04 mai 2007
A/1 : Ca commence mal

Lundi
Qu’est ce que tu fais Yvan ?
- Je regarde ce grand terrain vide qui s’étend devant mes yeux et je m’interroge : Où sont-elles la boutique et la maison qui devraient s’y trouver ? C’est bien ce qui est prévu dans les règles du challenge du premier supermarché proposé par Astrée sur le forum de Simsagora : Une boutique ET une maison, nan ? Alors je m’interroge : Où sont elles ?

Si tu commençais déjà par te présenter et faire voir ta belle petite gueule aux lecteurs qui vont te suivre dans cette aventure au lieu de râler ?
- Oui-bon, je m’appelle Yvan Pasher, apprenti commerçant pour le moment, mais je suis un battant, je te vais mener ma barque de façon à avoir le plus grand supermarché de la région.
T’auras pas trop de mal : Y a pas un seul commerce dans la région. Je préfère t’avertir tout de suite : j’y connais pas grand chose en commerce, ma seule expérience dans ce domaine s’est arrêtée au niveau six d’une boutique de fleuriste. Alors compte pas trop sur mon aide.
- Pas besoin de ton aide, je vais me débrouiller. Mais pour commencer me faut une boutique et une maison. Je me répète : Où sont-elles ?

Tu les veux ? Ben voilà, tu les as !
- CA une boutique ?! Une boutique de nain, oui ! Y a tout juste la place d’y fourrer un comptoir, une étagère et un coin pour travailler. Je vais les mettre où les clients ?
Ils se presseront devant l’étagère, t’inquiète pour eux. Et la maison, elle te plait la maison ?
- C’est le pendant du royaume du nain. Elle est minuscule ! Qu’est ce qu’il y a dedans ? J’espère qu’elle a le confort moderne. J’ai besoin d’être en forme pour bosser moi.
Si t’allais te rendre compte par toi-même ?

- Super, une bibliothèque !
Oui-mais elle est là temporairement. Juste histoire que t’arrêtes de me faire une fixation là-dessus et que tu réclames des toilettes, une douche et un frigo. T’as de ces priorités qui collent mal avec ce challenge.

Mais tu dis rien du lit. T’as pas vu ? Confort et énergie 4, c’est le pied ! Il m’a quand même coûté 9 50 $.
- Mouais… pour une miette de plus j’aurais pu avoir un lit d’énergie 6. Soit dit en passant.
Un lit SIMPLE oui, mais là t’as un lit double pour la future madame Pasher. T’as rien contre le mariage Yvan ?
- Nan, ça fera de la main d’œuvre gratis.
C’est d’un romantisme tout ça !
- Mais je te préviens: je veux pas d’un boudin quand même !
Difficile en plus. Je tâcherai de t’en trouver une potable, mais parmi les PNJ, ça court pas forcément les rues.

Bon ! Si tu peignais un beau tableau ? Faut quand même penser à faire rentrer de l’argent dans les caisses.
- J’aime autant te dire que je suis pas un as en peinture : je peins que des croûtes.
Pas grave Yvan, même les croûtes t’as le droit de les vendre. Pas plus d’une par jour cependant.

Ben alors ? C’est déjà fini la peinture ? Qu’est ce que t’attends pour aller vendre ta croûte ? Tu crois que l’argent pousse sur les arbres ? Même pas sur les arbustes, tu vois.
- Je regarde ce minable buisson que tu m’as planté… t’as pas trouvé plus moche ?
J’ai surtout pas trouvé moins cher !

DEUX simflouzes ! T’avais raison t’es vraiment un peintre minable. Je me demande si ça valait bien le coup de perdre ton temps.
- Ben quoi, deux simflouzes c’est déjà ça. Les petits ruisseaux…
Moui… je maintiens : je me demande si ça valait le coup. Tu ferais mieux d’aller fabriquer des jouets si tu veux avoir quelque chose à vendre demain. Tu te rappelles que demain à 8 heures c’est l’inauguration du magasin ?

Etape numéro un : déclarer l’ouverture du commerce. Après tu te colles à la fabrication et faudrait peut-être prévoir du stock les clients n’aiment pas les étagères vides.

