11 avril 2007
Pauvre cruche !

Âmes sensibles, passez votre chemin, cette histoire n’a rien d’un conte de fée quoique puisse en penser Elhamas Souhassou, pauvre victime d’une sadique patentée.
Nan-nan, c’est pas moi la sadique, c’est Parker Jones, la créatrice machiavélique de ce défi insensé : le challenge de l’arbre à simflouzes dont vous pourrez trouver les règles sur le forum de Sims Agora.
Pour le moment, elle ne se doute de rien la pauvrette qui rêve d’or et de richesse dans ce terrain verdoyant sous les rayons matinaux d’un beau soleil d’été.

Il est temps de la tirer de la torpeur qui la guette. 100 mètres
- Psst, Elhamas
- Vi ! De qui-de quoi ? On me parle ?
Vous remarquerez son air nunuche. Fallait bien ça pour croire qu’elle allait faire fortune avec un seul arbre à simflouzes et 50 $ comme mise de départ. Mais si on n’y croyait pas, on serait pas là, ma grande. A défaut de fortune… la gloire, ça t’irait ?
Enfin… je sais pas trop si j’aurais pas dû la choisir moins nunuche quand même, ma challenger.
- Elhamas, regarde derrière toi : un terrain communautaire, ma belle. Même pas besoin de téléphone pour t’y rendre, je clique dessus et comme par miracle, un taxi surgit de nulle part pour t’emmener

- Elhamas, un homme ! File le divertir en vitesse.
- Pourquoi ? Y peut pas se divertir tout seul ? C’est pas les distractions qui manquent sur ce terrain pourtant à ce que je vois.
- Tu fais ce que je te dis et tu discute pas autrement, on est pas sortis de l’auberge. Tu le veux ton arbre à simflouzes ?
- Ah ben oui. Il est où ?
- Au bout du rendez-vous paradisiaque que tu dois décrocher ma grande. Alors, hop ! Pas de temps à perdre.

Mauvais choix, elle ne lui plaît pas : Il n’aime que les grosses.
Chacun ses goûts, mais celui-là on s’en serait bien passées toutes les deux.

En voilà un qui te trouve canon. Mais bof, Laurent Marquès…
- Ben quoi ? Pourquoi tu dis bof ?
- Parce que, tu pourrais peut-être trouver mieux. L’est pas terrible physiquement, je trouve.
- C’est pas toi qui disais que fallait faire vite ? Et puis moi je le trouve beau gosse.
- Ah-oui ?? Ben te gêne pas. Fonce, ma belle.

- Ouarf-ouarf, elle te trouve pas terrible, l’autre. T’aurais vue l’horreur qu’elle voulait me refourguer. T’es quand même mille fois plus beau.
Mille fois ???
Bon, j’ai rien dit.

Hannan-nan, tu vas pas l’inviter à manger au restaurant alors qu’il y a des tables de pique-nique et des barbecues gratis à 2 mètres
Pauvre crétin !
Gagner de l’argent, jouer aux échecs et faire un tour dans l’électrosphère… c’est des désirs pour un rendez-vous, ça ?!
- Ben quoi ?? Pourquoi tu dis : « pauvre crétin » ? Moi aussi je veux gagner de l’argent et puis aussi prendre une photo avec lui et acheter de nouveaux vêtements.
Je rectifie : PauvreS crétinS !

Après une amorce de partie d’échecs et un rendez-vous terminé en eau de boudin, genre : « C’était pas trop mal, on pourrait peut-être se revoir »…
- Sentaient super bon mes hot dogs, T’as pas remarqué ?
Moui… j’ai surtout remarqué que t’arrêtais pas de crier famine au lieu de t’occuper de Laurent. Je suis sûre,-sûre que t’as même pas assez de points d’aspiration pour t’offrir ton arbre à flouze.
- Pas grave. Je sais comment me faire plaisir.
Ah-oui ???

Prendre une photo à 10 $ ! Si t’en as que des comme ça…
- Ha-nan ! J’aimerais aussi gagner un point de créativité.
- COMMENT tu veux le gagner ton point de créativité ? Gourdasse !
C’est pas vrai ça ! Je croyais pourtant avoir pensé à tout : t’as une piscine, un étang, un flipper, une piste de danse, des échiquiers, des bains à remous, une électrosphère… que sais-je encore ?
- T’as pas pensé au piano ?
- NAN ! J’ai pas pensé au piano, nan ! Mais demain, t’auras droit à TROIS chevalets si tu veux… des fois qu’un autre taré dans ton genre veuille se prendre pour Renoir. Ah et puis aussi, je t’avertis : plus de photomaton. Disparue la cabine de photomaton !
T’as de l’argent à perdre, mais pas moi !

Allez au travail !
Essaye de me décoincer Abdel Bailly et de lui soutirer un rendez-vous.

- Vous êtes très charmante mademoiselle, mais pas du tout mon genre, voyez !
- C’est pas grave. On peut pas plaire à tout le monde, pas vrai ?
- On peut être amis si vous voulez, mais surtout-surtout : pas de rendez-vous.
- C’est très gentil, Abdel. On pourrait continuer à discuter encore et encore...
NAN ! STOP !! On arrête les frais ! Cherche une autre poire pour ta soif !

Une petite douche chaude, ça fait du bien. 100 mètres
Surtout quand on commence à puer le chacal à

Ah voilà qui est mieux ! Lui au moins, tu lui fais de l’effet.
Je sais bien que tu commences à être fatiguée ma belle,
mais faut savoir ce qu’on veut dans la vie.
Tu le veux ton arbre à flouze ou pas ?

Grrrrr ! T’as des désirs ruineux. Ruineux et obsessionnels.
- Ouais, mais t’as pas vu la photo délire qu’on s’est faite ?
Nan, je l’ai pas vue et je veux pas la voir. Elle finira dans ton inventaire, toute façon… Tu pourrais pas avoir des désirs plus… NORMAUX !
- Normaux ??? C’est quoi des désirs normaux ?
Embrasser, draguer, enlacer… tiens : faire une bataille d’oreillers. Grand Sim sait si d’habitude ça me tape sur les nerfs, mais là tu vois, ça me ferait plaisir.
Tu veux pas essayer de me faire plaisir ? S’il te plaît Elhamas (ton geignant-suppliant à fendre l’âme).

