14 mai 2007
A/6 : Des sensations sensationnelles

Lundi de la 3ème semaine
- Dis-donc Daphnée, je repense à ce que m’a dit un type : Pourquoi on mettrait pas une borne pour faire payer les clients ? –Quand on aura de quoi l’acheter, ça va sans dire.
- Tu crois ? C’est permis dans ce challenge ?
- J’ai relu le contrat, y a rien qui dit que c’est pas permis. Ca nous ferait des petites rentrées d’argent supplémentaires. Avec le temps qu’ils mettent à se décider, ces casse-pieds, ils auraient pas fini de raquer.

- Plus j’y pense, plus je me dis que c’est à tenter.
Pour le moment, t’oublie ça ! Ils ont quoi pour se distraire tes clients ? Un malheureux jeu de fléchettes ! Tu crois que c’est ce qui va les retenir sur ton terrain ? On avisera plus tard. En attendant : au boulot ! Daphnée a besoin de repos

- MAMAN J’AI EU 20/20 ! HOUHOU MAMAAAANNN ! J’AI EU 20/20 !
Pfff ! Elle me félicite même pas ! Je me demande bien pourquoi je m’égosille.
Et moi je me demande bien pourquoi c’est justement auprès de ta mère qui se repose que tu viens t’égosiller. T’aurais pas pu montrer ton beau bulletin à ton père

- Parce que mon papa il travaille. Il fait des beaux jouets pour les autres petits enfants qu’ont de la chance. Que moi j’ai que le jeu de fléchettes pour m’amuser. Mais c’est pas grave, je l’adore quand même. Alors que môman, elle a rien à faire que de peindre toute la journée et s’occuper de mon petit frère, même pas de moi.
Si c’est pas du complexe d’Œdipe ça !
Dis-donc Aylée, dois-je te rappeler que c’est quand même ta mère qui t’a aidée à faire tes devoirs ?
- Ben c’est normal : mon papa lui, il travaille.

Mardi
Quoiqu’en dise Aylée, Daphnée ne fait pas que de peindre et s’occuper d’Ilvo. Elle donne un sacré coup de main à la boutique. La voilà qui décroche son badge d’argent en création de jouets.

Et dans la foulée, elle s’arroge le bagde en or de ventes.
Ha-ha Yvan, t’as fini de faire le malin. Elle est aussi douée que toi, sinon plus !

- Pfff, d’ici qu’elle m’arrive à la cheville ! Regarde un peu comment je vais t’épater la copine de classe qu’Aylée a ramenée de l’école.
Alors fifille, tu le prends ce cube ? Tu verras comme tu vas t’amuser : tu peux le caresser et… le caresser, et encore… le caresser. C’est mieux qu’un animal : ça mord pas ; ça griffe pas et même sale, t’as jamais besoin de le laver.

- Ah merde ! Un cerf-volant de la mort qui tue.
C’est QUOI ce cerf-volant Yvan ? T’as voulu utiliser du papier recyclé ? C’est une horreur ! Sans blague, il ferait peur. Tu vas pas oser le mettre en vente, j’espère.

Mercredi
- Tiens, je vais me gêner ! Hanan, mais tu crois quand même pas que je vais avoir bossé pour rien. Non seulement je vais le mettre en vente, mais je vais le vendre. Tu paries ?
Rien du tout ! Je parie rien du tout. Et je décline toute responsabilité. Tu veux le vendre, tu le vends ! Mais pour les réclamations faudra pas t’adresser à moi.
- Pfff, les réclamations. Après avoir tâté de mon cerf-volant, tu verras qu’on en aura pas. Si seulement ça pouvait tomber sur un townie qu’on a que trop vu. Ca m’empêchera pas de continuer à faire mon trou dans les affaires. T’as vu ? Classe 4 ! Avoue que ça t’épate.
Points : 10 000

- Pendant que je vais m’amuser un peu avec Ilvo, choisis donc le bonus pour moi. T’façon, tu vas encore me faire prendre un truc à la noix. Y aurait que l’argent qui m’intéresserait et c’est le seul truc auquel j’ai pas droit.

Aylée, descends de là-dessus tout de suite ! Si ton père te voyait !
- Papa, c’est lui qui m’a dit que je pouvais m’amuser avec. Il le mettra en vente que demain, alors j’ai le droit de jouer dessus en attendant. Et YOUPIIIE ! Je l’adore mon père !
On le saura !

- Yvan ! T’as pas changé Ilvo ? Mais à quoi tu penses ? Regarde-le ce pauvre petit, t’as vu dans quel état il est ?
- Pourquoi c’est toujours moi qui change les couches ?
- Je te l’ai déjà dit : je supporte pas l’odeur. Ca me rend malade.
- Pourquoi ça me rend pas malade, moi ? J’ai vraiment pas de veine.

Puant mais heureux, Ilvo a fêté son anniversaire sans gâteau ni bougies.

Suivi par Aylée, propre et heureuse quand même.
Yvan, tu pourrais la féliciter d’avoir bien grandi.
- Super ! Tu vas pouvoir donner un coup de main à ta mère. J’ai bien peur que sa nouvelle grossesse la fatigue encore.
Ha-bon ? Elle est encore enceinte, Daphnée ?
- Pas encore, mais ça ne saurait tarder. Je pense fermement à assurer ma succession. Un malheur est si vite arrivé.
Il ne croyait pas si bien dire.

Vendredi
- QUOI ! Qu’est ce qu’il a qui vous plaît pas mon cerf-volant ? C’est une pièce unique monsieur ! Tout en papier pilé à la main dans mon mortier de cuisine ! Avec lui, vous connaîtrez des sensations sensationnelles auxquelles vous n’auriez jamais osé penser.
- Oui-mais-heu… nan, il a une trop sale tronche. Z’auriez pas d’autres camions de pompiers plutôt. Les autres ont pas tellement marché : Ma femme m’a quitté pour un pompier à la chevelure incendiaire. (Tiens, elle est partie avec Corentin Letourneau, sa femme ?).
- C’est parce que vous savez pas vous en servir. Essayez plutôt mon cerf-volant révolutionnaire. Vous m’en direz des nouvelles.
Heu… Yvan, je crois que même avec une bonne dose d’épate, ça ne marchera pas. QUI voudrait de ton cerf-volant, franchement ?

- Tssst ! C’est un cerf-volant comme les autres, tiens la preuve : Il vole !
YVAN !! T’es pas un peu malade ?! Lâche ce cerf-volant immédiatement !
- C’est ça ! Pour perdre l’argent de la ficelle. C’est TOI qui es un peu malade !
* J’aime autant vous dire qu’il est allé le chercher tout seul ce cerf-volant *

Hanaaaannnn ! Je veux pas voir ça !

- DAPHNEEEEE !! DAPHNEEEE !! AU SECOURS, JE BRÛLE ! JE BRÛLE, AU SECOOOOUUUURS !!!!!
Daphnée tirée du lit en catastrophe :
- Tiens-bon mon chéri, je vais appeler les pompiers.
- N’a foutre des pompiers ! Sors ton extincteur, viiiiiiiiite !!!

- Hannnaaaannnn ! Pitié, madame Lafaucheuse ! Pitié ! Me prenez pas mon mari ! Qui c’est qui-qui va changer les couches s’il est plus là ?
La grande faucheuse :
- OK, ça c’est une bonne raison. Entre femmes, faut être solidaires.

Tu peux remercier ta femme, triple andouille ! Je t’en ferais voir des sensations sensationnelles ! Tu peux dire que tu l’as échappé belle. Avec ça, il est presque 9 h 30. Pour ta peine, tu feras des heures supplémentaires. Ca t’apprendra à faire le malin.
Et cours te laver ! Tu vas faire peur aux clients !

Encore là ?! File te laver, j’ai dit ! Tu veux faire peur au petit aussi ?

J’aime autant vous dire que les affaires n’ont pas été brillantes ce jour-là.
Yvan, tu peux pas bouger tes fesses du canapé -que Daphnée n’arrêtait pas de réclamer- pour épater Irène Lamy ?
- Qu’elle s’épate toute seule ! Moi je soigne mes brûlures. Déjà beau que je me lève pour faire passer les clients à la caisse.
16 mai 2007
A/7 : Coup double !

Samedi
Enfin le week-end, vous allez pouvoir récupérer. Mais… Yvan, dis-moi que je rêve ! Tu donnes son bain à Ilvo dehors en plein hiver par moins 10 degrés ? T’as pas peur qu’il prenne froid ?
- Meuh nan, c’est du costaud ! Et puis on a fait chauffer l’eau, on est pas des sauvages.

Quel effet ça fait de partager la chambre avec son petit frère ? Ca va, Aylée ? Il t’empêche pas de dormir ?
- Tu parles ! Ca fait vingt fois qu’il me réveille, et à chaque fois je dois refaire mon lit.
T’es pas obligée, tu sais. On va le revendre ce lit, de toute façon. Ton père a besoin d’argent pour le stock.

