu peux faire une croix sur tes illusions de fiançailles. Si t'y mets la moindre condition, y a plus de marché.

-D'accord !
- Tu... tu veux dire que t'acceptes ?
- Oui-oui, j'accepte ! Je ferais n'importe quoi pour te garder. Tu devrais le savoir.
- Alors là... les bras m'en tombent. Tu sais que t'es une crème d'homme, toi ? Si demain t'es toujours dans ces bonnes dispositions, j'accepterai peut-être de t'offrir une bague de fiançailles.
Faut déjà que je retrouve cette fichue bague qu'il m'a offerte hier et que j'ai balancée comme une andouille, je sais plus trop où.

- Demain ? Et pourquoi pas tout de suite ?
- Mais parce que... parce que tout de suite, ça te ferait bien trop plaisir. Tu penses qu'à ça depuis hier soir. J'ai pas l'intention de t'offrir 3 500 points d'aspiration mon petit père. Je ferai ma demande quand tu t'y attendras pas. Koto, faut te fourrer dans le crâne une fois pour toutes, que c'est pas tes désirs qui comptent, c'est les miens !
24 avril 2009
V4. C'est beau la technologie !

Et donc, le lendemain matin je l'ai chopé dès son réveil, juste avant qu'il aille faire sa pissette, -commme ça il pensait rien qu'à se retenir-, et je lui ai offert sa bague, retrouvée par coup de bol dans l'espace communautaire, et l'alliance en prime.
- Tu fais bien attention à pas la perdre, Koto. Ca vaut des sous, une alliance comme ça.
- T'inquiète, ma douce. J'y veillerai comme sur la prunelle de mes yeux. Je suis tellement fier d'être ton mari.

- On pourrait aller fêter ça quelque part ? Un petit voyage de noces, ça te dirait pas ?
- Ha-mais-nan, tu peux pas, Koto. Tu dois aller travailler, tu te rappelles pas ?
- Non-non, c'est mon jour de congé. On travaille pas le jeudi dans le bâtiment.
- Ha-mais, ça va pas le faire, ça. Faut que t'ailles gagner des gros sou-sous pour ta petite femme. Trouve-toi autre chose et ramène-moi une belle promotion comme hier. C'est pas avec ta paye de senior qu'on va rouler sur l'or, alors si en plus on se met à gaspiller pour n'importe quoi...
- Mais-heu ! C'est pas n'importe quoi. Et puis ça me ferait tellement plaisir si tu savais.
- Ben justement ! Heu... je veux dire, y a justement une place de porteur d'eau au stade de foot. Faut pas laisser passer cette chance. Ca paye encore mieux que maçon.

S'il se figure que j'en ai quelque chose à battre de son voyage de noces pourri qui nous aurait coûté une fortune. Le livret de la Marmotte, c'est à MOI qu'il doit revenir, s'agit pas de le vider à n'importe quoi. Pendant qu'il s'occupe à le regarnir, moi je vais m'occuper à traîner dans les magasins. Chacun son truc !
Vous remarquerez qu'ils sont bien craignos les magasins de Belladona. En plus, y a même pas de resto dans ce trou !
Y a peut-être pas de resto, mais j'ai été bien inspirée de venir faire un tour par là. C'est bien mon voisin plein aux as que j'aperçois ?

- Salut voisin !
- Oh, mais c'est ma petite croqueuse de diamants ! Toujours à la recherche du pigeon à plumer ?
- Nan Môssieur. Je suis casée, mariée de ce matin.
- Mes félicitations ou... devrais-je présenter mes condoléances à votre mari ?
- Très drôle ! En tous cas, vous n'avez plus rien à craindre. Vous pouvez arrêter de vous inscrire sur liste rouge. Je vous assiègerai pas au téléphone.

- Je... je comprends pas de quoi vous parlez. Sur liste rouge ?
- Oh, ne faites pas l'innocent ! C'est normal que je vous aie pas dans mes contacts ? On a fait connaissance pourtant. La paranoïa, à ce point là, ça doit se soigner ! Sur ce, passez une bonne journée, moi j'ai d'autres chats à fouetter.
- Nan-mais attendez, partez pas ! J'ai jamais été sur liste rouge. C'est peut-être... c'est peut-être parce qu'on habite dans le même immeuble, allez savoir.

- C'est vrai ? Vous m'avez pas rayée de vos contacts ?
- Jamais de la vie ! Je suis bookmaker. Je deviendrais quoi si on pouvait pas me joindre ? Je traite la plupart de mes affaires par téléphone. Et puis, je peux bien vous l'avouer, si maintenant vous êtes mariée, vous m'intéressez bougrement. J'ai toujours peur qu'on cherche à me mettre le grapin dessus pour ma fortune, vous comprenez...

- Votre fortune ? Glups ! Vous... vous êtes si riche que ça ? Combien d'argent vous avez au juste ? Vous pouvez bien me le dire, vous risquez plus rien puisque je suis déjà mariée.
- Au juste, je saurais pas vous dire, c'est mon agent de change qui s'en occupe. Mais je suis très riche et même très-très-très riche d'après lui. Je fais partie des happy-few qui peuvent dépenser sans compter.
Ooooh, misère ! Très-très-très riche ! C'est encore pire que ce que je craignais. Mais pourquoi j'ai baissé les bras aussi vite ? Makoto lui arrivera jamais à la cheville. Il me le faut, me le faut, me le faut !

Comme dans la foulée il m'a confié qu'il s'intéressait au paranormal, j'ai mis tous les atouts de mon côté en achetant une revue spécialisée. Comme ça je serai imbattable sur tous les phénomènes étranges et je lui en mettrai plein la vue... quand je pourrai le joindre au téléphone. Si c'est une question d'appartement, ça doit pouvoir s'arranger.

Je guettais l'arrivée de mon mari avec une grande impatience pour lui parler de mes projets. Quand il est rentré du travail, il avait pas l'air en grande forme. J'espèrais qu'il allait pas m'annoncer qu'il avait été viré de son travail. Il allait me falloir de l'argent. Beaucoup d'argent pour mener à bien mes projets.

- Ô mon Koto. Tu es rentré, m'amour ! T'as pas été viré, j'espère ?
- Heu... nan-nan, pas viré. J'ai même eu une promotion et si je gagne un point de physique, on m'a même laissé entendre que demain je pourrais devenir mascotte sportive. Le top du top de la carrière de senior.
- Ô mais c'est très bien, ça m'amour. Tiens, entraîne-toi en me portant jusqu'à notre lit. Tu... tu te sens la force de faire ça ?
- Je te porterais jusqu'au bout du monde, si ça pouvait te faire plaisir, ma douce.
Je crois qu'il présume un peu de ses forces. Mais c'était pas le moment de le contrarier.

- Dis-moi m'amour. Qu'est ce que tu dirais de m'acheter une petite maison ? Une petite maison rien que pour nous, où on pourrait cultiver notre amour...
- Bien sûr, ma douce.
- Une petite maison, -enfin, pas trop petite non plus-, Où on aurait un petit étang, où tu pourrais pêcher et moi me prélasser sur une chaise longue toute la sainte journée...
- Tout ce que tu voudras, ma douce
- ...et où on pourra joindre les voisins par téléphone
- Mais on s'en fiche des voisins ! On n'a pas besoin d'eux pour être heureux. Moi, du moment que t'es là...
- Aaaah Makoto, commence pas à me contrarier! Faut toujours que tu penses qu'à toi, c'est un monde ! Du coup, va donc piquer des maniques sur la vieille machine de ta grand-mère que tu m'as installée dans l'autre chambre et qui fait rien qu'à m'encombrer.

Mais... qu'est ce que j'ai encore fait ? Qu'est ce que j'ai dit, qu'il fallait pas ?
Elle est vraiment imprévisible, ma femme. Notez, c'est ce qui fait charme. C'est bien pour ça que je l'aime.