- Woah ! Danser, ça, ça m’éclate !
Et danser un slow, ce serait pas mieux ?
- J’ai pas l’option.
- Ca présage mal !

De retour chez soi. Il fait grand jour, l’heure s’est figée au clocher.
Tu peux être contente, même si c’était pas le paradis, ton dernier rendez-vous était top. Ca te permet de récolter royalement 40 $.

Je le sais bien que t’as sommeil !
Si t’avais été moins cruche, t’aurais pu t’offrir un fauteuil. Mais 40 plus les 30 qui te restent…
Grrrr, je sais pas ce qui me retient de te ficher des baffes.

- J’ai envie de dormir !

Hé-ben, dors !
Admirez au second plan la rose rachitique offerte par ce radin de Laurent.

40 simflouzes après…
On est pas mieux là pour dormir ?

80 simflouzes après (désir de gagner 100 $ réalisé).
De mieux en mieux !
Enfin… faut le dire vite. C’est un peu rouge comme prisme quand même.
Qu’est ce qui va pas, ma cocotte ?

Ah-oui, je vois le problème !
12 avril 2007
2. La symphonie du lapin rose

Ca va mieux, nan ? T’as pas l’air en super-super forme. Tu t’es pourtant « soulagée », t’as pris ta douche et maintenant tu vas déguster ces succulents hot dogs. Alors pourquoi tu fais cette tête ?
- Sont pas succulents, sont cramés !
Tu ne t’en prends qu’à toi, ma chérie. Fallait les surveiller au lieu de râler que t’étais fatiguée.

Ah-mais devine qui vient de faire son apparition : Ce cher Laurent !
(Passe sa vie sur le terrain communautaire celui-là, c’est pas possible).
Allez, puisque t’es bien du corps et que tu veux jouer aux échecs - maintenant qu’il y a des chevalets- invite-le donc pour une petite partie. Je sais qu’il adore ça.
Comment je le sais ?
T’occupe !

Aaaallez, on l’invite pour un rendez-vous.
- Meuh je suis fatiguée, moi !
- Je sais ! Mais dois-je te rappeler le montant de ta dernière collecte ?
UN simflouze !
T’avais qu’à avoir d’autres désirs que d’acheter un frigo, des toilettes, une douche ou gagner une montagne d’argent, tu serais restée dans le doré.

Quel casse-pieds ce Laurent, je comprends pourquoi il vient sur le terrain au chant du coq : c’est un fana de sport. Dès qu’il a une minute… - et il en a parce qu’Elhamas n’arrête pas de se plaindre de sa fatigue – il file faire sa gym. Faut lui courir après sans arrêt. Déjà qu’elle est « au bord de l’évanouissement » comme ils disent.

- Où il est encore passé ?
- Dans sa salle de gym préférée. Dépêche-toi d’aller jouer avec lui, le rendez-vous paradisiaque qui t’aurait permis de te retaper va encore te filer sous le nez.

- Il s’en va ! J’ai fait ce que j’ai pu pour le retenir, mais il part quand même !
Bien sûr, t’as fait ce que t’as pu avec tes éternels je suis fatiguée, j’ai envie de dormir, je suis crevée, j’en peux plus… tu veux que je te dise Elhamas ? T’es un vrai bonnet de nuit. M’étonne pas que Laurent en ait assez. Et le rendez-vous paradisiaque ce sera pour un autre jour.
Peut-être.

C’est soit-disant crevée mais ça veut faire la maligne dans l’électrosphère quand même !
On ne va tout de même pas te priver de réaliser ce rêve alors que t’es tout à côté.

Là ! T’as pris ta gamelle, t’es contente ?
Pendant que tu récupères – trop lentement à mon gré – la nuit va laisser place à l’aurore sur le terrain. Au fait, as-tu remarqué l’adresse ? 3, rue du Désespoir, c’est comme qui dirait prémonitoire, nan ?
Enfin, je t’évite une grosse déception en enfournant dans ton sac à dos le bonzaï bleu et le lampadaire rave-party que t’ont offert tes prétendants à une minute d’intervalle.
Tu remarqueras qu’il y en a un légèrement moins radin que l’autre.
Devine lequel ?

Le réveil est dur. Prenons l’air innocent :
- Quelque chose qui cloche, chérie ?
- Je crève de faim ! Ca se voit pas ? J’ai rien croûté depuis les hot dogs et ça remonte à hier soir.
- Oui-mais, on est pas si loin d’hier soir, on est à peine ce matin, ma chérie. Et puis, il n’y a pas que l’appétit qui ne va pas. Pourquoi tu me fais une fixation là-dessus ?

- M’en fiche, j’ai faim ! J’ai hyper faim ! C’est ça la vie de luxe que tu m’avais promise ? Je devais rouler sur l’or, soit-disant.
Avant de rouler sur l’or, faudrait déjà que tes récoltes soient… disons un peu plus juteuses Parce que 1 $, plus 1 $, plus 1 $… je sais bien que Paris ne s’est pas faite en un jour, mais quand même, ça craint !

- Ca valait bien le coup de me réveiller à tout bout de champ pour si peu !
A qui le dis-tu ?
Bon ! Si t’allais te retaper sur le terrain communautaire au lieu de pousser tes jérémiades ?

- Beuwark ! Ils sont encore cramés !
C’est de ta faute, t’arrêtes pas de te plaindre en faisant des grands gestes pour sourds et malentendants au lieu de les surveiller. Qu’est ce qu’il y a ENCORE qui va pas ?

Fatiguée ? DEJA ?! Mais t’as juste eu le temps de faire pipi, de prendre ta douche et de manger.
T’es une vraie marmotte, ma parole !

Moi je trouve que tu vas nettement mieux. T’es plus dans le rouge là, t’as remarqué ?
- Pfff ! Je vais encore me taper la sieste sur cette chaise longue en plastoc. Quand est ce que j’aurai un VRAI lit ?
Faut répondre ?
Psst Elhamas , cache ta culotte ! Y a des escargots qui ne voient plus que ça.

Heureusement, parfois le hasard a pitié de nous et la cueillette rapporte les 40 $ auxquels on est en droit de s’attendre. Avec cette manne j’ai pu lui offrir une magnifique banquette : Energie 2, confort 5 au lieu de l’énergie 1 du transat.
Mais mademoiselle n’est pas contente.
- C’est quoi cette horreur de banquette ? Ha-nan-nan, tu me feras pas coucher là-dessus.