Ben alors ? C’est déjà fini les jouets ? Qu’est ce que t’as créé de beau ?
- Des cubes moustachus à la pelle.
Tous les mêmes ?
- Ben ouais, tous les mêmes. J’avais pris le coup pour les moustaches, et tu connais mes talents en peinture.
M’en parle pas ! T’en as assez ? T’es sûr que tu devrais pas en faire d’autres ?
- Tu permets : JE MANGE ! A force d’être debout devant l’établi j’ai les fesses en compote moi !

Mardi
Ben Yvan ! Tu reçois les clients en pyjama ? Ca fait bien !
- T’as vu comment ils sont fringués les clients ? Ca vaut pas le coup de faire des efforts. J’aime autant mon beau pyjama à rayures.

Ca vaut pas le coup non plus d’essayer de vendre ? Tu crois qu’ils vont se décider comme ça ? Tu ferais mieux de t’occuper de la clientèle. Y a rien à voir dans la rue.

De mieux en mieux ! Je donne pas cher de tes talents de vendeur.
- Nan-mais t’as vu le temps qu’ils mettent à se décider ? Qu’est ce que ce serait si j’avais plusieurs modèles ? Quand ils auront fini de prendre racine, je m’occuperai d’encaisser le flouze. En attendant, je soigne mes fesses. Je t’ai pas dit que j’avais mal aux fesses à force de rester debout ?

Heu… Yvan ! Tu pourrais pas mettre le turbo ? Je sens les clients qui s’impatientent, là. T’en mets du temps pour encaisser.
- Je connais rien à l’électronique. File-moi un papier et un crayon, tu verras que ça ira plus vite.
Tu connais rien à rien à ce que je vois.

Vantard ! M’as-tu-vu ! Minable ! T’es obligé de faire toutes les âneries qu’on te souffle ?

- Nous avons donc dit : 5 cubes à 47 $ de vendus donc 235 $ de recette. Les affaires marchent bien.
Tu confonds pas la recette avec le bénéfice j’espère. Parce qu’en fait t’as gagné que 75 $, là. Faudrait voir à prévoir plus de stock.

Mercredi
Décidément t’as adopté le pyjama comme uniforme de travail ?
- Comme ça je serai plus vite au lit.
Ah-mais-nan, tu retournes pas au lit ! T’as encore une heure à tenir. T’as qu’à t’occuper des clients, les aider à faire leur choix par de judicieux conseils.

- Les clients ! M’énervent les clients ! Surtout le blond avec le pull orange. Il est là depuis l’ouverture et toujours pas décidé. Pour un malheureux cube à 47 $ on dirait pas qu’il va s’acheter une nouvelle bagnole ? Je m’en vais lui secouer les puces, moi !
T’aurais mieux fait de le ménager, il semble qu’il ait le bras long.

Ah-ben voilà, tu progresses. Je suis curieuse de voir ce que tu vas nous fabriquer maintenant.
- C’est tout vu : Des cubes à moustache.
HEIN ?! Mais tu dois savoir faire autre chose maintenant.
- Je SAIS faire autre chose. Mais t’as vu le temps qu’ils mettent pour acheter quand ils ont pas de choix ? Tu voudrais qu’ils hésitent deux fois plus ? Alors ce sera cube à moustache ou cube à moustache !
Belle mentalité ! Joli supermarché !

Jeudi
Tiens c’est nouveau ça ! Tu t’étais habillé aujourd’hui ? Ca a bien marché la vente ? Yvan, JE TE PARLE ! Qu’est ce que tu fais ?
- J’attends l’heure de la fermeture. J’en ai ma claque du commerce. Je vais me chercher un boulot dans la science… ou dans l’aventure. Je me tâte.
C’est tout tâté ! Tu continues ! J’ai pas l’habitude des loosers moi !

L’enquiquineuse :
- QUOI !!! Le lit n’est même pas fait ! Quelle honte !
- Qu’est ce qu’elle fiche dans la maison elle d’abord ? Demain je verrouille la porte. C’est d’un sans-gêne la clientèle, ça se croit vraiment tout permis.
Et encore… elle t’a pas parlé des toilettes bouchées ! Faut dire que c’est elle qui les a bouchées, ça explique peut-être.

Bilan quatre premiers jours : pas brillant !
Faut te ressaisir Yvan ! Il y va de notre réputation.