Et le lendemain...
- Purée, c'est pas donné, les maisons ! Ca coûte un max de pèze.
- Bonjour, ma douce. Bien dormi ?
- Ca peut aller. Mais ça aurait pu être encore mieux si tu pouvais t'empêcher de ronfler.
- Je le fais pas exprès, ma douce. J'ai les bronches un peu encombrées.
- Manquerait plus que tu le fasses exprès !
- Heu, ma douce... c'est quoi ce liquide vert dans la bonbonne ?
Ca fait deux jours que je me pose la question sans oser te le demander.
- Ca ? C'est mon élixir de jouvence. T'en bois un petit verre et d'un coup tu te sens rajeunir.
- Mmm... intéressant...

- T'y touche pas ! C'est pas pour ta pomme !
- Rhhaaarggh ! Mais c'est du poison ! Je me sens maaaal ! Je vais mourir !
C'est comme si j'avais raccourci ma vie de quelques précieux jours.
- C'est bien fait ! Je t'avais interdit d'y toucher.
- Mais-heu.... rhhaaarggh... c'était trop tard, ma douce, je l'avais déjà avalé.
- T'en inventeras jamais d'autres, toi. Comme si t'étais pas déjà assez vieux !

- Dis-moi, ma douce... On est bien mariés pour de vrai ?
- Bien sûr qu'on est mariés pour de vrai ! C'est peut-être pas ce que j'ai fait de mieux, mais je l'ai fait !
- Bon alors... on n'est pas censés faire... des choses ensemble ?
- Des choses ? Quelles choses ? On mange ensemble, on dort ensemble... qu'est ce qui te faut de plus ?
- Hé-bien... enfin... tu sais bien...

- Oh le vieux cochon ! Ose le dire clairement : Tu voudrais qu'on fasse crac-crac !
- Ben... c'est des choses qui se font entre gens mariés.
- Entre gens mariés qui-s'entendent-bien, peut-être. Pas quand y en a un des deux qui s'ingénie à contrarier l'autre toute la journée...
- Mais, moi ça me gêne pas. C'est pas grave si tu me cont...
- ... et qu'en plus, c'est un gros jaloux, qui voudrait me faire porter le tchador et m'empêcher de téléphoner aux voisins.

- Mais je t'empêche pas de téléphoner ! Je disais simplement qu'on serait heureux rien que toi et moi, et peut-être aussi que la famille pourrait s'agrandir d'un nouveau membre. Ca te plairait pas, un petit bébé ?
- Un BEBE DE VIEUX ! Tu rêves, là ! Je le vois déjà avec sa petite peau toute ridée et ses envies de mouiller sa couche à répétition. Il est PAS QUESTION de bébé !
- Te fâche pas, ma douce, te fâche pas ! Moi je disais ça, je disais rien. Si tu veux qu'on reste que tout les deux, on restera que tous les deux
- Et le téléphone pour appeler les voisins ?
- Et le téléphone.
- Bien ! Dans ce cas... ce soir tu l'auras peut-être ton crac-crac. Mais tu feras gaffe, hein ? On a bien dit : pas de bébé !

Toute la journée, je l'avais passée à visiter des maisons témoin dans la baie de Belladona et le soir, j'étais tellement crevée, que j'ai expédié le devoir conjugal et je me suis endormie comme une souche sitôt la corvée accomplie.
C'était un peu comme chez le dentiste : juste un sale moment à passer.
25 avril 2009
V5. La joie d'être propriétaire

Samedi, on déménageait et j'ai pas vu passer le week-end. Par un mystérieux mystère , on s'est retrouvés à la maison un lundi, mais on en était toujours au sixième jour de notre rencontre et on n'avait pas pris une ride. Heureux pour moi, mais j'aurais trop rien dit pour Makoto.
La maison... c'était pas le palais dont j'avais rêvé, mais elle était correcte pour le prix -presque 19 000$ quand même !- Makoto a absolument tenu à me porter pour me faire franchir le seuil de notre nouveau nid conjugal. Lui et ses idées de vieux !

A l'intérieur, c'était pas trop mal fichu, par rapport à ce que j'avais pu visiter par ailleurs. Y avait deux chambres, une minuscule salle de bain, mais un beau séjour/cuisine. Et c'était presque entièrement meublé, en prime. Remarquez... on avait bien fait de faire suivre nos meubles, parce que le lit cheapodiscount à deux grammes d'énergie par nuit, merci bien ! Et mon nouveau canapé à plus de 700$ j'allais quand même pas en faire cadeau au proprio. Savez-vous le prix de nos premiers impôts avant de quitter l'appartement ? QUATRE CENT QUATRE VINGT SIMFLOUZES alors qu'il était aux trois quarts vide. La vraie arnaque ! Ca augmentait sacrément le prix du loyer ce truc là. Je me féliciterai jamais assez d'avoir demandé à déménager.

Premier truc que j'ai testé : La ligne de téléphone avec mon Christian Bienaimé. Ca va, il m'avait pas menti. J'ai pu tailler la bavette avec lui un petit moment et ça a bien fait augmenter nos relations. On est bons amis à présent, et si je tiens ce rythme, je tarderai pas à devenir sa meilleure-meilleure amie.

Makoto lui, il s'arrangeait pas. Pendant que j'étais occupée au téléphone, il m'avait encore inventé un truc auquel j'aurais même pas osé penser dans mes délires les plus tordus : C'est maintenant qu'on allait habiter dans un pavillon qu'il voulait un chien d'appartement. c'est vrai qu'avec un seul point de logique... et il l'a acheté, en plus ! Sans m'en parler ! Pour ainsi dire, derrière mon dos.
- Qu'il est mignon, le petit toutou à son papa ! Il veut jouer avec son papa, le petit Magot ?
Ouais... il l'avait appelé Magot et ça, c'était vraiment n'importe quoi. Parce qu'en plus que ça l'amusait pas, qu'il aurait parlé à un mur, ça lui aurait fait le même effet, et qu'il se faisait maintenant envie d'un VRAI chien, c'était une ruine à nourrir, ce microbe. Ça bouffait pire qu'un doberman.

Comme de bien entendu, on a vu rappliquer la délégation des pique-assiettes du quartier. Mais Makoto était tellement occupé -à rien- avec son Magot, qu'il les a même pas remarqués et que moi, après m'être assurée qu'y avait pas de vieux dans le lot, je me suis pas donné la peine de me déranger parce que j'étais occupée à quelque chose d'autrement plus intéressant.

Ce matin, j'avais jeté un oeil sur le livret de famille et je m'étais aperçue que Makoto avait déjà soixante quatre ans. Alors, j'ai entrepris de faire son portrait de mémoire, pendant que j'avais encore l'original sous les yeux au cas où j'aurais besoin de comparer. Soixante quatre ans, tu me diras... pour un vieux c'est pas si vieux, t'avais bien le temps !
Taratata ! Vu les grandes satisfactions qu'il tire de notre vie conjugale, il ferait pas de vieux os, que ça m'étonnerait pas plus que ça, tu vois. Et moi, je tiens à conserver une trace de son court passage dans mon lit -puisque nous n'aurons pas d'enfant.

Quand Makoto est rentré du travail... je sais plus trop lequel, il en change tout le temps. Vu que mascotte sportive ça bosse pas le lundi, il devait faire la plonge dans un resto , mais le principal, c'est qu'il rentrait avec une nouvelle promotion. Bref ! Quand il est rentré du travail, y avait plus de chien, plus de parc à chien. J'avais revendu tout le bazar. Je croyais qu'il allait m'en faire une maladie. Penses-tu ! Il s'en fichait comme de son dernier chicot. Ce que c'est que de mener une vie de coq en pâte à la maison. Plus rien ne le touche, plus rien ne l'émeut. Il est blindé !

Moi j'avais passé toute la journée à peindre et je demandais qu'à lambiner sur mon canapé à 770$ sans m'aviser que Makoto passait sa vie au téléphone.