On n’a pas vu la journée passer. Aylée est allée à la pêche, Yvan a fabriqué des jouets et Daphnée nous a peint un beau tableau : Un vrai chef d’œuvre. La surprise –enfin la sienne, nous on s’y attendait, n’est ce pas Yvan ?- La surprise disais-je, c’était pour le début de soirée : Daphnée avait ressorti le pyjama « ange-Gabriel » évocateur de bonne nouvelle. Elle était de nouveau enceinte.
- On s’y attendait… parle pour toi ! Moi je m’y attendais pas du tout. Et puis en fait de bonne nouvelle… c’est toi qui vas changer les couches ?

Quel rabat-joie ! T’en fais pas, t’auras pas plus de boulot que maintenant. Et t’as trois jours de répit en plus : Ilvo a appris la propreté grâce à Aylée. Enfin une personne responsable dans cette maison ! Ca fait plaisir.

Dimanche
On n’a encore pas vu passer la journée. Les week-ends sont trop courts, on le dira jamais assez.
Au fait Yvan… as-tu remarqué que j’ai agrandi ta maison ? Tu vas pouvoir donner le bain à Ilvo à l’intérieur : Y a la place de danser le smustle en bande dans ton living/cuisine/chambre à coucher, à présent. Et puis si tu te décides à éponger la flotte -et le reste- dans la salle de bain, on pourra même y caser la baignoire définitivement.

Et pour faire bonne mesure –histoire que ça serve plus à rien qu’il ait appris le pot- Ilvo a décidé de grandir. Tu peux me dire pourquoi il est « bébé précoce » et pas « miracle de la nature » celui-là, alors qu’il devrait sauter de joie à l’idée de pouvoir aller aux toilettes tout seul ? Nan, tu peux pas ! Ben je vais te le dire : Vous-vous en souciez comme de l’an quarante : C’est Aylée qui s’est tapée tout le boulot. Mais lui, c’était son papa ou sa maman qu’il aurait voulu qui le chatouille, qui le câline, qui lui parle…
- Et puis quoi encore ? l’aurait pas fallu lui lire des histoires en plus ?
J’allais le dire !

Lundi 4ème semaine
Ben alors Yvan ? Ca te fait pas plaisir d’apprendre que ton commerce prend de la valeur ? T’as pas vu qu’il vient de passer en classe 5 ? Pourquoi tu fais la tête ?
- Je pense déjà au nombre de courbettes que je vais devoir faire pour passer en classe 6. Et rien que d’y penser, ça me fatigue. En plus, je me demande quel bonus à la gomme tu vas nous décrocher cette fois.
Points : 12 000

Un bonus à la gomme ? Reconnaître les désirs, t’appelles ça un bonus à la gomme, toi ? Mais imagine un peu le profit que tu vas en tirer, voyons ! Tu pourras faire des démonstrations aux clients intéressés au lieu de perdre ton temps.
- OK, je teste avec celui-là.
Mmmm, il veut acheter un cube à moustache. Tu peux me dire pourquoi c’est les camions de pompiers qu’il regarde ?

Et toi ? Tu peux me dire pourquoi t’essayes de lui fourguer ta boite à clown-diabolique si c’est un cube à moustache qu’il veut ? Ca sert à rien de savoir évaluer les désirs si t’en tiens pas compte.
- Je me tue à te le dire : Tes bonus, ils servent à rien !

YVAN ! Nan-mais ça va pas de t’affaler sur le canapé ? Tu crois qu’il va se vendre tout seul ton clown-diabolique ? Je peux te dire qu’avec moi, une démonstration à distance n’y aurait pas suffi : j’exigerais que tu le fasses marcher devant moi. Quand je vois ce qu’est capable de faire un simple cerf-volant de papier, j’en frémis d’avance.
- Je m’affale pas, je lambine. Nuance ! Et tiens en parlant de cerf-volant… tu pourrais pas le changer de place mon nouveau cerf-volant de la mort qui tue ? J’aimerais bien le tester pour voir.
Tu mériterais que je t’écoute, tiens !

Mardi
Ah bravo ! T’as vu Daphnée ? Elle vient de décrocher un badge de bronze comme caissière. Dans son état, elle manque pas de mérite.
- Où tu vois du mérite là-dedans ? Les clients arrêtent pas de se plaindre que c’est une honte de faire travailler une femme enceinte jusqu’aux yeux.

Ben ça devrait pouvoir s’arranger. Viens un peu voir ce qui se passe dans la cuisine.
- Nan c’est pas vrai ! T’as ENCORE changé les meubles de place !
Si y a que ça qui te défrise… regarde mieux !

- AAAAAHHH ! C’est à qui ce bébé par terre ? Comment on va savoir lequel est le nôtre ? Elle fait n’importe quoi la cigogne !
Yvan… sois courageux, Yvan ! Ce bébé par terre, c’est ta fille : Elvanha Pasher et l’autre, c’est ton fils : Gevault Pasher.
- NAAAANNNN ! Pas deux ! Pas des jumeaux ! Pas double corvée de couches à changer !
Mais-si, mais-si ! Et un bonus de 5 000 points pas malvenu pour doper le score.
Points : 17 000

Mercredi
Je vous dis pas comment les jours qui suivirent furent difficiles pour le commerce.
A vue de nez il est pas loin de 16 heures. Daphnée, tu vas pouvoir aller te laver.

Et toi Yvan…
YVAN, JE TE PARLE !

- Hein ? Quoi ? Qu’est ce qui se passe ? Y a le feu ?
Meuh-nan, y a pas le feu ! Pas TOUJOURS ! Tu serais pas mieux au lit pour dormir ? Et n’oublie pas de mettre les restes au frigo avant.

J’avais dit … bon, c’est pas grave. Ilvo, quand t’auras fini tes devoirs, tu mettras les restes au frigo. Qu’est ce qu’on deviendrait si on n’avait pas les aînés ?
Enfin, grâce aux tableaux de Daphnée et à Aylée qui a séché les cours, on arrive à s’en tirer tant bien que mal, au point que la maison s’est encore agrandie. C’est un peu n’importe quoi ; ça n’a aucune allure, aucun style ; mais c’est logeable, c’est tout ce qui compte.

Jeudi
Chacun contribue comme il peut à l’amélioration des conditions de vie. Yvan en épatant les clients jusqu’à plus soif et Aylée en travaillant bien à l’école. La petite est douée, elle a récupéré en une journée tout le programme qu’elle avait manqué la veille. Rien que pour ça, sa famille s’est montrée très fière. Fière et généreuse en plus.

Et ce soir là, Daphnée décida de fêter l’anniversaire des jumeaux dès que l’option fut disponible. Ils allaient enfin cesser de vivre au son du concert à deux braillements.
* Nan, j’ai toujours pas installé le patch *
Comme chacun a pu le remarquer, Elvanha n’était plus un bébé, c’était maintenant une jolie petite bambine qui n’avait pas l’air plus contente que ça d’avoir grandi.
Elle était propre et bien nourrie, Yvan n’omettait jamais de lui faire un câlin chaque fois qu’il changeait sa couche. Alors ? Où était le problème.

Le problème, c’est que personne n’avait jamais pensé à jouer avec elle. Elle fit comprendre qu’elle manquait de distraction en se précipitant sur le xylophone -avant de l’envoyer valser et de se remettre à hurler.

- Ha-nan ! Ca va pas continuer, faut faire quelque chose ! s’écria Yvan, se promettant de tartiner copieusement le crane d’œuf de Gevault de lotion capillaire à effet immédiat garanti.

Aux grands maux, les grands remèdes.

- On va pas y passer la nuit ! J’ai besoin de dormir et Daphnée a son tableau à terminer. Savent pas s’amuser tout seuls ceux-là ? On leur a pourtant offert des jeux éducatifs, non d’un chien !
Calme-toi Yvan. On va trouver une solution.
Bienvenue aux peluches Lapinou qui, comme Cendrillon, disparaîtront au premier coup de minuit.
20 mai 2007
A/8 : Assurons l’avenir

Vendredi
Daphnée, qui a enfin trouvé le moyen de s’habiller pour le commerce sans faire un détour par l’armoire, s’attaque à décrocher un badge d’argent en création de jouets.
Dépêche-toi donc de fabriquer des camions à la chaîne, tu vois pas que t’es en rupture de stock, là ?

Et nan Yvan, n’insiste pas, je déplacerai pas le canapé pour que tu puisses jouer au cerf-volant de la mort qui tue.
- Mais-heu ! Comment je pourrais le tester alors ?
C’est tout vu : Tu testes pas !