Plus têtue que ça, tu meurs !
Bon ! Quand tu te relèveras des pommes dans lesquelles tu te complais à tomber, tu accepteras peut-être de tâter de la banquette.

Elhamas ! Hé ! Elhamas ! Un gentil toutou est venu te rendre visite. Tu vas pouvoir jouer avec lui et remonter d’un trait ta barre de distraction et ta barre de relations sociales, toutes deux pas jolies-jolies à voir.

- J’en ai rien à fiche du clébard !
J’AI FAIM ! J’AI FAIM ! J’AI FAIM !
Sur quel ton faudra te le dire ?

Bon ! Tu l’as voulu, tu l’as eu !
Un joli lapin social qui te coûte 10 points de malus a remplacé le gentil toutou à l’aube de ce mercredi. Ha-nan, mais c’est ça quand on est têtue comme une bourrique : On attire toute l’arche de Noé.
- Pourquoi tu parles d’arche de Noé ? C’est bientôt le déluge ?
Ca se pourrait.

- Pourquoi tu fais encore la tête Elhamas ? Ils sont pas cramés cette fois, tes hot dogs.
- Sont pas cramés, sont trempés !
Jamais contente à ce que je vois.
- Et zou ! du balai le lapin social. Je l’ai assez vu celui-là.
Tss tss, Elhamas, t’es à la masse ou quoi ? Il était là pour te distraire. C’est TON AMI, - imaginaire peut-être, mais ton ami quand même.
- C’est pas demain la veille que je copinerai avec un lapin. Nan-mais tu m’as mal regardée ? La raclée que je lui ai collée ! J’ai d’autres amis, figure-toi.
Te voilà bien avancée !
Mais… DEUX murs dis-donc ! Comment tu t’y es prise pour le flouze ?
- Et mon rendez-vous avec Laurent, tu l’as oublié ? Même si c’était pas le paradis, c’était quand même pas si mal. D’ailleurs, c’est quand le prochain rendez-vous que je me retape ?
J’ai pas de conseil à te donner puisque t’en fais qu’à ta tête. Mais je commencerais par me retaper D’ABORD.
18 avril 2007
3. C’est encore loin l’Amérique ?

Alors, ça y est ? T’es retapée ? Tu l’as quand même invité, ton Laurent ?
- Retapée, retapée… faut le dire vite ! J’ai un peu plus d’énergie mais pour le reste…
Bon ! Pour le reste, on s’arrangera.

Danser un slow, en voilà une bonne chose : distraction plus vie sociale, plus points d’aspiration. Ca va mieux ?
-Nan !

Nan ?? T’as ENCORE quelque chose qui cloche ?
- J’AI ENVIE DE FAIRE PIPI ! J’ai même pas le droit de faire pipi ?
Si tu m’avais payé des toilettes au lieu de construire des murs !
Rêve pas ! Deux murs ça coûte moins cher que des toilettes.
Laurent Marquès, un peu de galanterie que diable ! On l’a vue la fumée verte. On le sait qu’elle pue.
Hé-ben voilà ! T’as plus envie. Tu te sens soulagée ma grande ?
- Pfff ! Et en plus, ça se croit drôle.

Hé-hé ! Encore battu à la course à l’oseille, Laurent !
C’était bien la peine de passer ton temps à t’entraîner à courir comme un dératé sur le tapis roulant mécanique.

Mince, v’là la flotte ! Ces orages de fin d’été sont vraiment catastrophiques. Pourvu que t’ailles pas te faire foudroyer en plus.
Laurent se rappelle qu’il a une chose urgentissime à faire. Encore un rendez-vous paradisiaque qui tombe à l’eau.

Si tu te réchauffais avec un bon chocolat chaud ?
QUOI ?! Il te plaît pas le plan de travail ? Faudrait pas jouer les difficiles non plus.
Bois ton chocolat et cesse de te plaindre !

Psst Elhamas, t’as de la visite !
Mais qu’est ce qu’elle se figure cette voleuse ? Y a rien à voler chez toi puisque t’as rien à part le canapé usé, élimé, éventré sur lequel tu dors.
Qu’importe, elle te piquera tes bouquets.

Magie des soirs d’été.
Regarde bien Elhemas : t’as vu la couleur du prisme ? C’est un peu rouge nan ?

Ben ça l’est plus !
Enfin tu le tiens ton rendez-vous paradisiaque !
Même s’il a fallu payer de ta personne, ça valait le coup.
Te voilà tirée d’affaires à présent, t’as enfin retrouvé le sourire.
- Ouais et mes hot dogs… super !

Ce jeudi matin, Elhemas a eu le plaisir de se réveiller dans un vrai lit.
Je suis pas sûre qu’elle ait eu le temps de l’apprécier à sa juste valeur en rentrant du terrain communautaire, pas certaine qu’elle se soit bien rendue compte de sa chance, exténuée comme elle l’était.

Et un vrai petit déjeuner chez soi, c’est pas beau ça ?
Un conseil Elhemas : t’attache pas trop à ce frigo, il laissera bientôt place à des toilettes. Heu…t’y attache pas trop non plus, c’est du provisoire tout ça.

On n’a pas encore les moyens de s’offrir une douche, mais aller sur le terrain communautaire rien que pour ça… T’es comme moi Elhamas ? On commence à en souper du terrain communautaire, on l’a déjà que trop vu celui-la.
Allez, n’aies pas peur d’user la savonnette et n’oublie pas de frotter derrière les oreilles !

Elle prend le temps de tailler une bavette avec Daphnée, la factrice. Au moins, quand elle sera en manque de contact humains, elle pourra toujours compter sur elle au téléphone. En dehors de sa tournée du matin, elle fout royalement rien la Daphnée. Pas
Et pis t’as vu Elhamas ? Laurent a renouvelé tes bouquets de fleurs. La voleuse aura encore de quoi piquer si jamais elle repasse par là.
Ca va Elhamas ? Tu t’organises ?
- Moui… j’apprends la mécanique avec un bouquin que j’ai trouvé dans la bibliothèque provisoire assise sur mon fauteuil provisoire.
Ca roule ma poule !