C'est bizarre ! Je tirais pas de ma lambinerie toute la satisfaction espérée. On se fait comme ça des envies de canapé à plus de 700$, de tableaux à plus de 1 000$, de sculptures à plus de 1 500$ et quand on les a, on s'aperçoit que c'est pas ce qu'on croyait. Qu'y a mieux, mais que c'est plus cher.
Alors je m'interrogeais : Ca rapporte dans les combien, une assurance-vie ? Je sais qu'en cas d'accident, tu touches nada. Mais en cas de mort naturelle ? C'est calculé comment, la prime ? Est ce que c'est basé sur le salaire moyen du macchabée ? Est ce que j'aurais pas intérêt à initier Makoto à la peinture ? -Remarque, avec son petit point de créativité, il sera mort avant de peindre des chefs d'œuvre. J'ai entendu dire que s'il mourait heureux la compagnie versait à la veuve éplorée une prime de 20 000$. C'est pas difficile de jouer à la veuve éplorée, suffit de s'entraîner à baratiner devant le miroir. Alors, est ce que ??

- Rha, Makoto ! Arrête un peu avec ce téléphone, tu m'empêches de me concentrer !
Je m'entends même plus penser. A qui tu téléphones, d'abord ?

- Hooo, je te dérangeais, ma douce ? Mais t'aurais dû me le dire tout de suite. Je me rendais pas compte, moi.
- Je t'ai posé une question Koto : à qui tu téléphonais depuis au moins une demi-heure ?
- Ben... je faisais le tour de mes amis. Je les ai un peu délaissés depuis que je te connais. Ils se demandent ce que je deviens, si je me suis pas fait enlever par les extra-terrestres, tout ça... alors, je leur donne de mes nouvelles pour entretenir notre amitié.
Alors là ! Tous mes feux de détresse se sont mis à clignoter à qui mieux-mieux. Il-a-des-amis ! De bons amis qui s'inquiètent de lui. Et il serait encore bien fichu de les coucher sur son testament, ce sans cœur. Après tout ce que j'ai fait pour lui !

- Makoto, tu me déçois ! Tu me déçois même beaucoup.
- Hooo, je te déçois ma douce ? Qu'est ce que j'ai encore fait que j'aurais pas dû ?
- Je croyais que je suffisais à ton bonheur et je m'aperçois que t'en as que pour tes amis. Ben va les retrouver, tes amis ! T'as qu'à passer ta vie avec eux, tes amis, puisque c'est eux que t'as choisis.
- Mais-non-mais-non, tu sais bien que c'est toi que j'ai choisie ! Si tu veux, je les appellerai plus jamais-jamais. Je leur donnerai plus jamais de nouvelles et tant pis s'ils me croient mort.
Un peu que je veux !

Le lendemain...
- Oh ! Mais il est beau comme un cœur aujourd'hui, mon Koto. T'as acheté une nouvelle tenue ?
- Ça ? C'est ma tenue de jogging. Je trouve que je me laisse un peu aller, alors ce matin, j'ai couru pendant que tu dormais. Je t'aurais bien proposé de venir courir avec moi, mais j'ai pas osé te réveiller.
- Et t'as bien fait ! Dis-donc, Koto. Tu voudrais pas aller bricoler la baignoire ? Me semble qu'elle va se mettre à fuir dans pas longtemps.
- Ben tu sais, le bricolage et moi... je risque de la détraquer encore plus.
- Mais c'est pas grave ! On appellera le réparateur. Ils sont là pour réparer, les réparateurs ! Sauf que si on peut s'en passer... on peut toujours essayer.

La ruse a bien fonctionné, et je l'ai eu mon réparateur !
M'enfin... quand j'ai vu sa tronche... on dirait Makoto avec un bol de riz sur la cafetière.
- Mais... vous l'avez bricolée, cette baignoire !
On a joué "Massacre à la clé de douze" là-dedans !
Si je tenais le sagouin, qu'a fait ça...
Il avait l'air méchant, en plus.

- C'est pas nous ! Enfin... c'est pas moi. Quand j'ai voulu prendre mon bain, elle était déjà dans cet état. Je comprends pas ce qui s'est passé.
- Ouais ! Toujours les mêmes histoires à dormir debout ! Elle s'est pas détraquée toute seule la baignoire ! Vous croyez que je les connais pas, les combines ? On veut essayer de bricoler soi-même pour économiser les frais d'un professionnel et résultat : au lieu de s'en tirer pour 50 $ ça va vous coûter le double... voire plus. C'est comme au Loto, à tous les coups on perd !

Ça, il avait pas tort. Parce que 50$ pour un beau réparateur, c'est donné, mais pour une horreur pareille...
méchant, en plus, c'est vraiment de l'argent fichu en l'air.

Après son départ, j'avais besoin de me remonter le moral et comme je pouvais pas me défouler sur Makoto qu'était parti au travail, j'ai donné rendez-vous à Christian, qui s'est pas fait prier pour rappliquer.
- Salut, mon aventurière préférée. Il est parti, le petit mari ?
- Salut Christian, l'homme cousu d'or. Rentre vite, on n'a pas une minute à perdre. Je sais pas trop à quelle heure il va rentrer, il change de travail plus souvent que de chemise et avec les promotions, ça change tout le temps d'horaires.

- Attends ! Laisse-moi te regarder ! Tu sais que tu deviens de plus en plus belle avec le temps ? On dirait même que t'as rajeuni.
- Rajeuni ? Comment tu voudrais que je rajeunisse, avec tous les soucis que j'ai ?
- Oooh, t'as des soucis ? Raconte-moi ça. C'est le petit mari, qui te fait des misères ?
- Oh-oui, Christian. Si tu savais... Il me contrarie toute la journée, il voudrait me faire porter le tchador, il voulait même me priver de téléphone. Je vis un véritable enfer ! J'ai grand besoin d'être consolée.
- Viens-là, ma croqueuse de diamants, je vais te faire oublier tout ça.

- Christian, attends !... T'entends rien ?
- J'entends ton petit cœur qui bat. J'espère que c'est pour moi, qu'il bat.
- Nan, c'est de trouille ! Je suis presque sûre d'avoir entendu la voiture.
- LA voiture ! Laisse-moi rigoler. Mais TOUT LE MONDE a sa voiture, maintenant.
T'as pas entendu LA voiture, t'as entendu UNE voiture.
- Nan-nan, je suis presque sûre, je te dis. Je reconnais le bruit du tacot.
Attends une minute, je vais voir !

- C'est lui ! C'est Makoto ! Vite Christian, sauve-toi viiiiiite ! Faut pas qu'il te trouve ici.
- Mais... on dirait qu'il te fait peur. L'a Pourtant pas l'air bien méchant.
Faut pas s'y fier ! C'est un bourreau, un tortionnaire, un Barbe-bleue qui fait patte blanche pour mieux vous manger mon enfant...
Oups ! Je m'égare ! Si après ça, il comprends pas que je lui raconte des histoires...
V6. La pêche au gros

C'est vrai qu'en tant que tortionnaire, il a pas le physique de l'emploi, Makoto. Regardez-le !
Nan-mais, regardez-le un peu, les pieds dans ses pantoufles à se taper toutes les débilités de la télé.
- Makoto, éteins-moi ça ! On t'a jamais dit que de trop regarder la télé ça rend stupide ?
Déjà que t'as pas besoin de ça.

- D'accord chef, j'éteins ! Heu... Gara, t'as pas pris ta douche aujourd'hui ?
- Bien sûr, que j'ai pris ma douche ! Tu m'as déjà vue passer une journée sans ?
J'ai même pris un bain à bulles, figure-toi.
- Ah ? Alors, comment se fait-il que je te retrouve en nuisette à six heures du soir ?
Mince ! Il se met à réfléchir maintenant ? Ça sent le brûlé.
- Bon ça va, j'ai rien dit. Tu peux rallumer la télé !