Aylée a son tour a découvert les joies du travail à la chaîne en rentrant de l’école.
C’est grâce à cet esprit de famille que le commerce a enfin atteint le niveau 6.
Points : 19 000

N’insiste pas Ilvo, ta mère s’en moque pas mal de ton 20/20.
Parle-lui plutôt de ta prime de 200 simflouzes, ça la fera peut-être réagir.

Le client mécontent :
- Ah-ben, pas trop tôt ! Ca fait une heure que je poireaute à la caisse ! Vous mériteriez que je vous balance mes sacs par-terre.
- Excusez-nous monsieur, y a mon petit frère et ma petite sœur qui avaient besoin d’aller sur le pot. C’est qu’on est nombreux à la maison, faut pas croire.
- Feriez mieux d’être nombreux au magasin ! Jamais vu un commerce pareil ! Même pas foutus de regarnir les rayons à temps, pas foutus de faire passer les clients à la caisse. A part vendre, vous êtes bons à quoi ?
- Heu… ça vous fera 110 $.
- Pas foutus de répondre aux questions.

Elvanha a tout de même réussi à apprendre à aller sur le pot.

Immédiatement imitée par son frère Gevault.

Aylée, pose cette pelle deux minutes, on doit parler.
- Je finis de reboucher le trou et je suis à toi.
Brave Aylée, toujours prête à aider, toujours ravie de nettoyer, jamais regardante à changer une couche et bonne élève en plus. Comment lui annoncer qu’elle n’ira pas à l’université, elle qui collectionne les 20/20 depuis des semaines ?
Aylée, tu as bien mérité un jour de repos. Si t’invitais un copain en ville ?
- Quel copain ? Si tu crois que j’ai le temps de me faire des copains.

Meuh-si t’as un copain, rappelle-toi quand tu partais faire les courses à l’épicerie. Tu te souviens pas d’avoir discuté avec le garçon de caisse ?
- Ah-oui, c’est lui qui m’a dit où se trouvait la touche pour ouvrir le tiroir.
Tu vois bien ! Ben, si tu l’invitais au Repaire ? Je suis sûre que vous êtes faits pour vous entendre.

Bien vu ! Coup de foudre réciproque au premier rendez-vous.
Heu… Aylée, t’aurais quand même pu t’habiller pour aller à ton rendez-vous.

Après avoir dit au-revoir-et-à-bientôt à l’heureux élu, Aylée en a profité pour pêcher quelques un poisson, histoire de ne pas rentrer à la maison les mains vides.

A la maison, c’était l’heure de grandir pour Gevault et Elvanha.
Bébé précoce, fallait pas se plaindre, avec tout le travail qu’ils avaient, le gamin s’en tirait pas trop mal.

Elvanha ne voulant pas être en reste, s’empressa de rééditer l’exploit.

Aussitôt, ils furent mis à contribution pour soulager les parents des corvées bassement matérielles. Ce qui leur permit de penser à assurer l’avenir.
Si vous voyez ce que je veux dire.

Dimanche
T’aimes bien ça « assurer l’avenir » si j’en juge, hein Yvan ?
- On est jamais trop prudent : un malheur est si vite arrivé.
Oui… fais gaffe à pas tomber dans le bassin.
Manquerait plus qu’il se noie l’animal.

- Miroir, mon beau miroir…
Depuis qu’elle a un petit ami, Aylée est métamorphosée. Le bonheur lui va bien.

- T’as pensé à faire les courses chéri ?
- HO ! Depuis quand tu m’appelles chéri ? Rêve pas Fonsine, t’es trop vieille pour moi.
Meuh, c’est pas moi, c’est Daphnée ! C’est pas à la veille de te retrouver avec des cheveux blancs et la prostate en compote que je vais me mettre à t’appeler « chéri ».
- Parle pas de malheur ! Il me reste encore de l’élixir.
Moui… un répit de deux ou trois jours. Mais la vieillesse te guette Yvan. Elle te guette et t’auras beau faire, elle finira par te trouver, comme les autres.

- Papa ! J’ai fait des crêpes ! Tu veux y goûter mon petit papa ?
Il t’entend pas Aylée, il est à l’atelier. Tu ferais mieux de les mettre de côté dans le frigo.

- Keuf ! Keuf ! Ah dis-donc, j’ai mangé trop vite. J’ai failli m’étouffer avec tes crêpes Aylée.
- Dommage que t’aies que « failli ». Qui t’a permis de prendre mes crêpes d’abord ? C’était pas pour toi, c’était pour papa.
Ah-bon ? C’est toujours le grand amour, à ce que je vois.
25 mai 2007
B/1 : Cauchemar prémonitoire

Heu… Yvan ! C’est pas toi qui demandais: a-t-on idée d’accoucher entre les chiottes et la baignoire ? Tu crois que c’était l’endroit rêvé pour fêter ton passage à l’âge senior ?
- Ben-oui ! Devenir vieux ça fait chier, nan ?

- Senior peut-être, mais pas sénile ! Et toc ! Dans la poche le badge en or de création de jouets. Je suis vraiment le meilleur, le plus fort, le…
Le pire père de famille que je connaisse ! Même pas fichu de nourrir ses enfants.

- Hé-oui madame, je vous prie de croire que ça m’a fait un choc de me réveiller aux côtés d’un vieux sénile. Entre sa boutique et ses aller-retours aux toilettes il a plus le temps de rien.
- Oh ma pauvre ! Je vous plains. D’un autre côté, vous voilà débarrassée de la corvée.

- La corvée ? QUELLE corvée ?
- Ben… la corvée conjugale quoi. Vous voyez bien de quoi je parle.
- Ah-mais-nan, ça le fait pas du tout ! Je suis encore jeune moi, j’ai pas fait mon deuil du crac-crac. Y a juste qu’avec lui, ça m’inspire plus des masses.
- Oh ma pauvre ! Moi à votre place…
Heu… Daphnée ! T’avais pas des courses à faire au lieu de raconter ta vie à la première venue ?

- Ah si !
Bon. Ben après, t’iras pêcher au Repaire.
Je t’en ficherai de l’inspiration ! Si le pauvre Yvan savait ça.

Heu, pardon monsieur le ramoneur, z’auriez pas croisé une dame blonde quelque part ?
- Mais-heu ! C’est moi Daphnée ! Tu me reconnais pas ?
Daph… mais qu’est ce qui t’es arrivé ?
- Je me suis pris la foudre sur la tronche. Voilà ce que c’est de me faire pêcher sous l’orage. J’ai toutes les barres au rouge si tu veux le savoir. Faut que je continue à pêcher ?
Heu… nan, je crois que tu vas pouvoir rentrer.

Ohlala, elle est mal !
- Toi, je te parle plus !

Ohlala, elle est vraiment mal.
- …
- Et voilà ma petite dame, ça vous fera 110 $ pour un cerf-volant. Z’avez pas vu les pieuvres ? YVAAAN ! Madame voudrait une démonstration pour les pieuvres. Une petite minute madame : Il sort du lit et il arrive.
C’est à qui le tour ?
Aaaaah ça va mieux. Je vois que t’as repris le travail.
- Toi je te parle plus, je t’ai dit.

M’en fiche, je continue à l’épier.
- Tiens Aylée, tu veux bien t’occuper d’Hesper ? J’en ai sué à la boutique, tu peux pas savoir.
Depuis qu’elle prend des bains au lieu de douches, -attention, quand Aylée est là uniquement- les relations s’améliorent entre la mère et la fille.

Aylée est une seconde mère pour ses frères et sœurs. Je l’aurais bien vue avec une aspiration à la famille, si la richesse n’était pas imposée.

Trop touchante.
Tu veux pas aller border Ilvo, tant que tu y es ?

- Ilvo, il peut aller se faire voir… quand il aura fini de pisser sous la douche.
Décidément, l’histoire se répète.

Vendredi
- Et dis moi, petit gars, t’es bien payé dans cette boutique ?
- Je suis logé et nourri gratis.
- Bien nourri ?
- Faut pas se plaindre. C’est souvent revenu le poisson, mais bon. On s’y fait.
- Je vois, je vois ! Et tu me la ferais à combien cette pieuvre ?
- Pff, moi je vous la donnerais bien. Mais vaut mieux l’acheter à presque donné, le patron serait pas content.

- Mon cher monsieur, je suis épaté par la tenue de votre boutique et par l’amabilité de votre personnel. Je vais rédiger une critique positive et je vous enverrai le prix du commerce de l’année en recommandé. Vous pourrez l’afficher au mur, ça plaît toujours au client. N’en profitez pas pour augmenter vos prix, hein !
- Tiens, je vais me gêner ! Un commerce de niveau 8 avec une critique positive par dessus le marché. Les clients n’ont qu’à bien se tenir. Allez zou ! Je colle tout à cher !