Vendredi
Mais le lendemain il a ressorti l’uniforme de travail et découvert une nouvelle technique de vente.

Samedi
Ah, tu fabriques des camions de pompiers verts maintenant ? Pourquoi pas rouges ?
- C’est ça, pour qu’on les voie pas sur les étagères ! Remarque bien… je suis pas prêt de les vendre ceux-là !
Et pourquoi ça ?
- Parce que je vais les vendre CHERS ! Peut-être même TRÈS chers ! Au moins, si j’arrive à en fourguer un, j’aurais pas travaillé pour rien.
C’est toi qui vois ! Si tu préfères vendre des cubes qui rapportent des queues de cerises…

Tu penses à quoi ?
- Je me demande… -vu que ma cote n’a jamais été aussi haut en peinture- à combien je vais pouvoir le vendre ce tableau. Quand je l’aurai terminé, bien sûr.
Pas cher c’est sûr ! Je t’ai pas déjà dit que ça valait pas le coup ?
- Tu m’as dit que j’avais le droit d’en vendre un par jour. J’ai le droit, je le prends ! Déjà que j’ai bien du mal à en peindre deux par semaine.

Comme t’as pas trop le temps de t’en occuper, -je vois bien- je t’ai dégotté la future madame Pasher. J’espère qu’elle te plait !
- Mouais… pas trop mal. C’est une PNJ, t’es sûre ? Elle porte pas d’uniforme ?
Meuh-si, elle porte un uniforme. -Un uniforme bien moche entre parenthèses-. Mais là elle a sa tenue d’extérieur, c’est pour ça que tu la reconnais pas. Essaye de deviner qui c’est pour voir.

- Ha-mais je la reconnais maintenant, c’est Daphnée Millet, la factrice à qui j’avais fait deux brins de causette pour remonter ma jauge sociale.
Gné ! Mais tu y as mis le temps ! T’as plus qu’à l’inviter pour la nuit !
05 mai 2007
A/2 : On ne désespère pas d'y arriver

Lundi
Ca y est le lit est fait, les toilettes nettoyées, la vaisselle jetée et la poubelle vidée ? T’auras pas de plaintes désagréables des clients ? Fais-moi disparaître ce journal pourri et le nouveau dans la foulée, ça t’évitera d’avoir à le faire demain.
- Mais-heu ! J’ai pas encore fait les mots croisés.
Et tu les feras jamais, qu’est ce que tu crois ?! Primo : t’as pas le temps. Secundo : Même si tu trouvais dix minutes pour ça, je t’en empêcherais parce qu’après, tu voudrais gagner des points de logique, acheter un télescope et y passer tes nuits. T’as autre chose à faire mon bonhomme ! Y a pas de clients dans la boutique ?

C’est quoi cette nouveauté ? Un gros cube ?
- Pff ! C’est une boite de clown à ressort. T’as pas vu la manivelle ?
Tu pouvais pas la placer sur les étagères ?
- Les étagères ! Elles sont pleines de cubes moustachus et de camions de pompier verts, les étagères.

Menteur ! Je vois encore plein de places. T’as fabriqué qu’un seul camion ?
- Nan, j’en ai plein la réserve. Mais comme j’ai pas l’intention d’en refaire de si tôt, j’en mets qu’un. UN camion, UNE boite à musique. Je commence à les connaître les clients : plus ils ont de choix, plus ils hésitent.

- Tu vois ça marche. Par ici la monnaie !
Enfin… quand j’aurai retrouvé la touche pour ouvrir le tiroir-caisse.

- Ouiche ! Le tiroir dans le bide, ça fait mal !

Mais c’est Daphnée ! La petite factrice qui a accepté d’emménager en apportant 1 000 $. Tu parles d’une associée ! Enfin elle s’est précipitée sur le chevalet, peut être qu’elle a la cote en peinture elle. Peut-être qu’elle va nous vendre des chef-d’œuvres à 500 $. Peut-être.

Même pas !

Mardi
Mais !!! D’où elle sort, elle ? Venir te pincer les fesses sous le nez de la clientèle, je te jure ! Je te vais l’envoyer fabriquer des cubes qu’elle se rende utile au moins.

- T’as vu ? Badge d’argent en vente ! C’est qui le meilleur ?
Faut le dire vite !