- T'as pas entendu ce que je t'ai dit Koto ? Tu peux rallumer la télé. J'aime pas te voir à rien faire.
- Mais je fais pas rien, ma douce. Je pense !
- Ben justement. Ca te vaut rien du tout de penser et... on peut savoir à quoi tu penses ?
- Oh, un tas de choses !
- Comme ??
- Comme rien ! Un tas de choses, je te dis.

C'est là, qu'à la réflexion, j'aurais dû commencer à me méfier. Ca lui ressemblait pas de se murer dans le silence. Un aspi popularité, ça aime bien blablater -en général, pour ne rien dire, mais ça blablate- et comme je lui avais interdit de téléphoner à ses amis, il aurait dû être en manque. Mais vous savez ce que c'est, avant de se prendre la foudre sur la tête, on sent pas toujours venir l'orage. Et moi aussi j'avais des choses en tête. Des choses dont j'avais pas spécialement envie de l'entretenir.
- Koto, je prends la voiture ! J'en ai marre de passer ma vie entre quatre murs. Et puisque ce soir t'es pas d'humeur causante, tu te passeras de ma compagnie. T'auras qu'à te faire un plateau-télé pour le dîner.

D'humeur platine, j'avais décidé d'aller à la pêche aux gros. Pas aux gros poissons, ça c'est le boulot de Makoto. La pêche aux gros pleins de flouze et assez vieux pour pas qu'ils s'incrustent trop longtemps avant que leurs pépettes atterrissent in my pocket. Il serait pas éternel Makoto, -du moins l'espérai-je-, et il fallait bien penser à m'assurer des épaules consolatrices, rembourrées de flouze aux épaulettes, pour le jour béni où je serai veuve.
Je commençais par Crypto, la boîte de nuit pas à la mode.

Et là, j'allais pas tarder à me rendre compte que les vieux qui sentent à la fois l'oseille et le sapin, hé-ben ça courait pas les rues. -Nan, pas quand on voudrait qu'ils soient là !- A part cette vieille timbrée de Kathy Rossi, qui se prenait pour une jeunette...
- Hé, mémé ! Tu viendras pas te plaindre si tu te chopes un lumbago !

Le maître d'hôtel, c'était une femme et j'ai eu une fausse joie à la sortie en apercevant
un tablier de cuisinier au coin de la rue. Cuisinier, qui s'avéra être une cuisinière.
Quelle déception !

Mais la soirée était encore jeune, tout espoir n'était pas perdu. Si les vieux voulaient pas se montrer, je me faisais fort de les dénicher dans les trous où ils se terraient. Allez, direction La cafète rétro des années 50. Ça doit grouiller de vieux là-dedans. Ça leur rappelle le bon temps où ils étaient jeunes -jeunes, mais fauchés. Ben-oui, on peut pas tout avoir ! Sauf si on se préoccupe comme moi, de réparer cette injustice.

Et là... re-déception ! Pas l'ombre d'un vieux, si ce n'est...
si ce n'est cette vieille timbrée de Kathy Rossi, qui me poursuit justement comme mon ombre.

Y avait bien... y avait bien le cuisinier pourtant. Pouvait pas être en train de se balader sur le trottoir, lui ? TROIS assiettes de spaghettis à la sauce tomate, que je me suis enfilée dans l'espoir qu'il jette un œil de mon côté. Ben croyez-moi si vous voulez, il m'a même pas remarquée !

Là, ça commençait à devenir inquiétant. D'autant que j'étais presque au bord de l'évanouissement, qu'il faisait nuit noire et qu'on croisait des types aux allures bizarres dans les rues. Pareil, j'aurais aspiré à être mordue par un vampire, je suis certaine qu'ils seraient restés accrochés aux voûtes romanes des oubliettes de leur château en ruine en Karpatsim.

D'une humeur qui n'avait plus rien de platine, je décidai de tenter ma chance une dernière fois, en allant me traîner du côté du resto-bowling avant de me résoudre à retrouver Makoto et son mutisme exaspérant. Et là... Qu'est ce que j'aperçois sur le trottoir sitôt descendue de la voiture ? Miracle ! UN VIEUX !

Oui-bon, j'aurais pu espérer mieux comme vieux. Il avait une curieuse façon de se tenir la jambe pendant que je le saluais.
Mais avec le mal que je m'étais donné pour le trouver, j'allais pas m'arrêter à ce détail -somme toute- insignifiant.
Insignifiant, mais quand même... déjà qu'il avait rien du grand-père d'un prince charmant.

- Pas le temps de lui placer trois mots, voilà qu'il me fait une proposition inattendue.
- Ah, Gara ! Vous permettez que je donne votre numéro à une de mes connaissances ? Brenda Renaudin. Je crois que vous-vous entendriez très bien, aussi bien que nous deux.
Alors, et d'une : je sais pas si on s'entend si bien que ça tous les deux, vu le peu de paroles échangées. Et de deux : je veux surtout pas faire connaissance avec sa Brenda. Il m'aurait parlé d'un Brandon encore...
- Alors ? Vous en dites quoi ? Je peux ?

- Minute ! Je réfléchis. Qu'est ce qui vous fait croire que nous-nous entendons si bien ? J'ai pas souvenir qu'on se soit déjà vus quelque part.
- Mais tout le monde connaît votre grande bonté à Belladona. C'est bien vous qui vous occupez d'un petit vieux avec un dévouement exemplaire ?
- Mmm-oui, c'est cela, oui.
- Hé-bien, vous avez fait les choux gras des potins du quartier et ces potins se sont répandus comme des cafards. Comme moi aussi je suis quelqu'un de très bon, je sais que nous sommes faits pour nous entendre.
- Bon ben... puisque vous êtes si bon -à défaut d'être beau- je vais encore réfléchir à votre proposition. Appelez-moi demain, je vous dirai ce qu'il en est. Apparemment, c'est pas la peine que je vous laisse mon numéro, vous l'avez.

Je rentre quasiment au bord de la syncope, fatiguée, usée, lessivée, -pour le résultat que vous savez- pour trouver quoi ? Un Makoto tout vert gaillard, en train de tchatcher sur le net avec dieu sait qui.

-Ah-ben, te gêne pas pour moi, mon Koto. Continue ! C'est comme ça que tu tiens tes promesses de plus donner de nouvelles à tes amis ?
- Mais-nan, ma douce. C'est pas mes amis. C'est un type que j'ai jamais vu. On s'est trouvé à être connectés en même temps, et de fil en aiguille...
- ...de fil en aiguille, tu t'es dit que tu pourrais te faire un nouvel ami, parce que je te suffis plus. Ca va, j'ai compris !
- Mais pas-du-tout ! Pas-du-tout, tu te trompes, ma douce. C'est juste que de trouver une personne de mon âge pour discuter sur le net, c'est assez rare et, comme t'étais pas là, j'en ai profité.

Qu'est ce qu'il me raconte ? Une personne de SON âge ! Et il l'a dégottée comme ça, pépère, les doigts dans le nez, confortablement installé dans notre chambre, pendant que j'usais mes semelles et ma jeunesse dans tous les lieux de rendez-vous de vieux du centre ville pour essayer d'en rencontrer ! La vie était vraiment mal faite.

- Tu sais quoi, mon Koto ? Tu devrais l'inviter à venir te voir, ton copain-de-ton-âge-du-net. J'aimerais bien voir à quoi il ressemble.
- C'est pas vraiment mon copain, juste un contact. Je sais pas s'il accepterait.
- Ben téléphone-lui. Fais remonter les relations ! Attention quand même de pas devenir trop bon ami, tu le connaîs pas assez, il est peut-être pas très intéressant. (Et puis tu serais bien trop content).
-Vrai ? J'ai le droit de lui téléphoner ? Oh-merci, ma douce, t'es un amour ! J'avais tellement peur de devoir m'inventer un ami imaginaire.