Ah ben ! Y a de l’ambiance dans la casbah !
Tu vas où Yvan ? Tu veux pas profiter de la fête ?
- Nan, je vais voir Aylée. Je crois que c’est son anniversaire.
Ah ? Parce que t’y penses à celui-là ? T’en profiteras pour lui dire que son petit ami est là.

- Meuh elle le sait qu’il est là ! C’est elle qui l’a ramené d’en ville. Autrement tu crois pas qu’elle aurait grandi en platine.
Allez, au-revoir ma petite chérie. Fais de bonnes affaires dans ta vie. Tu vas prendre un commerce peut-être ?
- SURTOUT PAS !! Je vais prendre un métier qui paye bien.
Habillée comme ça, j’espère que c’est pas celui auquel je pense.

C’est au tour d’Hesper de fêter son anniversaire.
Oh-mais, qu’il est mignon le bambin !
Passe-le moi, passe-le moi, Ilvo que je l’embrasse. Il est trop chou.

- Touche pas à mon héritier, toi ! Il a pas besoin que tu viennes lui baver dessus.
Quelle amabilité, Yvan ! T’as tout du vieux schnock ronchon. Je commence à comprendre Daphnée.

- Au Secours ! Au sec… OUF ! C’était qu’un cauchemar. La trouille que j’ai eue ! J’ai rêvé que j’allais pas à l’université comme Aylée.
Un cauchemar prémonitoire, en quelque sorte.

Alors Daphnée, tu te décides ? Tu le vends ou tu le vends pas, ce tableau ?
- J’hésite. On n’a pas vraiment besoin d’argent et il ferait bien dans la boutique. Ca serait le portrait du fondateur.
Je suis de ton avis. Allez, on le garde !
26 mai 2007
B/2 : Le bug de la tête à faire peur

Dimanche
- Chouette on a droit de prendre des restes ! T’as pas pris des crêpes toi, Gevault ?
- Nan, moi je préfère l’omelette. Elles sont bonnes les omelettes de maman. Dommage qu’on a le droit d’en manger que le week-end. J’en mangerais bien tous les jours moi de l’omelette.
- Moi aussi je mangerais bien des crêpes tous les jours. Mais tu sais ce que papa a dit : le matin, si on a faim faut qu’on se fasse cuire des brioches et qu’on n’a qu’à se gaver à la cantine en arrivant à l’école.

Yvan ! C’est vrai que t’as dit ça ?
- Ben-oui ! Pourquoi on viderait le frigo quand c’est gratis à la cantine ? T’es gentille, tu me laisses mener ma barque comme je l’entends. Comment tu crois que j’ai réussi à avoir un commerce qui vaut 40 000 $ rien qu’en vendant des cubes, des camions et des cerf-volants ? Ben je vais te le dire : par une gestion ri-gou-reu-se des dépenses pas indispensables.
C’est pas indispensable de nourrir ses enfants le matin ?
- NAN ! Pas quand ils ont école.

- Grrrrr !! Pourquoi y a qu’Elvanha qu’a droit de faire de la peinture quand maman laisse le chevalet ? Moi aussi j’aimerais bien faire de la peinture un peu, des fois.
- Je te l’ai déjà dit Gevault : Parce qu’elle peint bien ! Toi tu gribouilles. T’as qu’à jouer à autre chose.
- Y a que les fléchettes ! J’en ai maaarrre de jouer aux fléchettes. On voit plus les marques, c’est plein de trous à force.

- Pfff, ces jeunes ! Ca sait pas s’amuser. Comment on faisait nous, de notre temps ?
Je vais lui apprendre quelque chose, tiens !
Ca y est, le voilà définitivement rangé du côté des vieux schnocks râleurs et nostalgiques.

- Allez, viens par là petit bonhomme. Fais voir à papa comme tu sais bien marcher.
Ilvo quand t’auras fini avec les cubes, Y a du réassortiment qui t’attend !
Pff ! quel boulot la famille ! Si t’es pas sans arrêt sur leur dos, je te dis pas.

- Et si encore Daphnée acceptait de donner un coup de main. Mais nan ! Toujours fourrée en ville, maintenant.
Où tu vas encore traîner ?
- Tu sais bien que j’ai pris un abonnement au centre de Thalasso pour ma ligne.

Heu… Daphnée, t’es sure que la planche ça va suffire pour faire fondre tes bourrelets ?
Faudrait voir à passer à quelque chose de plus efficace. Demain tu reprends le boulot.

Allez, un dernier petit effort, tu tiens le bon bout !
- Tu crois ? Parce que j’ai pas l’impression de maigrir, là.
Meuh-si tu maigris, t’en fais pas.

Tu vois !
- Woaouh ! J’ai tellement maigri qu’on dirait un haricot vert sorti d’une boîte d’extra-fins. Il reste plus de moi.
C’est bien toi qui voulais passer de la catégorie pot à tabac à athlétique, nan ? Alors de quoi tu te plains ?

Ce soir-là, Hesper avait fini d’apprendre à marcher avec Ilvo et Elvanha lâcha ses pinceaux le temps de bien grandir.

Elle s’empressa de fêter ça en fanfare. On est parés de ce côté là : c’est pas elle qui fera la tête à sa mère quand elle pissera sur la douche. Ca sera pas Ilvo non plus, mais ça on le savait déjà.

- Oh Elvanha, t’es trop forte. Tu me montreras à péter comme toi ?
Pas d’inquiétude à avoir du côté de Gevault non plus, apparemment.

Pour conclure en beauté la journée, Gevault grandit bien à son tour.

Mais déjouant les pronostics favorables, il fit tout de suite savoir que si les pets de sa sœur l’enchantent, les petites habitudes d’Ilvo sous la douche, l’indisposent au plus haut point.
Je crains fort que celles de sa mère ne suivent le même chemin.

Depuis qu’elle a gagné une taille 34, Daphnée fait beaucoup d’effet à Yvan.
Tu crois que t’as vraiment besoin de lui téléphoner pour ça ? Elle est derrière toi, je te signale.
Nan je vous jure ! Il gatouille complètement, le vieux.

Lundi 6ème semaine
C’est la reprise du travail. Yvan a embauché Elvanha et Ilvo pour la journée. Il adore jouer les managers depuis que l’art de la manipulation n’a plus aucun secret pour lui.

Ce soir on fête un double anniversaire. Celui de Daphnée d’abord. Normalement tout devrait bien se passer après le regain d’intérêt que lui a démontré Yvan. Exercices pratiques à l’appui.

Et c’est le bug de la tête de mort : Daphnée s’est métamorphosée. Elle ferait peur avec son visage émacié.
- Comment je suis ?
- M… magnifique ma chérie. Tout simplement magnifique !

- Beuwark ! T’as vu la tête qu’elle se paye ? Tu peux pas essayer de lui arranger ça ?
Ha-nan, c’est le bug, faut faire avec ! Encore te plains pas, j’ai vu pire.
- Pire que ça ? Là tu m’étonnes.

Heureusement Hesper a vraiment bien grandi en conservant sa petite bouille d’ange, lui !
B/3 : On serre les fesses !

Daphnée a adopté le look de la vieille qui veut faire jeune. Avec la mini-jupe dont le jeu l’a affublée, c’est complet. Pas emballée et moi non plus. Dire qu’il va falloir faire avec cette tête qui ne nous revient pas jusqu’à sa mort.
- T’aurais pas pu faire mieux ? Même en fouillant dans tes téléchargements ?
Ben nan, j’ai pas pu faire mieux. J’ai pourtant tenté tout ce qui était possible. T’as une sale tronche maintenant, ben tu la gardes !

Mais heureusement les clients n’y ont vu que du feu sous le maquillage. Ils sont restés fidèles quand même.
- Tiens, une nouvelle employée ! Elle est plus là Mme Pasher ?
Bon, Daphnée, tu seras préposée au tiroir-caisse et à la fabrication. D’autant que tu viens enfin de décrocher ton badge d’argent du virtuose de l’encaissement.

On tente d’assurer le grandissement d’Ilvo dans les meilleures conditions possibles. Vu que monsieur nous fait une fixette sur l’université, demande de bourses aussi improbables que malvenues, ou alors aller à l’école privée. Il met tout de suite sa copine au parfum :
- Si je suis là, c’est pour essayer de me changer les idées, j’ai pas l’intention de faire d’efforts pour te séduire, tu me prends nature ou tu me prends pas.

Super ! Elle prend !

Ah-nan, mais Ilvo c’est un cas !
Même Daphnée dans ses meilleurs jours n’a jamais utilisé l’éponge de cuisine pour faire sa toilette. Ben lui, si.