- Je suis bon en tout ! En plus j’ai découvert une nouvelle technique de vente que je m’en vais tester de ce pas sur le blondinet qui prend racine.
- Bon alors tu te décides ! Tu prends le cube ou un camion ? Tu vas pas passer ta vie devant mon étagère.
- Mais-heu ! Faut pas me bousculer comme ça. Je regarde !
Moui… m’a pas l’air au point ta technique.

Le client qui prend racine :
- Et pourquoi le cube ou le camion ? Y a aussi une boite à musique. Rha, j’arrive pas à me décider. Est ce que j’en ai l’utilité ?

Mercredi
Tu fais quoi aujourd’hui Daphnée ? Tu me donnes un coup de main à la boutique ?
- Nan, je vais peindre. J’en ai ras le pompon de fabriquer des cubes à la chaîne.

- Tu pourrais t’occuper de la vente, ça te changerait. Et puis avec une femme le courant passe mieux.

Pas sûr !
Enfin, pas avec Daphnée toujours.

Et puis toi Yvan, tu vas me faire le plaisir d’oublier ta technique de vente agressive dont les clients veulent pas entendre parler et essayer de proposer tes camions de pompier hors de prix à bon marché.

Ben voilà, quand tu fais ce que je te dis tu progresses ! Ton commerce a été élu meilleur de l’année. Faut dire –sans vouloir diminuer tes mérites- qu’il n’y a pas tellement de concurrence dans le coin. Mais ça fait toujours plaisir, pas vrai ?

Ben alors Yvan ? Ca n’a pas l’air de te faire plaisir d’empocher le prix Letourneau. 1000 $ quand même ! Ca fait du bien au porte-monnaie quelque part, nan ?
- C’est pas que ça me fasse pas plaisir, c’est que pour y arriver je passe ma vie à la boutique, je prends même plus le temps d’aller pisser. Je savais pas que c’était si prenant la vie de commerçant.

Tellement prenant qu’il t’a fallu tout ce temps pour te rendre compte que t’étais amoureux de Daphnée ?
- Bon, j’avoue, c’était pas le coup de foudre. Mais j’avais qu’elle sous la main de toute façon !

Tu veux que je te dise ? Pour elle c’était le coup de foudre, mais elle commençait déjà à te chercher un remplaçant. Aspiration amour, la Daphnée. Je pouvais pas avoir la main plus moins heureuse. Méfie-toi bien Yvan !
Rha, il dort déjà, il m’entend pas.

Jeudi
Nan, Yvan, nan ! Elle est fichue d’accepter.

Trop tard ! Elle A accepté.

Du coup, elle se considère déjà comme la femme du propriétaire : Elle veut des responsabilités. T’es sûr que c’est une bonne chose de lui confier les clés de la caisse ?
- Meuh-oui, t’en fais donc pas. Je me la suis doublement attachée. Elle est pas prête de me lâcher.
Et puis elle prend modèle sur toi. Elle a adopté l’uniforme de la maison : le pyjama !
- Oui-mais le sien il est moche !

Ah au fait ! Je t’ai agrandi le patrimoine. La semaine n’a pas trop mal marché alors j’ai pensé que ça te ferait plaisir qu’on investisse. Attends que je te fasse voir l’intérieur avant de râler.

Comme tu peux le voir, tu disposes à présent d’une presque chambre et d’une presque cuisine d’un côté. D’un presque atelier et de véritables WC de l’autre. S’agit pas de voir partir les clients parce qu’ils ont une envie pressante et que t’as verrouillé ton petit chez toi.
07 mai 2007
A/3 : L'art de contourner les obstacles

Vendredi
Tu remarqueras que Daphnée fait des efforts pour te plaire depuis qu’elle est officiellement ta fiancée. Tu trouves pas qu’elle a quelque chose de changé ?
- Le pyjama ?

Pas que ! Regarde mieux !
- Aaaah, elle a changé de coiffure et elle s’est maquillée. T’as raison, elle fait des efforts. Ca lui va mieux que la casquette, je trouve.

La journée fut rude pour tout le monde.
- Hou-hou ! Hé-ho ! Tu peux pas demander à Daphnée de me remplacer ? J’en peux plus là, je suis crevé !
Attends une minute, je vais voir !
Pfiou, faut que je joue à l’estafette entre la boutique et la maison.