Brave Laurent, on le sonne, il accourt !
Si seulement il n’avait pas toujours des idées bizarres pour pimenter ses rendez-vous. M’enfin… on peut pas tout avoir. Il est disponible, c’est déjà ça.

Hé-hé ! Encore battu !
Elhamas qui a rempli son désir de gagner 500 $ s’attaque à présent à gagner 1000 $.
Y a encore de la marge, j’aime autant vous le dire.
- C’est l’automne ! T’as vu les feuilles ?
Qu’est ce que tu fiches encore sur le terrain communautaire, toi ? T’as tout ce qu’il faut sur ton terrain maintenant. Enfin… pas tout en même temps, mais successivement.
- Nan, pour draguer ici c’est mieux.

Je lui offre le restaurant avec Laurent. On lui devait bien ça.
Et puis c’est la fin d’une semaine de galère totale. Ca se fête, nan ?
4. T’as vu ? Il neige !

Elhamas fait des mots croisés, c’est dire si elle est en forme.
En deux lettres : Il brille de tous ses feux.
- Soleil ? Hannnan, ça fait pas deux lettres. Ben alors, je vois pas.

On salue le premier-venu qui passe, et on se fait une petite bataille de bombe à eau pour se rafraîchir.

Mais le clou de la journée, c’est avec Laurent qu’elle reçoit « at home » dans un lit à deux places s’il vous plaît. Encore un rendez-vous paradisiaque dans l’air.

Si seulement tu pouvais arrêter de gémir chaque fois que je revends un truc. En plus, je te signale que tu manges gratis et que tes factures sont de 12 $. Alors, de quoi tu te plains ? Laisse-moi gérer tes finances en conseillère avisée.

Fiançailles avec Laurent.
T’es contente Elhamas ? Depuis le temps que tu me tannais avec ça. J’ai tenu bon tant que j’ai pu, mais un jour faut savoir céder parce que les rendez-vous qui tournent en rond parce que mademoiselle veut : un frigo, une baignoire, des toilettes ou se fiancer avec Laurent et pas autre chose… tu me comprends.

Le lundi, pour tuer le temps en attendant de pouvoir inviter Laurent, je l’envoie pêcher sur le terrain communautaire.

Elle y restera jusqu’à épuisement, la journée passe plus vite au lit.
- C’est quoi ça, comme poisson ? On dirait une godasse.
- C’EST une godasse, gourdasse !

T’as une vraie maison à présent. Mais le bonus t’es passé sous le nez.
- Pff, y a longtemps que j’aurais pu l’avoir ! J’ai gagné plus de 1000 $ maintenant. Si t’étais pas tellement radine à pas vouloir sortir les sous.
T’occupe, je gère !

Mais… que vois-je ? C’est pas ton fiancé Laurent que t’embrasses amoureusement, vilaine ! On dirait… on dirait Jérôme Larson.
- C’EST Jérôme Larson, mon autre amour. Je voudrais me fiancer avec lui maintenant ou alors… ou alors me marier avec Laurent, au choix !
Pauvre girouette !

T’es drôlement bien installée, dis-donc !
- Moui… faut pas se plaindre. Ca manque un peu de lumière tout ça, de tapisserie, de moquette, de fenêtres…
C’est une maison ? C’est le principal ! Même si elle est un peu petite, ça t’évitera de mourir congelée.

Mercredi
- Woah, il neige ! T’as vu ? T’as vu ? Il neige !
- Oui-oui il neige. Va vite t’abriter dans ta petite maison au lieu de me choper un rhume. Après c’est qui encore qui devra te soigner ?!

Jeudi
Les chiens errants, quelle plaie ! Faut qu’ils lui défoncent son terrain.
Ca va Elhemas ? Tu t’en sors ?
- Si jamais j’attrape ce loup blanc, je lui file une volée dont il se souviendra longtemps, crois-moi ! J’ai autre chose à faire que de remplir les trous moi : J’ai du ménage qui m’attend à l’intérieur.
Du ménage ? Qu’est ce que tu veux nettoyer ? T’as même pas de meubles, t’as RIEN !

Fais la sieste, ça t’occupera ! Tu veux que je te chante une berceuse ?
Ma cabane au Canada est perdue au fond des bois…
- La ferme ! J’essaye de dormir !

Rendez-vous merveilleux avec Jérôme. S’il savait tout le pauvre Jérôme…
Enfin, t’as l’air de péter la forme, c’est le principal.

Je vois pas pourquoi ton cœur balance, entre le bonzaï miteux de Laurent et le méga-maousse télescope de Jérôme, mon choix serait vite fait.
- Pfff ! Tu veux que je fasse d’un télescope ? J’ai même pas de frigo, alors…
Alors OK ! Dans l’inventaire avec les bouquets et le reste.
19 avril 2007
5. Plus dure sera la chute

Mercredi
Brrr, tu me fais geler ! Ca va Elhamas ?
T’as pas trop froid sous ta couette ?

Elhamas, c’est toi qui as invité Laurent pour un rendez-vous ?
- Ben-oui, tu m’as pas dit que c’était pressé d’avoir des enfants ?
Pas à ce point là ! Tu peux quand même prendre le temps de choisir un père potable.
- Meuh quoi, il est potable !
Moi je trouve pas et puis j’ai déjà deux rejetons de lui issus d’un challenge pauvreté, les dégâts ça suffit comme ça !
- Et avec Jérôme ? Je peux ?
T’as vu le cœur rouge ? Alors, t’as le feu vert et ma bénédiction.
Ah maiiiiis qu’est ce qu’elle nous fait la factrice ? On lui a demandé de tenir la chandelle à elle ?
NAN, ils le feront pas tant que tu seras là ! Casse-toi Daphnée !
Ha-nan-nan, tu me le laisses pas filer comme ça ! Tu le ré-invites pour un rendez-vous.
Et viens pas me raconter que t’es crevée ! Le reste va bien pour une fois, alors prends sur toi !

- Il re-neige ! T’as vu ? T’as vu ? Il re-neige !
Tu vas pas me faire le cinéma à chaque fois qu’il tombe un flocon ? Il est où Jérôme Larson ? T’as réussi à conclure ?
- Nan ! J’ai pas entendu la berceuse.
QUOI ??!! PAS D’HERITIER ?!
- Et nan ! Pis remarque, c’est pas plus mal. Tu m’as pas parlé d’inviter le directeur de l’école privée ? Tu le vois d’ici ? : « Nan, je ne pense pas qu’un enfant vivant dans un tel environnement… »
Commence déjà par le faire, cruchotte ! L’école privée c’est pas pour demain !