Mercredi
Personne n’était mieux placée que Daphnée et sa tête de mort pour faire l’éloge de la boîte à clown diabolique. Elle a eu de la chance dans son malheur : elle est tombée sur un masochiste. Non seulement, il repartira avec le diable en boite, mais aussi avec un nuage de cœurs autour de la tête de mort de Daphnée.
Tu vois que t’avais tort de t’en faire. T’arrives à plaire aux détraqués

Heu… Daphnée, tu préfères pas ton pyjama ?
Rien que de la voir déambuler dans sa mini-jupe étriquée avec la tête qu’elle se paye, j’en suis malade.

Toujours histoire qu’il nous lâche avec son université, j’encourage vivement Ilvo à sécher les cours. Il vient de décrocher son badge de bronze en création de jouets. Il pourra donner un coup de main nettement plus efficace à la boutique à présent.

- Hannnannn ! Mais il passe sa vie à venir prendre des notes sur ma boutique, celui-là ! Tu paries qu’il va me sucrer mon diplôme de commerce de l’année ?
Meuh-non, t’en fais donc pas Yvan. Ton commerce n’a jamais été aussi bien tenu. Ni aussi rentable, avec tout le personnel gratis qui t’entoure à présent. T’as aucun souci à te faire.

- M’énerve ! M’énerve ! Vite, réassortir les rayons pendant qu’il est occupé ailleurs.
Heureusement, c’est pas le stock qui manque.

- Bon alors, nous disons : un clown diabolique, plus un pivot tourne et tremble, plus un camion de pompiers, plus des cubes… vous n’avez pas vu les cerf-volants ?
- Nan, mais j’ai vu que votre boutique était superbement bien tenue. J’en reviens pas d’une pareille efficacité. Je vous re-pistonne pour le commerce de l’année.
- Oooh, c’est trop gentil. Je vous aurais bien fait une ristourne, mais vous savez ce que c’est : les affaires sont les affaires.
Et un commerce de niveau 9. (j’ai eu un souci avec les snapshots).
Points : 27 000

- MAMAAAANNN ! J’ai 20/20 ! T’as vu ? T’as vu ? J’ai 20/20 !
Beuh, pourquoi elle me répond pas ?
Elle te répond pas parce qu’elle est occupée à se goinfrer d’omelette Hesper, tu vois bien. Pose donc pas de questions stupides.

Allez, avec la manne de la semaine on a encore agrandi la maison et le magasin.

Vendredi
Hesper, c’est mon chouchou. Je le trouve craquant ce môme. Ni trop propre ni trop sale, ni trop actif ni trop feignant, ni trop maussade ni trop déjanté : c’est le gamin idéal, quoi. Le sort ne pouvait mieux tomber pour désigner l’héritier.
Il se rend utile comme il peut : il a appelé sa copine Mathilde dès le matin et Yvan a réussi à lui refiler sa pieuvre qui ne m’inspire que moyennement confiance.

Mais… que vois-je ? Le proviseur en personne. Ca y est Yvan, tu t’es décidé à demander l’entrée de ta smala à l’école privée ? T’as bien fait d’attendre le week-end, je sais pas pourquoi, mais je le sentais mal en semaine.
Gevault, ça suffit le cirage de pompes ! Si tu lui faisais visiter les lieux ?

- Et voilà le fleuron de notre maison : la boutique avec des étagères bien garnies. Vous remarquerez le canapé et la télé pour faire patienter les clients.
- Oui-bof ! Ca vaut tout juste un point.
Pauvre taré !

Le taré :
- Wouaouh ! Mais quelle est cette pièce magnifique ?
- Heu… c’est le débarras. On y a installé la douche, les WC, la penderie. C’est le débarras, quoi.
- Superbe idée ! Allez, 6 points pour cette pièce là. Vous en avez d’autres comme ça ?

Après avoir tordu du nez sur toutes les autres pièces, on arrive tout de même à 18 points de visite.

Mais cesse donc d’angoisser comme ça ! Ca va aller, je te dis ! 18 points de visite et 32 points de cirage de pompes, fais un peu confiance aux talents de cuisinière de Daphnée.
C’est qu’il me ferait douter, l’animal !

Et voilà ! La dinde de Daphnée –sans jeu de mots- pimentée de conversation et il n’en fallait pas plus pour que le proviseur se déclare impressionné par la famille Pasher. Les enfants iront tous à l’école privée.
Vous pouvez desserrer les fesses.
30 mai 2007
B/4 : La complainte du Tamaloù

Dimanche
- Au fait, c’est pas aujourd’hui l’anniversaire d’Ilvo ? Il doit se barrer après je crois ?
- Bien sûr Gevault. Pourquoi tu crois qu’il a invité sa copine ? Tu nous as déjà vus inviter quelqu’un à la maison pendant nos jours de repos ? Les jours de repos c’est fait pour se reposer.

- C’est vrai, ça. On pourrait se reposer au lit qu’est ce que t’en dis, Daphnée ?
- Je demande pas mieux. Ca dépend avec qui.
- Ben ! Avec moi pardi ! Avec qui tu voudrais que ce soit ?
- T’as raison, c’était une question bête.

- Ouais, super ! Les vieux sont au lit, je vais pouvoir en profiter pour compléter ma barre de créativité.
Ouais, super ! Tu vas pouvoir remplacer ta mère au chevalet pendant qu’elle ira fabriquer des jouets.

- Alors petit frère, c’est ce soir qu’on se quitte ?

- Et pourquoi ce soir ? Pourquoi tu te barres pas tout de suite ? Ca te manquerait de pisser sous NOTRE douche ?
Bon, Gevault, ça suffit le sale caractère ! Il part pas tout de suite parce qu’il peut encore être utile. C’est pas la mer à boire d’attendre ce soir. Il partira sans se laver si ça peut te contenter.

Et donc, à la nuit tombante…
Ilvo, c’est l’heure de grandir mon grand. Tu dis au-revoir à ta petite copine maintenant, ça fait assez longtemps que Gevault trépigne d’impatience de te voir monter dans un taxi.

Grandissement réussi.
Oh-mais, c’est un beau gars Ilvo. Je sens qu’il va relever le niveau du quartier. Surtout que lui, il pourra choisir la femme qu’il veut. T’as bien travaillé Yvan : cinq enfants, cinq qui promettent d’être beaux. On n’en espérait pas tant.

Et c’est l’heure des adieux. Je vous laisse deviner qui dit quoi.
- Au-revoir fiston, tu vas me manquer, tu sais. Qui me tiendra compagnie à la boutique ? Qui va réassortir les stocks ? Qui va fabriquer des camions et des boites à clown maintenant ?
- Bon débarras ! On va enfin avoir des douches propres !
- Ho, faudrait voir à pas m’oublier. Moi, je suis encore là.
- Tu t’es réjoui trop vite, petit frère. Les douches propres, c’est pas pour demain.

- Les vaches ! Ils ont tenu bon jusqu’au bout. Je peux faire une croix sur l’université maintenant.