Aaaah-nan ! Elle peut pas ! Elle roupille dans son assiette. Va te falloir tenir jusqu’à l’heure de la fermeture. Mais ce sera la fin de la semaine, demain tu pourras profiter du week-end pour te reposer.

Tandis que Daphnée pourra te donner un coup de main efficace… tant que son ventre ne l’empêchera pas d’approcher de l’établi.
Ce qui ne saurait tarder.

Samedi
On sent bien là la sensibilité féminine : au lieu des cubes à moustaches, Daphnée crée des cubes à faux-cils. Et au lieu des camions de pompiers verts, de très jolis camions multicolores.
Faut dire qu’elle touche un peu plus sa bille en peinture que mon pauvre Yvan.
- Et zou ! Un de plus pour l’inventaire !

Yvan est allé faire quelques courses à l’épicerie. Il en profite pour avaler des hot dogs gratuits et parler affaires avec un client.
Le client pas bête :
- Pourquoi t’y colles pas un horodateur sur ton terrain ?
- Un horodateur ? Kézako ?
- Ben, un genre de borne électronique. Tu fais payer les clients pour voir et plus longtemps ils hésitent, plus ça te rapporte.

Yvan, très intéressé :
- Ah c’est pas bête ! Et ça coûte combien ce truc là ?
- Dans les 500 $. C’est rentable comme investissement.
- Argh, laisse tomber ! Je les trouve où les 500 $ ?

Le soir même :
- Daphnée, ça te dirait d’aller faire un tour sous la couette ?

Daphnée qui prend son rôle d’associée très au sérieux :
- Heu… c’est pas que ça me dirait pas, mais t’as pas encore des cubes à fabriquer ? S’agirait pas d’être en rupture de stock.

Ben alors Yvan ! Qu’est ce que tu fais le nez dans tes nouilles ? D’habitude c’est réservé aux femmes enceintes ce genre d’oreiller. Prends plutôt modèle sur Daphnée qui pète la forme au moment d’accoucher.

- Rha, non ! Un bébé, c’est pas possible ! Comment on va se débrouiller avec la boutique et tout le bazar ?
Quel enthousiasme ! Tu t’attendais à quoi ? Qu’elle le garde indéfiniment dans son ventre ? Allez, comment tu vas l’appeler ce bébé. C’est quoi d’abord : Fille ou garçon ?
- C’est une petite fille et je l’ai appelée Aylée, puisque j’étais seule à décider.
Merci du renseignement Daphnée. Yvan, tu peux aller te coucher. Petite nature !

Dimanche
- Pourquoi c’est moi qui donne le biberon ?
- Pourquoi c’est moi qui fait la tambouille ?
Parce que tu as six points de cuisine alors qu’Yvan est tout juste bon à tartiner des sandwiches, cherche pas Daphnée !

- Mais c’est pas vrai ! Ca lui arrive de dormir quelquefois ? Elle arrête pas de brailler. Me dis pas que t’as pas installé le patch Fonsine de malheur !
Heu… nan. Faudra faire sans.

- Et tu peux m'expliquer pourquoi c’est moi qui change les couches ?
- Ah-nan, me demande surtout pas de le faire, j’aime pas l’odeur, ça me rend malade.
Et puis ça a tellement l’air de te réjouir qu’on voudrait surtout pas te priver de ce plaisir, Yvan. D’autant que Daphnée a son tableau à terminer.

- Ouf, un peu de calme ! Y a pas à dire, on apprécie.
- Tu crois pas que t’exagères Yvan ? C’est pas une place pour un bébé. Et si jamais y a un problème on l’entendra même pas crier.

- Meuh-nan, y aura pas de problème ! Elle est pas plus mal là qu’ailleurs et on moins nous on a la paix.
- Quand même, je trouve que t’exagères !
10 mai 2007
A/4 : La fin du cauchemar

Lundi
- Y a pas à dire, mes camions verts et mes cubes à moustache font un tabac. On se les arrache ! Toutes les familles du quartier veulent en avoir chez eux. Du coup, je suis obligé de colmater les trous avec les cubes à faux-cils et les camions peinturlurés de Daphnée. J’espère que les clients seront pas déçus.
Ca n’en a pas l’air.
Points : 4 000

- Bon alors, je choisis quoi comme bonus ? Guide-moi, toi ! J’ai droit à quoi ?
Ben… je serais toi, je choisirais d’évaluer l’humeur, ça peut toujours rendre service.