- Qu'est ce que tu dis ? Un ami imaginaire ?
Mais pourquoi j'y ai pas pensé ?
Gara, ne fais pas l'innocente, ça te va pas !
C'est pas faute d'y avoir pensé. Ça ne s'est pas concrétisé, c'est tout.
26 avril 2009
V7. Le vent tourne

Le lendemai en allant faire ma collecte de flouze,
j'eus la surprise de découvrir devant ma porte une rose rouge de mon Christian Bienaimé.
Ce qui me fit penser...

- Dis-donc, Makoto, j'aurais deux mots à te dire, toi !

- Uiiii ? Et quoi donc, ma douce ?
- T'avais pas promis de me couvrir de cadeaux, de bijoux et tout le tremblement, quand on a -pour ainsi dire- signé notre contrat de mariage ?
- Et c'est pas ce que j'ai fait ?
- Ben... pas que je sache. Ils sont où les cadeaux, les bijoux ? Tu m'as même pas offert de fleurs après notre premier rendez-vous. J'ai eu que cette malheureuse alliance et je porte toujours le collier en toc que j'avais quand je t'ai rencontré.

- Ah-uiii ? Et la maison ? Et la voiture ? Ca compte pour du beurre ? Et qui c'est qui remplit le frigo, qui paye les factures, qui t'offre une vie de reine sans jamais te demander ce que tu fais de tes journées, vu que c'est moi qui fais tout ici : la cuisine, le ménage, la vaisselle, le jardinage et j'en passe.
- Mais ! Mais c'était dans le marché que t'as accepté. Tu te souviens pas ? C'est l'Alzheimer qui te gagne ?

- Eh bien, je tiens à t'informer, -à la lueur de certains évènements que je ne citerai pas-,
qu'un contrat ça peut toujours se renégocier, si celui-là te convient pas.
Mais je suis pas certain que tu gagnerais au change... ma douce.

J'aurais pas eu les fesses calées sur mon canapé à 770$ -qu'en valait déjà plus que 440- que j'en serais tombée à la renverse. Mais qu'est ce qui lui prenait à Makoto de jouer à Spartacus ? Aurait-il eu vent de mon rendez-vous avec Christian ? J'essayais de me souvenir de son attitude de la veille. Il avait bien fait un peu de boudin avant ma virée au centre ville, mais rien d'alarmant. Et puis il avait eu l'air tellement content que je lui permette de joindre son copain-du-net au téléphone. C'était à n'y rien comprendre.

- Tu vas où, là ?
- Répondre au téléphone ! Si c'est pas encore interdit.
- Mais rien n'est interdit, ma douce. Tu fais ce que tu veux.
- Encore heureux, que je fasse ce que je veux !

Le vent était en train de tourner, j'étais loin d'imaginer à quel point. D'autant qu'en fin de journée, les choses semblaient rentrées dans l'ordre. Makoto était rentré du travail avec une nouvelle promotion. Il était à présent parvenu au top niveau de sa carrière scientifique.

Il se sentait plus péter -au sens propre, comme au figuré-, et il arrêtait pas de me saoûler avec sa promotion.
- On était trois à postuler au labo : Deux petits jeunôts de l'école privée qui préparent leur entrée à l'université et moi. Ben c'est moi qu'ai décroché le pompon. Ils étaient verts, les mômes, qu'un senior leur pique la place !
Moi je vois pas où y avait de quoi faire son fanfaron d'être l'Elu qui nettoierait les crottes de souris.
- Ben demain, quand t'auras pris un autre boulot, ils retrouveront une couleur normale, mais toi, t'auras pas rajeuni !

- Au fait, Koto, tu devais pas inviter ton copain-du-net pour me le présenter ?
- Oui-oui, j'y ai pensé ma douce. Mais c'est un superstitieux. Son horoscope lui prévoyait une grosse cata s'il sortait aujourd'hui, alors ce sera pour un autre jour.
- Son horoscope ? Pff, n'importe quoi ! M'a tout l'air d'un beau crétin, ton copain-du-net. Remarque, qui se ressemble...

67 ans, et il va pas en s'arrangeant, le vieux. ce matin, il a laissé brûler sa pâtisserie du petit déjeuner, une de ses craintes, c'est ballot !- Et ça lui arrive de plus en plus souvent.
- Rha, Gara ! Faut toujours que tu m'appelles quand j'ai quelque chose sur le feu, aussi.
- Cherche pas d'excuses, Koto ! Tu vas peut-être dire que c'est de ma faute ?

L'est pas un peu malade, Christian ? Qu'est ce qui lui prend de venir se promener devant chez nous aux aurores ? Juste quand je demande à Makoto d'aller me râtisser les feuilles mortes qui me gâchent le paysage. Faudrait pas qu'il prenne l'habitude de rappliquer sans que je l'appelle, il prend des risques. Heureusement que Makoto, trop occupé à chercher les feuilles, ne s'est aperçu de rien.

- Les feuilles, qu'elle a dit. Quelles feuilles ? Vous voyez des feuilles, vous ?

Quand je disais que Makoto s'arrangeait pas, j'étais en-dessous de la vérité. Il devient de plus en plus sénile. Voilà-t-il pas qu'il s'est fait virer de son nouveau travail ? A force de trop tenter la chance... Je sais pas ce qu'il m'a raconté, une histoire d'oranges et d'humiliation, où j'ai trop rien compris. Mais le résultat, il était là, le résultat !


Bon, ça peut arriver à tout le monde de se faire virer du boulot -tant que ça devient pas une habitude. Mais vous me direz pas que ça tourne bien rond, quand ça s'enferme pour pleurer dans la salle de bain et que ça claironne, à droite à gauche, qu'on a passé une bonne semaine et qu'on espère que ça va continuer.

En tous cas, ça serait sans moi.
- Bon ! Makoto, quand tu seras calmé, tu le diras ! Moi j'ai pas l'intention de supporter ça toute la soirée. J'ai une vieille amie qui me demande si je veux faire une virée en ville avec elle, alors j'y vais. J'espère que je te retrouverai en meilleur état quand je rentrerai. T'es vraiment trop déprimant !

En fait de vieille amie, vous l'aurez deviné, s'agissait plutôt d'un ami vieux. Mon contact de l'autre soir m'avait invitée à le rejoindre à Oresha-dîners en famille.
- Vous savez, Gara. Pour l'autre fois, quand je vous ai proposé de donner votre numéro à Brenda. C'était un prétexte pour vous rappeler. J'espère que vous ne m'en voulez pas de cette petite supercherie.
- Ah-mais pas du tout, je vous rassure. Si vous saviez à quel spectacle lamentable je viens d'échapper.
- Vraiment ? Et si vous me racontiez ça autour d'un verre ?

Il avait vraiment raison de dire que nous-nous entendrions bien, Corentin -il s'appelle Corentin Jourdan et Gara Tapo-Jourdan, ça sonne pas mal non plus- L'histoire de Makoto qui perd la boule l'a bien amusé.
- Vous êtes bien telle que je vous imaginais, Gara : très dévouée, charitable, tout simplement merveilleuse. Je me mets à votre place, ce doit pas être amusant tous les jours de supporter un pareil débile. C'est l'Alzheimer, cherchez pas ! Mais méfiez-vous quand même, il paraît que les malades ont des accès de méchanceté.
- C'est pas "il paraît" c'est un fait ! D'ailleurs, il est en pleine crise actuellement. C'est pour ça que j'apprécie notre petite sortie.

- Avant de nous séparer, Corentin. Ce serait pas trop indiscrêt de vous demander ce que vous faites dans la vie ?
- Mais pas du tout ! Je suis vendeur à la sauvette.
Rha, déception !
- Ca doit pas payer des masses. Vous arrivez à vous en sortir quand même ?
- Ne vous inquiétez pas pour moi. J'ai mis suffisamment d'argent de côté pour le restant de mes jours.
- J'en suis vraiment contente pour vous et... vous savez quoi, Corentin ? Au départ, je dois vous avouer que vous et moi, ça n'a pas été le coup de foudre, mais plus j'apprends à vous connaître, plus je vous trouve irrésistible.