Une bonne surprise attendait Yvan dans la chambre d’Hesper. - Ooooh une bibliothèque ! Le rêve de ma vie ! Lundi 7ème semaine - Dire qu’il faut ouvrir le magasin. Encore une journée de dingue en perspective. J’en ai maaaarre du commerce ! - Ooooh mais voyez-vous ça ! Ma grande fille qui vient me rendre une petite visite. C’est gentil Aylée, de penser à ton vieux papa. Tu sais que ta mère arrête pas de me dire qu’elle voudrait t’embaucher à la boutique avec Ilvo ? - Elvanha je sais pas, mais Gérault ça m’étonnerait. Tu sais, il s’entendait pas tellement bien avec Ilvo. - Votre mari n’est pas là madame Pasher ? J’aime bien avoir affaire à lui. Il encaisse vite, lui ! Psst Gevault ! C’est pas toi qui rêves d’un badge de bronze en vente ? Alors, laisse tomber cette ardoise et occupe-toi de ta sœur. Ca serait bien le diable si t’arrivais pas à lui vendre quelque chose. Un conseil, essaye la pieuvre, c’est ce qui paye le mieux. HESPER ! RENTRE A LA MAISON IMMEDIATEMENT ! - Aglagla, aglagla. - Ah-mais-heu ! Pourquoi tu me réveilles ? Je dormais bien avec ma maman. Hé-oui ! Allez hop ! Pas de temps à perdre. Il sera pas dit que l’héritier ne saura rien faire quand il héritera de la boutique.
- Ooooh, un fauteuil ! Le rêve de maman !
Tant que vous n’aurez que des rêves comme ça... 
- Qu’est ce que tu fais papa ? Tu fais de la gym ? Tu seras pas trop fatigué pour tenir le magasin ?
- Bien sûr que je serai trop fatigué ! Si c’était pas l’autre bourreau qui me force.
C’est qui le bourreau ? Hein ? C’est qui ? Faudrait peut-être voir à faire des efforts pour plaire à ta femme.
- Meuh, je lui plais toujours à ma femme, pas besoin de faire des efforts pour ça.
Moui… On sait ce qu’on sait.
T’inquiète Yvan, t’en as peut-être plus pour très longtemps.
- Ah-nan ! La boutique, très peu pour moi. Je cherche un travail dans le sport ou les affaires. Un truc qui paye bien, pas un métier où tu te crèves pour trois fois rien. Et puis travailler avec maman… nan, ça me dit vraiment rien. On a acheté une maison avec Ilvo. On pourra y accueillir Elvanha et Gevault s’ils sont d’accord.
- Mais c’est des histoires de gamins papa ! Il y pensera plus dès qu’il sera grand. Et toi mon petit papa, ça va ? Toujours la forme ?
- Oh ça va, ça vient. Y a des hauts et des bas. Heureusement que ton frère et ta sœur sont là pour me donner un coup de main. J’ai plus 20 ans, tu sais.
Bon Yvan ! Je sens qu’on va entendre parler de tes problèmes de prostate. Alors quand t’auras refermé le chapitre du vieux tamaloù, tu t’occuperas de ta boutique. 
- Ah-nan, mon mari se repose. Il a plus vingt ans, vous savez. Il a des problèmes de prostate, il est obligé de se ménager.
- Ha-oui, je comprends. Vous lui souhaiterez le bonjour de ma part et une meilleure santé.
- J’y manquerai pas. Alors, on a dit : 321 $.
- Oh ben quand même ! On pourrait bien lui en faire cadeau.
Tsst ! Faut pas faire de sentiment en affaires. Elle a de l’argent, autant vous en faire profiter.
- Mais-heu ! On s’amuse bien à la neige !
Je SAIS que vous-vous amusez bien. Mais ça fait au moins deux heures que vous-vous amusez bien. Tu veux mourir congelé, ou quoi ?
- Mais-heu ! J’ai même pas froid !
TU RENTRES et tu discutes pas !
Bien sûr aglagla ! T’as vu comment t’es habillée pour jouer dehors par moins 10 !
Ils pensent à quoi, tes parents ?
Parce que c’est l’heure de grandir mon petit chéri. Fais-voir si tu seras toujours aussi beau une fois ado.

02 juin 2007
B/5 : Un héritage en or

Mardi
Ridicule !
- QUOI ?! Pourquoi ridicule ? J’ai bien le droit de faire une déclaration à ma femme !
Je l’aime ma femme, elle a toujours été si présente, si bonne mère, si bonne épouse, si fidèle.
Fidèle, hum !

- Quoi ? Tu vas pas me dire qu’elle m’a pas été fidèle. Ôte-moi d’un doute : Ils sont bien de moi les enfants ?
Oh, pour les enfants tu peux être rassuré mais pour ce qui est de la fidélité… oui, elle t’a été fidèle. Disons qu’elle n’a pas pêché par action mais par intention. T’es tu jamais demandé à qui elle pouvait bien téléphoner tous les soirs ?
- Aux fournisseurs. Elle appelle les fournisseurs. C’est ce qu’elle m’a dit. Tu vas pas mettre sa parole en doute.
Nan, mais les fournisseurs… enfin, j’ai rien dit.

C’est pas le moment de lui ôter ses illusions. Mais Daphnée songe sérieusement à préparer l’avenir. Elle se sent encore jeune elle, avec sa mini-jupe et elle voit bien qu’Yvan qui vient enfin de décrocher son badge en or de caissier, a le pied plus près de la tombe que du berceau. En parlant de ça…
Dis-donc Yvan. Tes bonus, tu comptes en faire quoi ? Faudrait peut-être penser à les transmettre à ton héritier.
- Mes bonus ? Servent à rien mes bonus, je te l’ai déjà dit.

Servent peut-être à rien, mais tu vas me faire le plaisir de les transmettre à Hesper quand même, puisque t’as l’option à présent. Serait même temps de te dépêcher, si tu veux mon avis. Des années de pratique, ça se transmet pas d’un claquement de doigts.

YVAN ! Qu’est ce que tu fais ?
- Je transmets ! Tu m’as dit de transmettre : je transmets !
Je t’ai pas parlé de transmettre ta rapidité à taper sur les doigts. Je t’ai recommandé de transmettre tes bonus commerciaux. Maintenant, j’ordonne : Transmets !

- Bon alors fiston, on va voir si t’as retenu la leçon. Comment tu reconnais ce que veut un client ?
- Je vois ce qu’il regarde et je lui fais une démonstration.
- MAIS-NON, bougre d’âne ! T’as pas encore compris qu’ils savent pas ce qu’ils veulent les clients ? S’ils regardent les camions, c’est qu’ils veulent des cubes, s’ils regardent les cubes, c’est qu’ils rêvent d’un cerf-volant. Donc, tu vois ce qu’ils regardent et tu leur proposes autre chose. Le truc le plus cher, tant qu’à faire.
- Aaaah ouais ! Et s’ils regardent le truc le plus cher, je leur propose des cubes.
- Mmm…T’as pas la bosse du commerce, toi !. Je me demande si je ferais pas mieux de céder mon affaire à Daphnée. Allez, on reprend depuis le début. Règle number one : le client sait pas ce qu’il veut. Règle number deux : le commerçant sait qu’il veut lui vendre le truc le plus cher. Règle number trois…

Mercredi
Gevault et Hesper se battent comme des chiffonniers. Tout ça parce que Gevault est jaloux de voir qu’Hesper complote avec Yvan.
- Tu vas me le dire, le secret pour manipuler les clients ?
- Nan ! Je le dirai pas ! Papa, dis-lui que y a que moi qui doit savoir.

- Ooooh, débrouillez-vous sans moi. Quand vous en aurez marre de vous battre, on reprendra les leçons. Tu connais pas encore tout, jeune homme. T’en es même très loin.

- Alors Hesper, comment tu reconnais ce que désire le client ?
- Je regarde le truc le plus cher et je décide que c’est ça qu’il désire. Comme j’ai appris l’art de l’épate, je lui refile à tous les coups.
- Bien, mon fils ! Je vois que ça commence à rentrer !

- Meuh-si je vous crois quand vous me dites que vous êtes fauchée, madame Miteuz. Mais… on peut savoir ce que vous fabriquez dans ma boutique à longueur de journée puisque vous pouvez jamais rien acheter ? Ca vous fait pas un peu mal au cœur ?
- Nan, pas du tout ! Je viens pour l’ambiance : ça me permet de voir du monde. Et puis on se sent bien chez vous, c’est chauffé, on peut jouer aux fléchettes … nan, même sans acheter on s’ennuie jamais, je vous assure.
* Mmm, serait peut-être temps de songer à acheter un horodateur. Les clients qui me font perdre mon temps, j’aime pas beaucoup ça, moi !*

Pauvre papa ! Il gâche ses talents dans ce quartier de miséreux.
C’est pas avec des clients fauchés qu’il pourra s’offrir une tombe en or.

Jeudi
- Vous êtes perdue mademoiselle ? Je peux peut-être vous renseigner ?
- Ah-oui merci ! Je suis un peu paumée dans cette boutique. Ils sont où les vendeurs ? Ils portent pas d’uniforme ?

- Si-si, juste derrière moi! Le jeune en pyjama et le vieux en calcif. C’est ça l’uniforme maison. Ca craint !
- Ouah ! Le BEAU en pyjama c’est un vendeur ?
*T’entends ça ? Le « beau » en pyjama. Et moi alors ? Je sens le merlan ?*
- Oui-mais, il est occupé, pas de chance ! Moi aussi je peux vous faire une démonstration.
- Ha-nan merci, je préfère attendre !

- Marre du frangin ! Depuis qu’il a grandi, il les tombe toutes. J’aurai jamais de copine avant mon anniversaire, moi si ça continue…. WOUAIS BON CA VA ! Ca sert à rien de vous énerver. Je vais bien finir par la trouver cette touche !

- Dites, à quelle heure faudrait venir pour avoir des chances de se faire servir par le beau vendeur ? Parce que là, ça va faire cinq heures… je peux plus attendre.

- Bien fait ! Ca lui fera les pieds ! Elle avait qu’à se contenter de moi.

- Ca y est, t’es prêt ? T’as bien retenu la leçon ?
- Je crois… je sais évaluer les désirs déjà. Pour la manipulation, je suis pas sûr.
- Parfait ! T’as compris le principal. Demain on se lève avant l’aube et je te transmets le reste.

Hélas le lendemain, avant l’aube…
- Mais-heu ! Qu’est ce que vous fichez chez moi, vous ? QUI a déverrouillé la porte ?
- Hanaaaannn ! Pitié, me le fauchez pas ! J’ai encore des trucs à apprendre.
- Trop tard p’tit gars ! Il a fait son temps. Fallait prendre vos précautions avant. C’est l’heure de se quitter, maintenant. J’ai d’autres challengers à faucher, moi !