D’autant qu’avec ta nouvelle technique de vente, personne ne pourra plus te résister.
Tu t’en sors pas si mal, finalement.

- Je te dis pas dans quel état je suis !
Et Daphnée ? Elle fiche quoi de ses journées ? Elle se roule les pouces ? Je l’ai pas vue au magasin une seule fois. J’aimerais bien pas être seul à bosser quand même !
Heu… je te trouve un tout petit peu injuste, là Yvan !

Allez Yvan, fais pas cette tête, Daphnée a acheté un gâteau d’anniversaire pour qu’Aylée puisse grandir plus vite. Le cauchemar du bébé braillard touche à sa fin.

En plus, regarde comme elle est mignonne ta fille : Tout ton portrait. Ca devrait te redonner le sourire, nan ?
Maintenant que j’y pense… t’es sûr que t’étais pas aussi braillard, bébé ?

Où tu vas comme ça ?
- Me coucher !
En laissant le plat dans le four ? INCONSCIENT ! M’en vais désactiver le libre-arbitre moi, ça va pas être long ! Dès que je te laisse la bride sur le cou, t’inventes que des bêtises.

D’ailleurs Daphnée est d’accord avec moi.
- Mais qu’est ce que t’avais besoin d’aller te faire un plateau-télé ? Tu pouvais pas manger le gâteau d’anniversaire ? Tu sais combien il m’a coûté ce gâteau ? UN CUBE !

Pas la peine de tordre du nez sur le plateau. Tu l’as voulu, maintenant tu le manges !
- Meuh il est tout cramé !
T’avais qu’à pas le laisser cramer. TU LE MANGES !! Non-mais !
Et remercie le ciel que j’aie pensé à t’installer une alarme.

- Bon, ça va bien ! J’en ai marre de me faire engueuler, je vais me coucher !
En laissant le travail à ta femme ? Belle mentalité !

Mardi
Pris par leurs occupations parentales, Yvan et Daphnée ont bien du mal à faire face.
Le client exaspéré :
- Vous êtes pas pressés de toucher votre argent ? Vous roulez sur l’or ? Ben voilà ce que j’en fais de vos paquets. Vous n’aurez plus qu’à vous baisser pour les mettre à la poubelle !
Rha, dire que c’était un bon client ! Deux camions et un cube, plus de 100 $ de gâchés.

Quels parents indignes vous faites ! Et cette pauvre Aylée qui réclame son bain à cor et à cris. - surtout à cris d’ailleurs - vous vous en moquez ? Y a pas que le magasin qui compte. Faudrait voir à s’occuper de la bambine !

Déjà que faut être un peu sadique pour lui donner son bain dehors…
- Ho, la Fonsine, tu nous lâches un peu ?! Tu l’aurais mise où toi, la baignoire ? Y a pas de place dans la maison. T’avais qu’à la prévoir plus grande !
Autant pour moi.

Mercredi
- Regarde-moi ça ! Elle progresse pas vite ma femme. D’ici qu’il lui balance aussi ses paquets par-terre celui-là.
Daphnée, grouille-toi donc ! Les clients n’aiment pas attendre, tu devrais le savoir.

De quoi tu te plains ? Elle peint, elle s’occupe de ta fille et de la cuisine, en plus elle est aimable avec la clientèle, elle ! Elle cherche pas à l’épater : elle conseille.
- Pff, avec sa façon de baisser les prix, je me demande pourquoi je bosse, moi !

Heureusement que je suis là pour faire rentrer l'argent dans la caisse.

Jeudi
Aylée a fini par grandir -sans gâteau puisque tu préfères les plateaux-télé- mais en platine.
Le vrai miracle c'est qu'elle ait bien grandi en n'ayant appris aucune des fonctions auxquelles elle aspirait. Espérons qu'elle saura quand même parler, marcher et aller aux toilettes.
Je croise les doigts.