Quel galant homme ! Corentin a insisté pour me raccompagner à la maison.
- On ne sait jamais, Gara. Des fois qu'il serait en pleine crise, je serais là pour vous protéger. Mais je vous avoue que cette histoire de "bonne semaine" avec tout ce qui lui était tombé dessus, j'en ris encore en y pensant. J'espère qu'on aura l'occasion de ressortir ensemble. Vous êtes tout à fait mon genre de femme.

- Bonsoir, madame la vieille amie de ma femme.
- Bonsoir monsieur. Soyez bien gentil avec elle, c'est un oiseau rare que vous avez-là.
- Un drôle d'oiseau, vous voulez dire !
Corentin :
Je préfère pas relever. Il est pas responsable, pauvre vieux, c'est sa maladie qui le ronge !
27 avril 2009
V8. C'est flagrant !

Le lendemain...
- Je suis bien chez Makoto Duquesne ?
- Adam Rétignol ! Vieille fripouille ! Ah, t'es bien comme j'imaginais.
Tape-m'en cinq mon poto du net !

- Dis-donc Adam -simple formalité -c'est ma femme qui veut savoir ça- t'es pas fauché au moins ?
- J'ai pas de quoi me plaindre
- T'as un métier ? Tu fais quoi ? T'es pas rentier, au moins ?
- Ben... je suis assitant pour personnes âgées. c'est quoi cet interrogatoire ?
- Ma femme, toujours! D'après elle, ça grouille de soit-disant rentiers qu'ont pas un kopek en poche à Belladona. Enfin... si, mais ils n'ont que celui-là. Elle a peur que je tombe sur un profiteur, tu comprends. Mais c'est parce qu'elle te connaît pas, elle verrait tout de suite que t'es un type bien.
- Bonjour Makoto !

- C'est bobonne ? Tu m'en diras tant ! Remarque, je ferais mieux de me taire. Toi au moins, t'as trouvé l'âme soeur. Moi je la cherche encore.
- Makoto, je t'ai dit bonjour !
- Attends, tu m'excuses Adam ? J'ai une future ex-amie qui vient de me saluer. Mais que ça t'empêche pas de rentrer. Tu feras connaissance avec bobonne. Sacré Adam !

- Salut, machine !
- Hé-bien Makoto, t'es pas mort ? Tu donnes plus de nouvelles, alors je commençais à me demander ce que tu devenais, si tu t'étais pas fait enlever...
- Par les extra-terrestres ? Ben-non tu vois, je suis toujours là.

- Mais maintenant que t'es rassurée, tu peux repartir.
- QUOI ? Je me tape deux kilomètres à pinces pour venir te voir et tu me proposes même pas d'entrer ? Je t'avertis, Makoto, si tu tiens à conserver mon amitié...
- Ben justement, je me le demande. Ce matin encore, on m'aurait dit que je la perdrais, je crois que ça m'aurait rendu fou. Mais maintenant, je m'aperçois que JE M'EN FOUS ! Rhalala, si tu savais comme je m'en fous !
- Ben t'as gagné ! Tu peux considérer que je suis plus ton amie ! ADIEU Makoto ! Ca te vaut rien du tout d'être marié !

- BON DEBARRAS !
Je l'ai fait ! Je l'ai fait ! Je croyais pas avoir la force de le faire, mais je l'ai fait !
Et le mieux, c'est que ça me fait ni fou ni fa, que ma pire crainte se réalise.

- Koto, j'ai invité ton copain Adam à partager notre petit déjeuner. Le problème, c'est qu'on a que deux chaises. Depuis le temps que j'attends que tu me payes une vraie cuisine aménagée !
- T'inquiète ma douce, je vais me débrouiller. Je vais manger ma petite pâtisserie sur le canapé.
- Fais gaffe à pas le tâcher ! Il a coûté 770$, ce canapé, j'y tiens !

- Franchement Gara, quand Makoto m'a dit qu'il était marié, j'étais loin de m'attendre à ça.
- De vous attendre à quoi ?
- Ben... sans indiscrétion, vous avez quel âge ? Il pourrait être votre père.
- Largement ! Parce que moi, j'avais 28 ans quand je l'ai connu et je les ai toujours, mais lui, il en a déjà 68 bien sonnés et chaque jour qui passe, l'écart se creuse.
- 28 ans ? Ben vous les faites pas ! Je vous en donnais à peine 25. Comment vous faites ? Vous avez percé le secret de l'éternelle jeunesse ?
- Si on veut... je vous le montrerai tout à l'heure.

- Koto, c'est bien à 11h que tu commences ton nouveau travail ? Tu devrais aller te préparer si tu veux pas rater la voiture et te faire virer dès le premier jour. Et puis, tu peux me dire qui c'était la fille que t'as embrassée comme du bon pain sur le trottoir ? Je t'ai vu, croies pas ! J'en connais qui se sont mangé des paires de gifles pour moins que ça.
- Seriez-vous jalouse, Gara ?
- Jalouse, moi ? Et de quoi ? Qui voudrait de ce débris, franchement ? Même pas fichu de se faire cuire une pâtisserie surgelée sans la faire brûler.

- Alors Koto ? C'était qui, la nana ? Tu réponds ?
- C'était personne ! Une ancienne amie qui l'est plus. Tu devrais être contente !
- Je le serai encore plus quand tu te seras débarrassé de Jeannine. Tu vois de qui je parle ? "TA" Jeannine qu'arrête pas de demander si t'es disponible. Elle a pas de chance de tomber sur moi ! Mais moi, je suis pas réceptionniste, et j'aimerais qu'elle cesse d'encombrer la ligne une bonne fois.

- Oooh et c'est pas la peine de faire cette tête ! Finis de nettoyer les bols et va te préparer ! Tu vas bien finir par y arriver, à rater le tacot.
Vous venez, Adam ? je vais vous montrer mon petit secret.

- Alors c'est ce truc vert dans la bouteille ? Mais vous y avez même pas touché à votre bouteille, c'est dingue, ça ! Suffit de regarder et ??
- Mais-non bêta, j'en ai une autre ! Et je peux vous dire un autre secret ?
- Je demande pas mieux.
- Ben... Makoto, il en a bu qu'une fois et ça lui a fait l'effet inverse. C'est une arme à double tranchant.
- Vous faites bien de m'avertir, au cas où je me laisserais tenter.
- C'est parce que vous m'êtes sympathique. Extrêmement sympathique même, si vous voyez ce que je veux dire.

Et c'est vrai qu'il m'était sympathique. De tous les vieux que j'avais croisés jusqu'à présent, c'était quand même le seul qui avait pas l'air d'être tombé de la planète des singes. Il avait encore de beaux restes et le jour où je me déciderai à afficher mon âge réel... mais on n'en était pas là.
- Bon ! Je dois y aller les enfants ! Adam, tu m'excuseras de pas pouvoir te tenir compagnie plus longtemps, mais le devoir m'appelle. Allez, je vous laisse, soyez sages !
- No problemo, mec !

Dès qu'il eût tourné les talons. Je demandai à Adam ce qu'il penserait d'un petit rendez-vous avec moi, en tout bien tout honneur, juste histoire de pimenter les choses. Et je vous dis pas l'après-midi de rêve que j'ai passé.
On a dansé...

On a fait des batailles d'oreiller...
C'est drôle, autant ça m'énerve les batailles d'oreiller avec Makoto, autant je me suis amusée comme une petite folle.

Avec Adam, tout prenait une autre dimension. Même un match de ces cons de Lamas à la télé
- WWWWWOUAIS ! BUUUUT !

Et puis on s'est regardé un film d'amour en se tenant la main. C'était trooop romantique !
Le problème, quand on voit pas le temps passer, c'est qu'on se rend pas compte que l'heure tourne. Et c'est en voyant se profiler le tacot de Makoto que j'ai réalisé qu'il était 18 heures passées.