- T’as vu ? T’as vu ? Il re-re-neige !
Grrrr !

Bon ! A défaut – et puisque t’en redemandes – tu vas me garder Laurent au chaud au cas où Jérôme serait stérile.
- On est bien contente de le trouver en roue de secours le Laurent, hein ?!
T’occupe et trace !

- Il est gentil, il remarque pas que je lui fais à chaque fois le coup du : On dîne ensemble mais c’est pour de rire. On fait juste comme si on dînerait.
Moui… toi t’appelles ça « gentil ».
- T’es bien au chaud là pour dormir, hein ma grande ?
- Il est où mon lit ? Je veux mon lit, pas ce canapé pourri !
Et tu le rentrerais COMMENT ton lit ? Explique ! C’est pas un F6 ta maison ! Même pas un dixième de F1…
- Je préfère encore coucher dehors !
Mais T’AS PAS LE CHOIX ! Tais-toi et dors !

Dire qu’il a fallu que je la réveille pour ramasser ses billets juste au moment où se pointait cet abruti de pingouin. Forcément, ça lui a pas échappé.
- Un pingouin ! T’as vu ? Dis ! T’as vu ? C’est un pingouin !
Oui, j’ai vu ! Je suis pas aveugle ! Même pas sourde… même que des fois, je me dis que je sais pas ce que je perds.

Tu fais, maintenant ?
- Je caresse le pingouin !
Je le vois bien ! Et je vois aussi que ça te fait AUCUN effet. Autant boire un verre d’eau du robinet, l’envie de pipi en moins...
ARRÊTE DE ME CARESSER CE PINGOUIN ! T’as qu’à aller petit-déjeuner à l’abri de tes quatre murs.
- Pas quatre, HUIT !
C’est qu’une expression, ma chérie.

- Ben tu vois, c’est tout petit riquiqui chez moi. J’ai à peine la place de bouger ma fourchette.
C’est de l’humour ?
- Nan, c’est la vérité. J’ai toujours peur de me taper le coude contre les murs.

OUF ! Ca repose quand elle se tait !
Avec toute sa tire-lire j’ai pu lui offrir un lit d’une place confort et énergie 3. Je la veux en forme pour le crac-crac-surprise. Je le changerai pour un lit à deux places au moment choisi.

Sauf qu’il faut s’entendre sur les choix.
- Woah ! Il re-re-re-neige ! C’est trop génial !!
Et de plaquer Jérôme pour dire ça, c’est génial ? Retourne te détendre en vitesse !

Dans les jours qui suivirent, Elhamas est allée d’interrogations en surprises.
- Serais-je enceinte ?

- Oh mon ventre grossit ! Ca veut dire quoi ?
II grossit même chaque jour davantage, comme Jérôme a pu le constater rendez-vous après rendez-vous.

Mais Elhamas est-elle prête à assumer cette grossesse ?
Elle-même est restée très gamine.

En dehors des rendez-vous, Jérôme sait se montrer discret.
Discret et reconnaissant, il ne se contente pas de bouquets de roses lui, il se fend de cadeaux royaux.
Tu me diras… pour ce qu’ils servent !

Sou après sou, billet après billet, Elhamas est en train de se constituer une jolie cagnotte. Ce lundi elle réalise son désir de gagner 15 00 $ après avoir comblé successivement tous les autres : Gagner 100, gagner 500, gagner 1000 $.
Mais la partie n’est pas gagnée.

Mardi
Quel temps de chien !
Vous me direz que je pourrais peut-être lui agrandir sa maison.
Oui-mais… non ! Vous connaissez mal Picsou.

Jérôme vient régulièrement aux nouvelles pour tirer son coup s’assurer que tout se passe bien.
- M’enfin Elhamas c’est ridicule ! Viens donc t’installer à la maison, j’ai de quoi te loger.
- Ha-nan, je dois rester ici : C’est dans le contrat. Mais c’est gentil de le proposer.
6. Un enfant de trop

La cabane maison compte maintenant 10 murs, pas un de plus. Juste de quoi dormir et faire ses petites affaires au sec. Elhamas ne se plaint pas, elle trouve même le moyen d’étudier la cuisine ou la mécanique : Ca l’occupe.

Enfin, le calvaire de la grossesse se termine en apothéose avec la naissance d’une petite fille : Aroza Souhassou qu’Elhamas est fière de me présenter.
- Alors, t’as vu ? Je m’en tire pas si mal. Le plus dur est passé maintenant.
L’espoir fait vivre.

Elhamas attache une grande importance à la décoration de sa maison. Elle rêve de tableaux, de sculptures… pour le moment elle n’est pas trop difficile : Un rien la ravit, heureusement.
- Woah génial des rubans et des cloches ! Ca devient drôlement beau chez moi.
Je me garde bien de lui dire qu’on les revendra le lendemain. Ha-mais c’est que je la connais, après elle va me réclamer un tableau qui vaut au moins… comme la chaise d’au moins 400 $ qui revient en boucle dans ses désirs. Faudrait voir à rester raisonnable, quand même !

Le jeudi Elhamas glandouille dans son cabanon en attendant que la couche soit mûre à changer.
Quand soudain…
- Mais-heuhhh ! Qu’est ce que ça veut dire ces nausées ?
Faut te faire un dessin ?
Le vendredi elle atteint son rêve de gagner 2 000 $ ce qui la met de fort bonne humeur.

D’autant que la petite Aroza fête son anniversaire, sans gâteau mais en gonflant les joues comme pour souffler les bougies.
Nan en fait, elle a tout simplement de bonnes jou-joues la bambine.

Et c’est là que je sors ma botte secrète : une baignoire !
Ah-ha ! Elle n’a toujours pas de vraie maison, mais elle peut s’offrir une baignoire, elle !
La petite va nous dispenser de sa comédie pour aller sur le pot.

Meuh ! Qu’est ce que tu nous fais Elhamas ?
C’est pas le moment de s’écrouler, tu vois pas que ta fille voudrait que tu lui lises une histoire ?
Dans la nuit, elle reçoit la confirmation des ses doutes et moi de mes certitudes, sous la forme d’un magnifique pyjama de grossesse.