Misère ! Autant Daphnée est sale et désordonnée, autant Aylée est pointilleuse sur la propreté. Elle n’apprécie pas du tout que sa mère fasse pipi sous la douche et elle baisse dans son estime à la vitesse d’une fusée.
Ca promet !
12 mai 2007
A/5 : Les damnés du petit commerce

Vendredi
Premier jour d’école pour Aylée et au lieu de l’encourager Yvan a la tête ailleurs.
Nan, c’est pas des feuilles blanches qui tombent des arbres…. De quels arbres d’ailleurs ? T’as pas d’arbre dans ton terrain. Ca s’appelle : des factures. Tu les payes et tu te mets au boulot. Finie la belle vie !
- QUELLE belle vie ?! Où t’as vu une belle vie ici ? On bosse comme des damnés du soir au matin.
Me dis pas que ça vous arrangeait pas de voir Aylée se taper le ménage. Alors je répète : Finie la belle vie !

Quel talent ! Daphnée est déjà au travail et elle rattrape son retard. Avec son nouveau badge d’argent elle va pouvoir t’aider efficacement à vider la boutique.
- Pfff, la vente agressive ça marche jamais. Rien ne vaut l’épate, je te dis que ça. Envoie-là donc fabriquer des cubes et des camions, elle sera plus utile.

- Regarde-moi faire plutôt : Z’avez pas encore de camion de pompiers ? Mais vous en faut absolument ! Non seulement c’est décoratif, ça amuse la famille et les voisins, mais en plus ça porte bonheur. Oui monsieur ! Avec un camion de pompiers TOUPACHER, vous mettrez plus jamais le feu à votre cuisine.
Le client emballé :
- C’est VRAI ?! Et si je vous en prends deux ? Vous croyez que je pourrai éteindre le feu aux fesses de ma femme ?
- Garanti ! Mais pour ça, si vous avez besoin d’un coup de main, la maison assure le service après-vente. N’hésitez pas à m’appeler.
Moui… avec tes méthodes que je préfère pas commenter, ton commerce est quand même passé en position trois.
Points : 6 000

- Bon alors, je prends quoi comme bonus ? Je serais pas contre de la belle argent en espèces sonnantes et trébuchantes.
Moi non plus, mais tu devras te contenter d’asseoir ton influence personnelle.
- Mon influence personnelle ? Tu parles d’un bonus ! J’en ai déjà à revendre de l’influence personnelle !
Tu prends quand même !
- Oui-ben ton bonus, je m’assois dessus !

- Ho qu’est ce qu’elle nous sort l’autre ?
La critique :
- Mais y a plus rien à vendre dans cette boutique ! On m’avait parlé de camions de pompiers verts, j’ai beau regarder… Je vais être obligée d’écrire une mauvaise critique. Ca va saigner !
- Rien à foutre de votre mauvaise critique !
Heu… Yvan, t’emballe pas. Mieux vaut être bien avec les critiques, crois-moi. Essaye plutôt d’user de ton influence personnelle pour la faire revenir sur sa décision.
- Nan, nan et nan ! Rien à foutre de sa critique : si y a plus de camions c’est qu’ils se vendent !

Yvan, t’avais pas dit qu’avec un camion de pompiers à la maison y avait plus de risque de mettre le feu à la cuisine ? Ben t’aurais pas mal fait d’en garder un pour toi.
- Peux pas ! Ils partent comme des petits pains ! J’arrête pas de regarnir les rayons. Et puis si tu te mets à croire le baratin que je sors aux clients, t’as pas fini d’être déçue. Faut pas être naïve comme ça !

Samedi
- Ma môman elle est crade tu peux pas savoir Aurélien : elle pète, elle rote, elle fait pipi sous la douche et puis après c’est moi qui nettoie, parce qu’elle dit qu’elle a trop de travail. J’en ai marre ! Je peux plus la voir !
Bon Aylée, tu lâches Aurélien avec ça. Ca le regarde pas les secrets de famille. Après il va aller les colporter dans tout le quartier avec ses journaux. Rends-toi utile plutôt : t’as des brioches à faire cramer.

- Mais-heu ! Pourquoi c’est moi qui dois faire des brioches pour tout le monde ?
C’est pas juste !