Si tu vois ça Yvan, tu dois être content. Ils te regrettent drôlement dis-donc ! Même l’héritage conséquent que tu leur laisses ne suffit pas à les consoler : 20 000 rien que pour Daphnée, 8 000 pour Hesper… Bon, là-dessus on ne gardera que 5 000.
Mais les autres… ils devraient se réjouir les autres ! Ils vont pouvoir faire bombance avec tout ce fric que tu leur offres. De quoi satisfaire leur aspiration à la richesse pour un petit bout de temps, je te prie de croire. Et Aylée et Ilvo n’ont pas été oubliés. Surtout Aylée qui empoche tout de même 12 000$. J’ai toujours su qu’elle était ta préférée.

Vendredi
Daphnée, en tant que veuve légitime, a hérité de la boutique. Heureusement qu’en homme prévoyant, Yvan avait rempli son sac à dos de pieuvres et de pivote-tourne et tremble pour lui permettre d’approvisionner les stocks pendant quelques temps.
Tu sais ce qu’il te reste à faire, Daphnée ? Décrocher le badge d’or en création de jouets avant de clamser à ton tour.
- Bouhouhou, Yvan, tu l’entends ? Elle veut me faire clamser ! Mais je suis encore jeune, moi !
Pas tant que ça, Daphnée. Pas tant que tu crois.

Et ça chiale dans tous les coins de la maison. J’aime autant vous dire que c’est pas bon pour le commerce.
Allons, Gevault, remets-toi ! Nan, on le ressuscitera pas ! Faut t’y faire, mon garçon.
07 juin 2007
C/1 : Quoi de neuf docteur ?

Samedi
Pour changer les idées des enfants qui stagnent au noir profond, Daphnée a décidé de les emmener pêcher au parc sud. Pour une fois qu’il ne pleut pas, faut savoir en profiter.

Au moment du repas, les garçons règlent leurs comptes :
- Il a encore fallu que tu te distingues en draguant la fille qui vend le café, Hesper. Tu penses un peu à en laisser aux autres, des fois ?
- Mais-heu ! C’est pas ma faute si elles me courent toutes après. J’y peux rien si elles veulent pas de toi. Si t’avais pas si sale caractère aussi.
- C’est peut-être pas la faute d’Hesper, Gevault. Moi non plus, j’arrive pas à intéresser un gars. J’ai essayé avec le livreur de journaux, je me suis pris râteau sur râteau. On est les jumeaux maudits !

Avec les 5000 $ de l’héritage, Daphnée s’est enfin offert la maison de ses rêves, avec une vraie chambre qui ferme. Et suivant les conseils d’Yvan, elle a installé un horodateur sur le terrain.

Dimanche
Le lendemain, Gevault fêtait son anniversaire. Il a bien grandi, mais… pas de petite amie, pas de rendez-vous paradisiaque…

Forcément, il nous a pété un câble.

Docteur Foldingo, le retour :
- Je vois ce que c’est : Vous, vous êtes encore puceau.
- Gné ! Comment vous avez deviné ?
- L’expérience petit gars, l’expérience ! Un conseil : perdez pas de temps à chercher l’âme sœur, sautez sur la première venue. Z’êtes pas obligé de l’épouser, c’est juste une question d’hormones.

Et forcément, même cause, même effets :
Dans la famille je-pète-un-câble, je demande la fille.

Docteur Foldingo, le re-retour
- Pffiou ! Pouviez pas en profiter pendant que j’étais sur place ? Vous croyez que j’ai que ça à faire d’aller et venir dans cette maison ? ALORS ?! Qu’est ce qui débloque avec vous mademoiselle ?
- Heu… chais pô. Je me sens pas bien. C’est peut-être une question d’hormones aussi ?
- Meuh-nan, pas avec les filles ! Vous, vous auriez voulu aller à l’université. Je me trompe ?
- Heu… nan. C’est vrai.
- Bon ! Trouvez-vous un bon boulot, ça va passer.
- Croyez ?
- Si-si, ça va passer, c’est sûr ! Rien de tel que de se tuer au boulot pour oublier ses petites misères.

- Pourquoi moi c’est mes hormones qui débloquent ? Pourquoi c’est pas à cause de l’Université ? C’est pas juste ! Un boulot c’est plus facile à trouver qu’une fille. Surtout avec Hesper dans les parages.
Gevault, nous fait pas un blocage là-dessus. C’est pas parole d’Evangile ce que raconte le docteur Foldingo. Et puis t’es pas obligé de cohabiter avec Hesper. Je dirais même que c’est formellement déconseillé. Aaaallez, fais tes bagages mon grand. Tu pars vivre chez Aylée avec Ilvo et Elvanha. Vous verrez comme vous serez bienheureux tous les quatre.

Lundi
Nan-nan, Hesper, c’était pas la peine d’enfiler ton bel uniforme de l’école privée. C’est terminé, l’école pour toi. Maintenant, tu travailleras à la boutique à temps complet.
Tâche d’en profiter pour trouver une petite amie. C’est pas le choix qui te manque, toi veinard.

Ah Daphnée ! T’as décidé d’assumer ton âge ?
Tu portes enfin le deuil in memoriam de ton pauvre Yvan ?

Ben-non, c’était pas du tout ça. Madame veuve Pasher adoooore se faire plaindre par les clients.
- Ma pauvre dame, vous devez être bien triste. C’est pas trop dur pour vous ?
- Oh que si, c’est dur ! Et je parle pas que de la boutique. La solitude ! Vous savez pas ce que c’est que la solitude, vous. Si seulement j’avais un homme sur lequel m’appuyer. Une épaule consolatrice… mais personne. J’ai personne ! Je suis bien à plaindre, allez !

Bien entendu, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Elle aurait fait exprès d’en parler devant lui, que ça me surprendrait pas plus que ça.
- Daphnée, que je suis heureux que vous ayez accepté ce rendez-vous. Vous pouvez me demander tout ce que vous voulez. Je veux pas vous voir souffrir comme ça pour un homme qui n’en valait pas la peine. Rappelez-vous quand vous me racontiez qu’il passait tout son temps dans son commerce et qu’il vous laissait seule. Toute seule ! Ca date pas d’hier votre solitude.

- Comme vous avez raison, très cher. Et savez-vous ce qui me manque le plus ? CA !!!
Elle a eu la bonne idée d’épargner ses galipettes à Hesper. C’est déjà ça. Mais franchement, comme veuve éplorée, j’ai vu mieux.

Mardi
Et la vie poursuit son cours avec ses bons et ses mauvais moments.
Hesper teste le matériel. Rien à redire, Yvan avait fait du bon travail.

Mercredi
Grâce aux bons conseils qu’Yvan a prodigués à son fils avant de disparaître, le commerce passe en position dix.
Points : 29 000

- Papa avait bien raison de dire que les bonus servaient à rien. Vous trouvez que je manquais d’influence personnelle, vous ?
- Je dirais pas ça p’tit gars... Vous m’avez déjà sacrément influencé pour vous acheter les trois quarts de la boutique.
- Et le quart restant ? Vous me le prendriez ? Me reste encore quelques pieuvres. Si elles vous disent, elles sont à vous. Vous voulez une démonstration ?

Pour s’acheter une bonne conscience et faire oublier ses écarts de conduite, Daphnée ne sait pas quoi inventer. De la dinde un mercredi ! En quel honneur ? Y avait plus de poisson dans le frigo ?

Et ça a l’air de marcher en plus.
- Tu sais maman, je t’admire ! Tu supportes admirablement la mort de papa. Il aurait été fier de voir comme tu caches bien ton chagrin. Je sais bien que tu le fais pour moi, mais si t’as envie de pleurer, ne te prive surtout pas. Je comprendrai.

- Groumpf ! Glups ! Keuf-keuf ! S’cuze-moi Hesper, j’ai dû avaler de travers. Pleurer ? Oui tiens, je tâcherai d’y penser un de ces jours. Mais tu sais, j’ai pas tellement le temps. Je t’ai dit que je m’étais remise à la peinture ? Alors entre ça et la boutique…
… et les rendez-vous paradisiaques que tu lui caches soigneusement. On peut dire que t’es une veuve formidable. C’est pas à toi qu’il aurait refilé le bonus de la manipulation Yvan, des fois ?
15 juin 2007
C/2 : Le calvaire de Daphnée

Pendant que la veuve joyeuse fait la causette aux clients…
- Savez pas ce que c’est la solitude mon brave monsieur. Se retrouver dans son lit toute seule avec ses insomnies et ses désirs pour toute compagnie… Mais pourquoi ? Pourquoi, la faucheuse m’a pas emmenée avec mon pauvre Yvan ?
- Faites comme moi, occupez-vous de votre jardin, serez tellement crevée que z’aurez pas le temps d’y penser. Le jardinage, y a rien de tel pour vous occuper l’esprit ma petite dame.
L’est fou lui ? Daphnée si tu t’ennuies, je te rappelle qu’il y a des châssis toilés plein ta chambre. La peinture y a rien de tel pour vous remplir le porte-monnaie ma petite vieille.