Je me suis souvenue de sa crise quand il m'avait retrouvée en nuisette après mon rendez-vous avec Christian. S'agissait pas qu'il me rejoue le même film.
- Adam, je file mettre une tenue convenable et on passe à table. Il y verra que du feu.
- No problemo ma choute, je m'occupe de la salade
Il est vraiment trop ce mec !

Par chance, Makoto rentrait du travail avec une promotion.
Normalement, ça devait le mettre de bonne humeur.

Normalement, oui. Mais là, non !
- J'EN ETAIS SÛR ! J'y ai pensé toute la journée, et je te prends la main dans le sac !
- M'enfin Koto, calme-toi ! Il s'est rien passé, je vais t'expliqu...

Il m'a gifflée !
Je le crois pas. Il a osé me giffler !
Alors là, mon petit père, tu peux commencer à numéroter tes abattis !
28 avril 2009
V9. Tel est pris...

- T'as osé me giffler, Makoto ! On faisait pas de mal ! On a juste passé un bon après-midi et toi, tu débarques, remonté comme un réveil, et tu me sautes dessus sans AUCUNE raison ! Tu vas me demander pardon tout de suite ! Allez, j'attends tes excuses !
- C'est vrai ma douce, je me suis énervé, j'aurais pas dû.
- Ca non ! T'aurais pas dû !

- Mais aussi, mets-toi à ma place. Je te retrouve en plein rendez-vous avec mon pote tout frais de ce matin, qu'est ce que tu voulais que j'en pense ?
- Depuis quand on te demande de penser Makoto ? Je te l'ai déjà dit, ça te vaut rien. Chaque fois que tu penses, tu penses tordu.
- Bon-ben... les enfants, je crois que je vais vous laisser, là.
- Non Adam, toi tu pars pas ! On est en plein rendez-vous, je voudrais pas que tu restes sur une mauvaise impression.
Ah, il m'avait giflée pour rien, l'abruti. Ben j'allais lui donner des raisons de m'en vouloir. Ca, je te garantis qu'il allait me le payer !

- Tu viens, Adam ? On part en ville.
- Avec plaisir, chef ! Ca devient malsain par ici.

Je l'ai emmené au restaurant végétarien, un des meilleurs établissements de la ville, où nous avons été reçus par LE maître d'hôtel en personne.
- Bonsoir, monsieur-dame. Vous avez réservé ?
- Heu... Non, c'était pas trop prévu. Mais si vous pouviez quand même nous donner une bonne table...
- Pour vous, madame, je veux bien faire une exception et vous placer à notre meilleure table. Ca ne peut qu'être bénéfique pour notre établissement. Votre beauté devrait attirer le client. Charmant, ce maître d'hôtel ! Moche, vieux, mais charmant !

- Je suis vraiment désolé, Gara. Je m'en veux d'avoir semé la zizanie dans ton ménage.
- T'en fais donc pas pour ça, Adam. Makoto, je le connais bien. Quand je rentrerai, il saura plus quoi faire pour se faire pardonner. Mais il a dépassé les bornes, t'es bien de mon avis ?
- C'est vrai qu'on faisait rien de mal. Ca doit pas marrant pour toi, d'être mariée avec un jaloux.
- A qui le dis-tu ?

- Mais puisque que j'ai payé d'avance. Je vois pas pourquoi je me priverais d'avoir une petite aventure. T'en dis quoi, Adam ?
- De ?
- Heu... pardon mademoiz-madame, je cherche les toilettes. Sauriez pas où elles se cachent ?
- Au fond du jardin, à droite ! Pff, je te jure, ces vieux et leurs envies de pisser! Tu... tu veux peut-être y aller aussi, toi, Adam ?
- Ben... ce serait pas de refus.
- Ok, j'ai un peu tendance à oublier ton âge.

- Tu me rejoins dans la voiture, on va aller squatter ailleurs !
Comme il dirait: ça devient malsain par ici. Y a trop de vieux ! Et pas que des vieux intéressants. Quand je disais qu'ils ont le chic pour se pointer quand on les voudrait pas.

On a fini la soirée dans un bistrot de Belladona où on risquait moins de faire de mauvaises rencontres.
- J'ai passé la meilleure soirée de toute ma vie, ma choute. Rapelle-moi surtout, rappelle-moi. J'attendrai ton appel jusqu'à ma mort, vissé au pied du téléphone.
- Jusqu'à ta mort ? Ne dis-donc pas n'importe quoi. J'espère bien qu'on se reverra avant.
- Si seulement, t'étais pas mariée. Toute ma vie, j'ai attendu de rencontrer une femme comme toi.
- Mariée ? Oh-mais c'est pas grave ça, Adam. Ca devrait pouvoir s'arranger.

On s'est quittés sur un tendre baiser et, pour la première fois depuis des siècles,
j'eus le sentiment qu'il s'en faudrait de peu pour que je retombe vraiment amoureuse.
J'étais sur un petit nuage, en arrivant à la maison. Et là... je repris brûtalement contact avec la dure réalité : Pour la première fois depuis notre rencontre, Makoto n'avait pas débarrassé la table !

Mieux que ça ! Il avait fermé la porte de notre chambre à clé. Mais s'il se figurait que j'allais le supplier de l'ouvrir, il se fourrait le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule. Ca me tuerait pas de passer la nuit sur mon canapé à 770$ en attendant de lui rendre la monnaie de sa pièce.

J'ai été réveillée en sursaut par Makoto qui se préparait une petite salade de gésiers, en pleine nuit, en faisant un bruit de gamelles infernal de surcroît. Pouvait pas se faire crâmer un plateau télé tout prêt, le vieux débris ?

Et puis tu crois qu'il m'aurait attendue pour passer à table ?
- Ah-ben, sympa, le réveil ! Tu pouvais pas faire un peu plus de bruit ?
- Groumf, groumf
- Makoto ! Je te cause ! Et puis ça te prend souvent, de fermer la porte à clé ? Je t'avertis que j'ai pas l'intention de passer toutes mes nuits sur le canapé. Si tu veux absolument faire chambre à part, moi j'y vois pas d'inconvénient. Mais tu me laisses le lit et TOI tu dors sur le canapé !

Et là, vous savez ce qu'il me sort ? J'y crois pas !
- Parce que tu crois être encore en position de me donner des ordres ? A partir de maintenant, Si y en a un qui donne des ordres, c'est moi ! Et t'as intérêt à filer doux, ma petite ! J'y aurai mis le temps, mais je vois enfin clair dans ton jeu !

In-croy-able !
Mais le pire, c'est qu'il avait bien vu clair, le bigleux.
- Dire que j'étais assez bête pour penser qu'avec le temps tu finirais bien par m'aimer. Mais j'ai tout compris : Y a que mon fric qui t'intéresse et la seule chose qui te retient c'est l'idée de l'héritage ! T'es là, comme un vautour autour de ma vieille carcasse en attendant que je crève. Maintenant t'as le choix : Soit tu reprends ta liberté en faisant une croix sur le pactole, soit tu restes et t'as encore une chance, -minime, je te le cache pas-, de me faire oublier tout ça. Mais je te préviens : Je tolèrerai plus le moindre écart. A partir d'aujourd'hui, plus de sorties ! Tu t'occuperas du ménage et de la vaisselle comme doit le faire une épouse attentionnée. Tu me mitonneras de bons petits plats. Finies pour moi, les pâtisseries cramées !

- Quant-à ce faux-frère d'Adam Rétignol, tu peux le prévenir : Qu'il se repointe PLUS JAMAIS ! Et je voudrai pas savoir si vous faites rien de mal ou rien de bien. Je t'en tiendrai pour responsable ! Tu m'as bien compris ? Res-pon-sable !