Pourquoi ? Mais parce que le frigo est vide ma cocotte. Et ta maman crève de faim. Je sais pas si t’as remarqué, mais elle attend un nouveau bébé. Alors tu vas être gentille et lui cuisiner une brioche.
- ENCORE !
Oui, encore !
- Alors ça vient ces brioches ? C’est pour aujourd’hui ou pour demain ? Tu vois pas qu’on crève la dalle ! Alors Yvan, ça va mieux ? C’est bon les hamburgers ? Ca cale ? Pour finir cette belle journée, je vous ai emmenés à la pêche. Ca vous fait plaisir la pêche, nan ? - Mmmm les bonnes nouilles que voilà ! Je suis vraiment un chef en cuisine, y a pas à dire. Elles vont se régaler mes petites femmes ! A quoi tu penses Aylée ? T’as l’air toute chose. Dimanche - QUELLES qualités ?! Tu peux me le dire ? Et tu vas me faire le plaisir d’adorer ta maman aussi, non-mais ! T’es pas contente d’avoir un petit frère ou une petite sœur ? Ben alors ? Il est beau comme tout ton bébé Daphnée. Tu vois bien que tu te faisais du souci pour rien. Rha, ces futures mamans, c’est anxieux, c’est terrible ! Fille ou garçon ? - Agaga, agneugneu, agaga Docteur Foldingo :
- Mais-heu, je fais ce que je peux papa ! Ca cuit pas vite !
- Attends une minute, j’ai un petit souci avec ma femme…
Daphnée, arrête de faire la gueule, viens-donc à table avec nous !
- Nan j’arrêterai pas ! C’est radin comme c’est pas permis ! Ca préfèrerait me voir crever que de payer 50 $ de livraison !
- Mais-heu ! Si on peut réduire les frais… Et puis de quoi tu plains ? T’es pas morte. On a de la bouffe gratis à volonté et je vais aller faire les courses. Je t’aurais pas laissé mourir, t’en fais donc pas.
- Facile à dire APRES !
Bon, je vous laisse régler ça entre vous. Je vais taper de la langue avec Mlle Ladentelle, lui demander des nouvelles de son écharpe, compter les mailles avec elle… n’importe quoi pour qu’on m’oublie.
- Cinq minutes, oui ! Mais là ça fait des plombes qu’on y est, on commence à en souper !
- Surtout que j’ai pêché que des godasses ! Papa, quand est ce qu’on rentre ?
S’il en reste ! Si t’as pas fini la casserole avant, à force de les goûter.
- Je suis triste que ma môman elle est sale.
N’y pense plus va ! Un gros dodo et demain, il n’y paraîtra plus.
- ELLE A ENCORE FAIT PIPI SOUS LA DOUCHE !!! T’avais dit que demain ça serait fini. Tu racontes vraiment n’importe quoi !
Heu… j’ai dit ça, moi ?
- VOUI !!! Et même qu’elle est toujours aussi sale !
Calme-toi Aylée ! Ta maman n’est peut-être pas très propre -c’est un euphémisme- mais elle a plein d’autres qualités.
Ben… par exemple, elle fait de belles peintures. Ca aide bien papa dans son commerce, tu sais. Parce que papa… je voudrais pas dire, mais si on devait compter que sur lui pour nourrir sa famille...
- Dis pas de mal de mon papa : Mon papa JE L’ADORE !
- Si mais…
Mais sans maman, pas de bébé ! HA ! Qu’est ce que tu dis de ça ?
* Je sais pas pourquoi, je le sens mal ce bébé * 
- Un garçon ! Je l’ai appelé Ilvo puisqu’Yvan n’a même pas assisté à l’accouchement. Il passe tout son temps à construire des cerf-volants ou je ne sais quoi. Tu permets ? Je vais coucher Ilvo, j’ai comme un petit coup de pompe, là.
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Heu… tu peux répéter la question ? J’ai peur de pas avoir tout saisi.
YVAN ! Laisse tomber les jouets et appelle le médecin, je crois que Daphnée va pas bien du tout !
- Mmmm… et quand j’appuie là, ça vous fait mal ?
- Agueu, agaga, ag…
- Ouvrez la bouche !
-AAAAAA
- Je vois ce que c’est ! Une bonne angine. Deux jours de repos et c’est passé !
Pfff, une angine ! C’est la tête qui débloque, pas la gorge ! T’inquiète Daphnée, ça va passer.
Mais ça sera pas grâce au docteur.