Aroza laisse ta mère tranquille !
Elle a grand besoin de repos.

Mais la petite est têtue comme sa mère, et Elhamas n’est pas raisonnable.
- Je vais pas la laisser crier, elle a besoin de jouer cette gosse.
Le problème, c’est qu’elle a aussi besoin de boire, de faire pipi, d’être lavée et Elhamas est épuisée par sa grossesse, elle n’arrive plus à récupérer.
Le vendredi, après avoir réalisé son désir de gagner 2 500 $, son état de santé reste préoccupant. Voire alarmant.

Et c’est le drame : La faucheuse débarque.
Suivie par l’assistante sociale.

7. Epilogue en forme de prologue… ou bien l’inverse

La fin est proche. Je le sais, je sens la mort qui rode. Depuis deux jours je m’y prépare afin te tirer ma révérence en faisant un pied de nez à la vie. Je la défierai une dernière fois : Regarde-moi bien, je sors la tête haute avec les honneurs dus au vainqueur. Je n’ai jamais plié sous tes tortures, je n’ai jamais-jamais craqué, malgré ce que tu m’as fait subir. Je mourrai en platine comme si tu m’avais comblée, comme si, sur un coup de tête stupide je n’avais jamais mis le pied dans ce challenge insensé qui m’a privée de l’essentiel et nourrie de frustrations.

Je prendrai ma petite valise – j’ai si peu de choses à emporter : des bouquets de roses par dizaines et quatre bottes dépareillées – j’avalerai d’un trait le dernier verre du condamné et je partirai en confiance pour le club med des trépassés, bercée par le chant des Hulas. Sur ma tombe le soleil viendra jouer avec les lettres d’or de mon épitaphe :
Ci-git Hélaime Leflouze, la tante d’Amérique
à jamais regrettée par ses enfants et son éternel fiancé.
Jusqu’à ce que la mort les unisse.

Ce matin je me suis offert ce dont j’avais toujours rêvé : un objet parfaitement inutile le plus cher de sa catégorie. Toutes mes économies y sont passées. Les économies de toute une vie pour m’offrir ce fauteuil qui se transmettra dans la famille de génération en génération, comme le trône d’une dynastie. Au-dessus de mon trône dérisoire, j’ai accroché le portrait d’Adrien qui m’a toujours soutenue dans les moments difficiles. Aujourd’hui, j’aimerais pouvoir enfin lui dire : Adrien, épouse-moi, je t’aime. Je sais qu’il a attendu toute sa vie ces mots qui n’ont jamais franchi mes lèvres pour mieux me tarauder le cœur.

Je me sens si lasse, si fatiguée. Les tracas, les soucis m’ont prématurément usée. A quarante six ans mes cheveux avaient blanchi en une nuit et j’en paraissais bien soixante. Aujourd’hui que j’en compte soixante dix sept, je n’ai pas changé. Il paraît que lorsque la mort doit frapper on voit défiler toute sa vie.
Ma vie ! Il me semble qu’elle a commencé le dernier jour de l’été de mes 18 ans, quand j’ai appris la mort tragique de ma cousine Elhamas Souhassou.

Pauvre Elhamas ! Elle avait été si heureuse de nous apprendre qu’elle avait fait la une du journal avec sa tentative de relever le challenge de l’arbre à flouze. Ce n’était pourtant pas faute de l’avoir mise en garde, ses parents, les miens :
- Mais c’est de la folie, Elhamas, tu te rends pas compte ? Gagner sa vie avec un seul arbre à flouze alors que tu toujours vécu dans le luxe. Tu n’y arriveras jamais !

Têtue comme elle l’était –un défaut de famille- elle s’était récriée :
- SI ! J’y arriverai ! Mais je sais pourquoi vous me dites ça : Vous êtes jaloux ! .Jaloux, oui-parfaitement ! Parce qu’on va parler de moi partout : dans les journaux, à la télé, et que vous resterez toujours de parfaits inconnus malgré tout votre pognon : La gloire, ça s’achète pas, ça se mérite !
Et moi, du haut de mes quinze ans, j’en avais fait mon héroïne. Elle m’écrivait régulièrement, m’envoyait des photos. Je me nourrissais des épisodes de son aventure et je rêvais d’en faire autant.

- J’ai été bouleversée d’apprendre comment son rêve de gloire avait pris fin brutalement. C’était après la naissance de sa fille, quand elle s’était retrouvée enceinte une fois de trop. Tout le monde lui avait dit que c’était bien trop tôt, vu les conditions de vie qu’elle connaissait. Mais allez donc lui faire entendre raison. Elle est morte de faim et d’épuisement.
- Ca devait finir comme ça, avaient commenté mes parents. Elhamas était une brave fille, mais il faut bien admettre qu’elle avait un petit pois en guise de cervelle. Ce challenge est tout simplement impossible, n’importe quelle personne censée le lui aurait dit.
J’avais plaidé sa cause avec passion :
- Je suis sûre qu’elle aurait pu y arriver ! Si le drame c’était produit un jour plus tard, sa fille aurait fêté son anniversaire, elle aurait pu la sauver en suppliant la faucheuse. Elle n’a pas eu de chance, c’est tout.
- Tu dis n’importe quoi, Hélaime ! PERSONNE n’aurait pu y arriver. A sa place, tu n’aurais pas tenu 8 jours.
J’ai tenu… près de cinquante ans.
20 avril 2007
8. Un Nouveau départ

C’est pour leur prouver qu’ils avaient tort que j’ai atterri en ce lundi, dernier jour de l’été, sur ce terrain du 3 rue du Désespoir, rebaptisé en toute pompe 3 rue du Bonheur.
Quelle dérision !
Je m’y revois comme si c’était hier. J’ai eu une pensée émue pour ma pauvre Elhamas, et j’ai pris le taxi pour découvrir ce terrain communautaire dont elle m’avait tant rebattu les oreilles.

C’était super, tout à fait comme je me l’étais imaginé. Il y avait des tonnes de choses à faire sur ce terrain et je commençais par me faire plaisir en dansant un petit smustle.