Je me serais reçu un satellite sur la tête, que ça n'aurait pas été pire. Toutes ces journées où j'avais tout supporté : ses ronflements, sa jalousie, sa... bon, d'accord, j'avais pas grand chose à lui reprocher à part son âge. Mais échouer comme ça, si près du but alors qu'il avait passé les 69 ans et que s'il mourait maintenant, il me considèrerait comme son ennemie et qu'il me déshériterait, c'était... non, c'était pas envisageable. Me restait plus qu'à le choyer, le dorloter, lui faire oublier mes incartades et espérer qu'il mourrait heureux en bénissant le ciel de m'avoir eue pour épouse. Pourvu qu'il vive encore assez lontemps. Qu'on redevienne amis, -à défaut d'être amants-, et qu'il révise ses dispositions pour l'héritage.

- Oh, mon Koto, si tu savais comme je regrette ! C'est vrai, j'ai pas toujours été très gentille avec toi...
- C'est déjà beau de le reconnaître
- J'étais folle de pas me rendre compte de la chance que j'avais. T'as toujours été un si bon mari, si prévenant, si attentionné, si... (si quoi ?) ... si beau !
- N'en rajoute pas, tu veux !
- Mais-si, Makoto, pour ton âge, -et pour avoir cherché longtemps mieux, mais ça j'allais pas l'avouer- t'es encore très bien, je t'assure !
- Mouaif... admettons !

Et Adam qui se doute pas du drame qui se déroule à la maison et qui vient me déposer mon premier vrai beau cadeau de rendez-vous. Quand je disais qu'il était pas comme les autres, celui-là. Heureusement que Makoto l'a pas vu, et pour la télé... on lui dira que j'avais passé commande aux 3Sims.
29 avril 2009
V11. Bingo !

M'énerve ! Qu'est ce qu'il m'énerve ! Regardez-le, non-mais, regardez-le un peu avec son prisme platine que je dois entretenir en faisant ses quatre volontés dès qu'il commence à virer doré. 71 ans, et toujours solide, le vieux. Frais comme un gardon ! Je sais pas ce qui me retient de l'envoyer faire un tour chez Misky ou Mister Yoshi, ou tiens chez Parker-la-sadique ! Ils savent comment se débarrasser des parasites, eux ! Si c'était pas l'idée de toucherle gros lot le jour béni de l'héritage... tiens, à ce sujet...

- Dis-donc Koto, tu devais pas inviter ta Jeannine ?
- Si-si
- Namého qu'est ce que t'attends ? Appelle-la !
Et je compte sur toi pour tout faire pour qu'elle débarrasse le plancher.

- Salut Jeannine ma vieille copine !
- ...
- Nan-nan pas mort ! Toujours pas.
- ...
- Perdu ! Pas les extra-terrestres non plus !
- ...
- Oui, je sais bien... Mais maintenant elle veut bien que je t'invite. Alors rapplique ! On a plein de choses à se raconter depuis le temps.

- KotoOO ! N'oublie pas que le but du jeu c'est de perdre son amitié. Pas de lui raconter ta vie ! Et n'oublie pas que je te surveille !
- Rha, mince ! J'ai failli l'oublier dis-donc !

- Ben alors Makoto ? Je te croyais mort ! On se demandait tous si t'avais...
- Rha, mais qu'est ce que vous avez tous après moi ? Je suis pas mort, JE VAIS BIEN, LA !
J'ai encore le droit d'avoir une vie privée !

- Ben ça va Makoto, te fâche pas ! C'est parce que tu donnais plus de nouvelles, alors forcément, on s'inquiétait
- Hé-ben vous aviez tort ! Moi non plus j'avais plus de nouvelles, est ce que je m'inquiétais ? NON ! Alors, faites-comme moi, OUBLIEZ-MOI !

- Mmm, toi Makoto, ça va pas bien. Je te reconnais plus, là. Qu'est ce qui t'arrive ? T'es malade ? C'est ta femme qui déteint sur toi ?
- T'occupe pas de ma femme ! Y a juste que je veux plus qu'on me considère comme un bébé ! Je suis MAJEUR et pas d'hier ! Alors cessez de me harceler ! Tout ce que je veux, c'est vivre en paix avec ma femme. Nous deux et rien que nous deux. Pas trois, pas quatre, DEUX !

- Un ventrilo-pet et une bombe à eau plus tard...
- Mais-heu ! Je sais plus quoi inventer moi, ma douce. Elle veut pas comprendre ! Elle croit que je fais tout ça pour l'amuser et elle rigole comme une baleine ! Au lieu de faire baisser les relations, elles augmentent !
- Essaye la poignée de main électrique, c'est radical !

- TU VAS COMPRENDRE ? EST CE QUE TU VAS FINIR PAR COMPRENDRE ?
- AYEU ! MAIS AÏE ! Arrête Makoto, c'est plus drôle ! Ca fait un mal de chien ce truc là !

- T'as compris ? Est ce que t'as bien compris ?
Parce que si t'as pas compris, je recommence !

- MAIS T'ES COMPLETEMENT MALADE ! Si t'es malade, faut te faire soigner ! En tous cas, j'ai compris, je m'en vais. ADIEU, Makoto !
- C'est ça, casse-toi Jeannine !

- Aaaah ! J'ai quand même fini par y arriver. Je vais pouvoir dormir tranquille. Ca y est, ma douce, j'ai plus d'amis ! T'es contente ? Qu'est ce qu'on va être heureux, tous les deux ! On pourrait peut-être s'offrir un petit voyage en amoureux ? Hein-dis, ma douce ? Qu'est ce que t'en dis ?

- J'en dis... mais bien sûr, mon Koto, on va t'offrir un petit voyage -et même un grand ! Seulement moi, je vais pas pouvoir t'accompagner, parce que j'ai entrepris de piquer des rideaux pour toutes les fenêtres de la maison. C'est pas grave si tu pars tout seul, hein mon Koto ? Tu t'amuseras bien quand même ?

- Beuh... nan, si tu viens pas c'est plus drôle. Moi c'est avec toi, que je veux partir. Sinon, je pars pas !
- Mais-si, mais-si, tu vas partir ! Tu vas t'amuser, tu verras. Tu vas pouvoir danser le hula, avec des jolies filles...
- Tu veux dire, la rumba ?
- Mmmoui, la rumba, si tu préfères. Alors, mon Koto, qu'est ce que t'en penses ? Tu te décides à partir, oui ?
- Je sais pas. Je demande à réfléchir.

- Rha ! Tu sais que t'es pénible quand tu t'y mets ? Qu'est ce qu'il a qui te plait pas, le programme ? Ben tiens, avant d'aller te coucher, va-donc vider la poubelle, ça t'occupera ! Moi j'ai mes ourlets à finir.
C'est pas possible ! J'en verrais donc jamais la fin ? Et va-z-y qu'il dure et qu'il dure ! Compte pas mourir centenaire, quand même ? Manquerait plus que ça. Je vais avoir l'air de quoi, moi ? Gara, la killeuse de vieux qui les fait mourir à petit feu. Mais alors tout petit-petit, le feu !

Je serais toi, Gara, je serais pas si pressée de le voir partir. Mon petit doigt me dit qu'il lui reste encore une dent contre toi. Enfin... façon de parler.
(Midi 10).

73ans
Je suis trop déprimée ! Y a de quoi, franchement. Croyez que c'est agréable de l'entendre claironner que cette semaine a été incroyable et qu'il espère que la prochaine sera encore meilleure ? Mais qu'est ce qu'il attend pour partir ? Y a longtemps que sa valise est prête. Ho, la faucheuse ! Ca y est tu peux venir, il est mûr ! Et qu'est ce qu'il va encore m'inventer après la guitare et le piano, pour rester de bonne l'humeur, l'imbécile ?

Et enfin, quand j'y croyais plus.
Mm-mais ! C'est pas vrai ! Il s'est quand même débrouillé pour léguer quelque chose à Jeannine ! Rha ce Makoto, quel menteur !
1er mari : Makoto Duquesne
Emménagement : 17 000
Héritage : 20 000