... Pour Hesper c’est le métier qui rentre.
- Tain c’est pas qu’il était temps ! Qu’est ce que je vais faire de cette tonne de cubes ? Me reste plus qu’à refourguer le stock maintenant..

Les absences répétées d’un élève jadis si brillant inquiètent tout le corps enseignant.
- Une moyenne de zéro sur vingt, vous n’avez pas honte monsieur Pasher ? C’est votre avenir que vous être en train de ruiner. Ressaisissez-vous avant qu’il ne soit trop tard. Vous ne pourrez jamais entrer à l’université, parti comme ça.
- Heu… merci, vous faites bien de me le rappeler.
Nan, ils font pas bien, nan !

Vendredi
Hesper… Mais qu’est ce que tu fabriques mon gars ? C’est l’heure d’ouvrir le magasin !
- Nan-nan, faut que j’étudie. Si je veux remonter ma moyenne à quinze avant mon anniversaire, j’ai intérêt à mettre les gaz.
Tu sais quoi ? Même avec l’effet de serre, m’étonnerait qu’elle pousse jusque là. T’occupe de ce qu’ils t’ont raconté : ton avenir, il est tout tracé.

- Qui veut des cubes ? Des jolis cubes ? Le cube TOUPACHER le cube qui vaut vraiment pas cher.
- Heu… j’ai le coup de cœur pour vos cerf-volants,
- M’enfin, z’allez pas me prendre un cerf-volant hors de prix alors que mes cubes sont presque donnés. Allez-allez, on liquide, on brade, on fait du vide, tout doit disparaître… surtout les cubes !
Bravo Hesper ! T’as super impressionné le critique avec ton art du baratin. A toi le prix du commerce de l’année. Tu vois bien que ton avenir est assuré.

Tiens, Daphnée a changé de tenue… me demande quand même si elle devrait pas changer de lunettes aussi.
Hé Daphnée ! C’est pas le prix du commerce de l’année que t’as affiché, c’est le premier simflouze gagné par Yvan.
- Je sais ! C’est sentimental. Il me manque tellement, (sniff ) ; surtout quand je me retrouve seule au lit (sniff-sniff) seule avec…(soupir), ma solitude.

- MAMAN !!! C’est quoi ce boucan ?
- Oh c’est rien. Juste la foudre qu’est tombée chez les voisins. Tant que c’est pas chez nous…
Qu’est ce que je disais ? Ah-oui, ma solitude et ce corps insatisfait qui réclame…

Excuse-moi d’interrompre le récit de ton calvaire Daphnée, mais y a le feu chez vous.
- Nan, c’est chez les voisins, je sais encore ce que dis ! -Qu’est ce que je disais déjà ?
Et moi je te dis que c’est chez vous AUSSI ! Dépêche-toi d’appeler les pompiers avant de transformer ton jardin en cimetière pour les clients.

Pin-pon ! Pin-pon !
- Alors il est où ce feu ? Je vois pas de feu ! Il est où le feu ?
Bon alors, Corentin Letourneau si t’étais pas arrivé en pédalant dans le camion, tu l’aurais vu le feu.

- Ha-ben, scusez-nous m’sieur le pompier, on a sorti les extincteurs comme vous n’en finissiez pas d’arriver.
- Ah-ha, ça veut jouer les soldats du feu. Ca peut pas attendre cinq minutes que les professionnels rappliquent. Je vous colle une amende de 500$ pour avoir appelé les pompiers sans raison.
QUOI ?!! Sans raison ? Nan-mais j’hallucine !
- Ben-heu… c’est que… on n’avait pas prévu ça. On vient juste de déposer l’argent de la recette à la banque.

Qu’est ce qu’il va nous piquer l’enfoiré ?
Hé, Corentin ! Y a des cubes de quoi te construire une caserne.
HESPEEEER !! C’est le moment de lui sortir ton baratin.

Ah d’accord !
Te dérange pas Hesper. Il a déjà fait son choix.

Samedi
Bon ben Daphnée, faut t’y coller ma vieille. Tu me re-fabriques une jolie pieuvre.
- Valà-valà, c’est fait !
Moui… j’avais dit « une jolie ».
Je te préviens : va falloir la caser celle-là. J’espère que t’as pas oublié l’art de la manipulation.

Dimanche
Ben alors ? L’est pas bientôt fini ce chef d’œuvre ? Grouille-toi Daphnée, t’as pas la vie devant toi et le tiroir-caisse est à sec.
- Mais c’est que… j’avais prévu autre chose pour mon jour de repos, moi ! Comme tu dis : j’ai pas la vie devant moi. Faut que j’en profite.
Et laisser Hesper dans le besoin ? Ôte-toi ça de la tête tout de suite ! Ton « autre chose » ça peut attendre. Au fait… il est où Hesper ?

Ah, t’étais là mon grand ! Qu’est-ce que tu fais ? A quoi tu penses ?
- Ben tu vois, j’hésite : Va me falloir des bourses pour l’université, je sais pas à laquelle m’attaquer. Le prix de génie de Firmin Tello, la bourse Axel Airé d’athlétisme ou bien celle des érudits de Simcity ? -Mais là faut que je remonte ma moyenne. Tu choisirais laquelle, toi ?
AUCUNE ! Et si t’allais t’attaquer à ton badge d’argent de création de jouets ?
*Je le sens mal l’anniversaire, je le sens mal !*

Aaaah, c’était ça qu’elle avait en tête la vieille : aller draguer en ville avec son professeur qui doit bien avoir 20 ans de moins qu’elle.
- Elle voulait que je peigne un tableau d’avance, j’ai raconté que j’avais plus de peinture, hi-hi-hi ! Mais chut !! Tu dis rien, hein ? Tout ça reste entre nous.
- Hi-hi-hi, t’es drôlement futée, toi ! Et ton fils ? Qu’est ce que tu lui as dit ?
- J’ai dit que j’allais mettre des fleurs au cimetière. On a tout le temps pour nous, mon cœur.

- Ah madame Pasher, quel plaisir de vous revoir ici. C’est gentil d’avoir emmené votre grand fils. C’est lequel celui-là ? Ilvo ? Gevault ? Hesper ? Nan il est pas encore si vieux que ça. Ca lui fait quel âge à Hesper ?
- Mon fils ?? Ah-nan-nan, je suis venue avec un ami.

- Tu te rends compte, elle t’a pris pour mon fils. Dis-moi que je fais pas si vieille que ça.
- Meuh-nan tu fais pas vieille Daphnée ! T’es comme les roses de septembre : au summum de ta séduction, sinon pourquoi tu crois que toutes mes pensées n’iraient que vers toi ?
- Ooooh, comme c’est beau ce que tu me dis là. Toutes tes pensées pour moi ? C’est bien vrai ce mensonge là ?
Bon, quand t’auras fini de roucouler, t’iras me pêcher quelques poissons pour approvisionner le frigo.
- Quelle rabat-joie celle-là. Faut qu’elle vienne nous casser l’ambiance. T’es obligée de la supporter Daphnée ?
- Laisser dire et bien faire. Y a longtemps que j’ai compris le truc. On en était où déjà ? Ah-oui, c’est bien vrai ce mensonge là ?

- Quelle merveilleuse journée mon amour. T’es obligé de partir maintenant ? On pourrait aller danser quelque part ou alors… j’irais bien m’acheter deux trois sous-vêtements, les miens risquent de te décevoir. Tu pourrais venir avec moi dans la cabine, tu me donnerais ton avis, qu’est que t’en dit ?
J’en dis… et les poissons ? Ils vont se pêcher tout seuls ?
- Pardon ?! Qu’est ce que tu me parles de poissons ? Je te parle d’aller dans la cabine d’essayage avec moi. T’as pas compris le sous-entendu ?
- Ah-mais c’est pas moi ! C’est pas moi du tout, tu penses bien ! Moi je serais ravi d’aller faire des essayages…
LES POISSONS ! LES POISSONS !! LES POISSONS !!!
- Bon mon chéri, je crois qu’il faut qu’on se quitte, elle me lâchera plus avec ses poissons.
A demain mon amour, mon cœur. C’est ouvert le lundi les boutiques ?

Ah-ben, tu vois que ça valait le coup ! Un beau silure géant et un badge de bronze de pêche. T’as pas perdu ton temps.
- Je sais pas ce qui me retient de te le faire bouffer tout cru le silure ! Me torpiller un rendez-vous paradisiaque pour ça ! On voit bien que c’est pas toi qui soupires après un crac-crac.