Ensuite je suis allée me relaxer dans un bain à remous. Je n’y suis pas restée longtemps car au lieu de me rafraîchir, j’ai senti monter ma température. Il faudra qu’on m’explique un jour. Enfin il « aurait » fallu qu’on m’explique, à présent…

C’était trop tentant : Je me suis essayée à l’électrosphère et comme prévu je me suis faite éjecter. Mais ça m’a coupé l’envie et j’ai pu aller manger des hot dogs en attendant que les habitués arrivent. J’avais une furieuse envie d’inviter quelqu’un mais je n’avais encore croisé que des femmes sur ce terrain et les employés… merci bien, pour qu’ils soient toujours en train de surveiller mes faits et gestes ! C’est que j’allais passer une bonne partie de ma vie ici, moi.

Enfin, j’ai aperçu un homme. J’ai couru à sa rencontre.

Il m’a dit s’appeler Adrien Sim et après avoir papoté et échangé quelques blagues, il m’a clairement laissé entendre que je ne lui étais pas indifférente. Comme il ne me déplaisait pas non plus j’ai sorti mon attirail de charme.
Il a eu l’air d’apprécier.

J’avais d’abord pensé l’inviter au restaurant, mais comme nous avions l’air de bien nous entendre, je me suis lancée à lui proposer un rendez-vous.

Nous-nous sommes installés à une table, mais n’avions pas vraiment besoin de consommer. Pour moi les hot dogs étaient encore frais et lui n’était pas affamé. Nous-nous sommes donc contentés de poursuivre notre conversation.

Puis nous avons dansé ensemble, vainement tenté de faire une partie de foot-bag et fini par une bataille d’oreillers en règle dans la salle de musculation. Adrien m’a dit qu’il devait rentrer mais qu’on pourrait peut-être se revoir.
Après son départ, je suis allée prendre une douche, manger un dernier hot dog, et j’ai appelé le taxi pour qu’il me ramène à la maison.

J’avais largement de quoi m’offrir un arbre à flouze et j’étais sur un petit nuage. Je me suis offert un fauteuil et j’ai commencé à faire des mots croisés. Un type est passé. Le genre de type qu’il vaut mieux éviter de rencontrer. Je l’ai entendu marmonner :
- Tiens, un nouveau boudin ! Ca n’a que la peau et les os.
Ca ne valait pas le coup de relever. J’ai fait celle qui n’avait rien entendu.

Je me suis un peu assoupie et j’ai découvert avec surprise que j’avais reçu du courrier : Une lettre d’Adrien qui me fit vraiment plaisir. Comme la journée était loin d’être terminée, j’ai décidé de retourner sur le terrain communautaire.

Je n’avais pas eu le temps de me lasser des distractions mises à ma disposition,
mais j’ai commencé par prendre une douche. Nécessité fait loi.
Je me suis fait un ultime plaisir en m’entraînant aux échecs.

Je n’ai même pas eu besoin de me faire griller des hot dogs. Un client difficile avait refusé de goûter à sa salade de gésiers. Je ne me suis pas faite prier pour la manger quand le garçon m’a proposé :
- Si ça vous dit, ne vous gênez pas, de toute façon elle est payée.
Un repas gratos, ça ne se refuse pas.

Le soir même j’avais réalisé mon désir de gagner 100 $ et je commençai à rêver.
Tout me semblait si facile. Presque trop. Comment Elhamas s’y était-elle prise pour galérer comme elle me l’avait raconté ?
Je suis encore retournée sur le terrain communautaire pour ne pas me retrouver à tourner en rond avec personne à qui parler.
Points : 1

Quand je me suis décidée à rentrer j’étais au bord de l’épuisement. Je me suis offert une sieste sur un vieux canapé. Pas le grand luxe, d’accord, mais suffisamment confortable pour y passer une bonne nuit. Au terme de cette première journée, j’avais de quoi être fière de moi. Finalement, ce challenge n’avait rien de l’enfer qu’on m’avait prédit.
Mardi 2ème jour
J’ai fait des mots croisés en attendant le taxi. Je n’avais pas revu Adrien mais je sais qu’il était passé sur le terrain, pendant mon sommeil sans doute, car à mon réveil j’ai trouvé un soliflore avec une rose et un très gentil mot d’amour.

Je passe mon temps à faire la navette entre le terrain communautaire et mon propre terrain et j’étais certaine d’y rencontrer Laurent Marquès un jour ou l’autre. Elhamas m’avait rapporté qu’il passait les 3/4 de sa vie sur ce terrain. Je le reconnus aussitôt d’après la description qu’elle m’en avait faite : Un rouquin avec les cheveux mi-longs et beaucoup de charme.
Pour le charme, c’était tout à fait subjectif.
Quand je lui ai annoncé que j’étais la cousine d’Elhamas et que j’avais décidé de reprendre le challenge à mon compte, il a éclaté en sanglots.
- Pauvre Elhamas, je l’aimais tant ! Il paraît qu’elle avait une petite fille, elle m’en avait jamais parlé. Je suis presque sûr d’en être le père. J’aurais tant aimé la retrouver, vous savez pas ce qu’elle est devenue ? On m’a parlé d’un orphelinat.

Nous avons continué à parler d’Elhamas et de sa pauvre vie une bonne partie de la journée. Je lui ai appris qu’Aroza avait été adoptée par une bonne famille. Je me gardais bien de lui parler de Jérôme Larson, puisqu’il était persuadé d’être le père de la bambine. Mais il est certain que pour lui, ça avait facilité les choses. Aroza n’avait pas passé 24 h à l’orphelinat.
Elhamas m’avait parlé de ces chiens qui venaient sans cesse faire des trous dans son terrain.
Il aurait été étonnant qu’ils perdent leurs mauvaises habitudes.

Dormir pour récupérer deux grammes d’énergie, aller sur le terrain communautaire pour manger, se laver, faire ses besoins et essayer de combler quelques uns de ses désirs, c’est usant. J’en faisais la triste expérience et commençais à penser que mes parents avaient raison : je ne tiendrais pas longtemps à ce rythme.

Il m’est même arrivé d’être tellement épuisée que je ne trouvais plus la force de me traîner jusqu’au canapé. J’ai dû faire connaissance avec la bordure du trottoir et comme oreiller, j’ai déjà vu mieux

J’étais en manque de tout et particulièrement de distraction. Il fallait à chaque instant procéder à des choix cruciaux : Aller manger ou dormir ? Se distraire ou aller se laver ? Je savais que seul un rendez-vous paradisiaque pouvait mettre fin à ce dilemme. Il fallait que je trouve un homme, et vite.
9. A l'ombre de mon mur

J’étais presque certaine de retrouver Laurent Marquès sur le terrain communautaire.
Je ne me trompais pas.
Nous avons réuni nos deux solitudes.

Il s’est bien fait un peu prier pour se laisser embrasser.
- Mais-heu ! Comme vous y allez ! Vous oubliez que je suis en deuil.
J’ai quand même fini par le convaincre que ça ne ramènerait pas Elhamas
et qu’il n’y avait pas de mal à se faire du bien.

Quand nous nous sommes séparés, j’ai recouvré la raison.
Qu’avais-je fait ?
Je l’avais utilisé comme un vulgaire instrument. Je n’avais tenu compte ni de sa réserve, ni de ses sentiments.
Je me sentais sale, je me dégoûtais.

Mais ça m’aura toujours permis de finir ma nuit dans un vrai lit.
De quoi faire taire bien des scrupules.

Ce qui n’empêcha pas les remords. Je fis cauchemar sur cauchemar : La faucheuse venait me chercher et il ne restait de moi qu’une tombe de ciment gris avec ces quelques mots : Ci-gît Hélaime Leflouz, pauvresse parmi les pauvres.

Mercredi 3ème jour
Malgré une nuit agitée, je me réveillais en grande forme. Même si mon lit ne possédait jamais qu’un matelas de lattes de bois, me retrouver entre des draps frais m’avait permis de ne pas voir baisser ma barre d’hygiène à une vitesse vertigineuse et je décidai d’appeler Laurent pour lui présenter mes excuses.

- Laurent, pour hier soir tu sais… je crois que je me suis méprise sur mes sentiments. Mieux vaudrait en rester là.
Je ne crois pas qu’il m’ait suivie.
- Mais Hélaime, tu l’as dit toi-même, ça ne ramènera pas Elhamas.
Comment lui faire comprendre qu’il ne m’inspirait que de la compassion ? Surtout lorsqu’il a ajouté.
- Toute la nuit, je n’ai pensé qu’à toi. A ce que nous pourrions reconstruire ensemble.

Il m’a accompagnée sur le terrain communautaire et nous avons passé une bonne journée sans équivoque. Sauf qu’au moment de se séparer j’ai refusé de l’embrasser et là, il a enfin eu l’air de capter que je ne reviendrai pas sur ma décision. Il m’a dit toute sa déception.
- Je croyais… enfin, tu m’avais laissé entendre qu’il y avait quelque chose de fort entre nous.
- Mais IL Y A quelque chose de fort : Tu es un homme formidable, je suis fière d’être ton amie.
- Amie ? Je ne suis qu’un ami pour toi ?
- Un ami très cher, Laurent, ce n’est pas rien !
Je me suis engouffrée dans le taxi pour échapper à son regard.

A l’ombre de mon mur, j’ai commencé à étudier la cuisine. Entre-temps j’avais comblé les trous dans mon terrain et je ne quittai mon livre que pour récolter mes simflouzes et arroser l’arbre copieusement. C’était ma seule source de revenus, il ne fallait pas qu’il me lâche.

Le soir même, je retrouvai Adrien à la salle de sports. Il me dit combien je lui avais manqué et qu’il rêvait de m’embrasser langoureusement depuis que nous nous étions quittés. Comme de mon côté ce programme me séduisait, c’était un désir facile à satisfaire.

- Je suis le plus heureux des hommes, déclara-t-il, s’apprêtant à quitter la salle.
Si je m’attendais à ça ! Je tentai de le retenir.
- Adrien ? T’es si pressé ? Tu veux pas me rejoindre dans le bain à remous ?

Et là… je n’en crus pas mes yeux.

Il quitta prestement ses vêtements. TOUS ses vêtements et entra dans le bain nu comme un ver.
Quel choc !
A son tour de me demander :
- Mais alors, Hélaime qu’est ce qui se passe ? T’en as déjà assez du bain à remous ?
Car j’avais sauté hors de l’eau.
- C’est que…
Je devais être rouge comme une tomate. Il se mit à rire.
- Faut pas être gênée ! T’as jamais vu d’homme nu ?
Jamais en pareilles circonstances en tous cas. Mais je fis taire ma pudeur et nous gardâmes tous deux de cette soirée un souvenir merveilleux.

Jeudi 4ème jour
Le jeudi, profitant des dernier beaux jours de l’automne, je passais ma journée à étudier la cuisine et à attendre impatiemment de pouvoir appeler Adrien. Je savais pouvoir le joindre le matin avant neuf heures et le soir après dix-huit heures en semaine, et à toute heure durant le week-end.

Mon bas de laine commençait à s’arrondir. Ce jour-là je comptai que j’avais déjà gagné 500 $. De quoi m’offrir un frigo quand la faim se faisait pressante. Je passais donc moins de temps en va-et-vient sur le terrain communautaire et en trouvais davantage pour mes études.
Points : 6

Comme nous-nous l’étions promis la veille, Adrien vint me rejoindre sur ce terrain - où je commençais à me sentir chez moi - avant de regagner ensemble le terrain communautaire.

Nous avons encore connu un moment merveilleux.
Je n’avais plus aucun doute : Adrien était l’homme de ma vie.
En me levant pour cueillir mon flouze, j’ai eu la surprise de découvrir une gigantesque fontaine avec un petit mot de mon chéri. Mais les dures lois qui m’étaient imposées m’ont contrainte à le placer dans mon inventaire sans avoir le loisir d’en jouir.

Je me sentais frustrée – on le serait à moins- et je m’abîmai dans l’étude
de nouvelles recettes de cuisine afin d’éviter d’y penser.

Quand enfin, les yeux usés par le manque de lumière et la tête engourdie de fatigue je décidai qu’il était l’heure de retourner me coucher, je pus m’offrir un meilleur lit qui me permettrait de récupérer plus vite mon énergie.

Elhamas m’avait bien dit que le quartier n’était pas sûr.
Mais recevoir la visite d’un cambrioleur quand on ne possède que le lit dans lequel on dort !
Je pouvais me recoucher tranquille.
21 avril 2007
10. La fourmi dans son logis
















